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Vauban et l’alimentation des places fortes assiégées
Jacques Boucard a donné une conférence, samedi 15 juin, au musée Ernest Cognacq. A travers l’immensité du thème traité, l’historien rétais a particulièrement insisté sur la période du siège de la citadelle de Saint-Martin en 1627.
Au temps d’Henri IV, les places fortes étaient organisées comme l’étaient les châteaux- forts au Moyen âge. C’est à cette même période que l’on réorganise toutes ces places, sous les conseils des « ingénieurs du Roy ».
Plus tard, sous Louis XIII, les places de défense sont au coeur des préoccupations de la monarchie. Avec les progrès de l’artillerie, la construction, le réaménagement des remparts nécessitent des travaux de grande envergure. Le nombre d’ingénieurs augmente de manière considérable, ils se répartissent en deux catégories : Les ingénieurs « de tranchées » et ceux « de places ». Les premiers avaient un grade militaire (Vauban en faisait partie), les seconds étaient des civils. A côté des questions militaires, se posait le problème de l’approvisionnement des troupes et des habitants…
Un siège tenu avec beaucoup de difficultés
Durant l’affrontement avec l’armée de Buckingham, en l’année 1627, Toiras occupait la citadelle de Saint-Martin, attendant inlassablement le soutien des troupes royales stationnées sur le continent.
En dehors des problèmes d’ordre purement militaire, Toiras va devoir affronter la délicate question de la gestion de l’approvisionnement en nourriture. Au coeur de la citadelle, il y a quatre puits. En dehors du blocus de mer, les Anglais procèdent à un blocus de terre en empoisonnant tous les puits, en incendiant tous les moulins…
Au bout d’un mois de siège, les vivres manquent et Toiras demande des secours. Il décide d’envoyer trois de ses hommes qui partent, à la nage, en direction du continent. Un seul réussira à l’atteindre (il s’agit de Pierre Lanier).
Sous l’impulsion de Richelieu, les secours vont s’organiser. On n’a pas de navires, on récupère des « pinasses » et des soldats de la garde royale parviennent à percer le rideau du blocus anglais la nuit du 6 au 7 septembre 1627. Ils déchargent des vivres en mouillant sur la grève. La citadelle est à nouveau approvisionnée mais, quelque temps plus tard, les mêmes problèmes se posent à nouveau.
Le 3 octobre, Toiras adresse un message au Roi en employant un ton direct : « Si le 8 de ce mois, nous ne sommes pas secourus, j’ouvre les portes de la citadelle aux Anglais »… Ce dernier obtient un nouveau ravitaillement et résiste à un ultime assaut de Buckingham. Schomberg et ses hommes débarquent sur l’île. Le 8 novembre les troupes ennemies subissent une violente défaite au niveau du pont du Feneau et prennent la fuite…
A la suite de son exposé, Jacques Boucard a donné un ensemble de détails (diapositives à l’appui) sur les instructions écrites et chiffrées de Vauban qui avait décidé de « relever et accommoder » la citadelle, ce qui sera réalisé en 1681.
Jacques Buisson
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