Aide et humanitaire

Sauvetage en mer

Sur l'île de Ré, cette abréviation un peu barbare, il faut entendre Société Nationale de Sauvetage en Mer. Pas évident lorsque l’on est le plus souvent sur le plancher des vaches. Connue des plaisanciers qui ont leurs bateaux dans les ports de l’île et de tous les marins, la SNSM Ile de Ré comprend 28 personnes dont 10 seulement prennent la mer. Les autres membres de l’équipe s’occupent de la gestion et de l’administration, sans oublier la tenue de la boutique, indispensable à la récolte de fonds. Car voilà, comme toutes les autres stations, la SNSM rhétaise doit elle-même gérer un budget qui dépend pour une large part de généreux donateurs. Implication, engagement et sens du devoir, des vertus partagées par les membres de la SNSM A sa tête, Jean-Luc Dupeux, qui est aussi l’un des cinq capitaines à prendre la barre lors des opérations. Jean-Luc parle avec passion de sa mission et de l’équipe. Sauveteur dans l’âme, cet homme l’est indéniablement. Sur mer mais aussi sur terre puisqu’il est l’un des pompiers de son village natal, le Bois-Plage. Pour cet ancien militaire engagé volontaire à 18 ans, l’intégration à la SNSM est presque une évolution naturelle. Le goût des autres, ils l’ont tous d’ailleurs. Car il faut quand même une sacrée motivation pour se lever parfois en pleine nuit et prendre la mer pour aller à la rescousse d’un bateau simplement en panne. Pour qui, quand et comment Evidemment, c’est sur mer qu’interviennent Jean-Luc et son équipe Sur la terre ferme, c’est l’affaire d’autres structures, en tous cas ici, à l’Ile de Ré. Pour mieux évoquer les opérations de sauvetage, Jean-Luc Dupeux nous présente d’emblée… La Vedette ! Au sens propre comme au figuré, c’est elle, cette embarcation de 9 mètres conçue spécialement pour pouvoir manoeuvrer en eaux peu profondes. Son arrivée sur l’île en 2010 a considérablement simplifié la vie des sauveteurs. Car au contraire des bateaux semi-rigides qui doivent être mis à l’eau au plus près de la zone d’intervention, la SNS 458 se rit des aléas de la marée. En aluminium donc légère, elle fend l’écume et mène sans encombre les hommes là où leur mission les appelle. Alors justement, ces missions quelles sont-elles ? Un bateau qui tombe en panne ou qui s’échoue malencontreusement ? Les membres de la SNSM viennent réparer (si possible), ou alors remorquer l’embarcation en situation difficile. Mais on le sait peut-être moins, ils répondent aussi présents lorsque kite-surfeurs ou véliplanchistes sont en détresse. Evidemment des histoires ils en ont à raconter et parmi elles de vraies anecdotes. Mais dans l’action, c’est une rigueur toute militaire qui prévaut, et la vedette ne prend pas la mer pour oui ou un non. Centralisée, l’information est reçue, analysée, et l’intervention décidée (ou pas) en fonction des données. Bien sûr tout cela se fait en un minimum de temps. Si les hommes doivent prendre la mer, ils devront être 4 au minimum, soit un capitaine et trois équipiers. Mobilisables jour et nuit, tous disposent d’un téléphone d’astreinte. Car l’équipe d’intervention doit pouvoir quitter le port en une demiheure maximum. Et pour ces bénévoles qui ont tous métier et famille, ce n’est pas toujours simple. Leur territoire va du Pont au Phare des Baleines et en face, jusques aux côtes vendéennes. Une intervention en « live » Nous sommes toujours samedi, il fait toujours beau et il est environ 17h00. Alors même que je devise agréablement avec Jean-Luc et quelques-uns des membres de son équipe, l’un des capitaines présents vient signaler un bateau en panne à l’entrée du port. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les voilà à bord de la vedette qui ondule sur l’eau avec nonchalance, comme pour signifier aux autres embarcations, parfois bien plus grosses qu’elle, qu’elle n’a que faire de leurs grands airs de bateaux de plaisance. Certains d’entre eux d’ailleurs s’obstinent à vouloir passer, malgré les recommandations de Jean-Luc qui prévient les plaisanciers du haut du quai. En bateau comme en voiture, l’incivilité peut être à l’origine de sérieuses complications. Habilement manoeuvrée, la vedette s’élance vers la sortie du port, contourne le bateau immobilisé et l’accoste. Monté à bord, le mécanicien met quelques instants à le remettre en marche. Le bateau pénètre au pas dans le port et vient s’appuyer au quai. Mission accomplie, la vedette le suit de près. Il ne s’agissait que d’une opération de routine, presque un exercice. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, les hommes de la SNSM reprennent leurs occupations. Car en fait, ils sont là sur l’invitation du constructeur de bateaux Rhéa Marine qui fête ses vingt-ans. L’équipe de Jean-Luc Dupeux s’est ici rassemblée pour participer à l’évènement et peut-être récolter quelques fonds par l’intermédiaire d’une vente. A la SNSM, on répond toujours présents et avec le sourire ! Peu enclins à l’épanchement, discrets et réservés comme le sont les gens de la mer, Hugo, Alex, Jean-Luc, Alain, Denis et les autres (femmes incluses eh oui, il y en a) n’aiment pas vraiment parler d’eux, se définissant eux-mêmes comme des hommes de l’ombre. Mais par cette belle journée d’été, l’objectif est de les mettre en lumière et ils le méritent bien. Car qui sait ? Même si personne et surtout pas eux ne vous le souhaite, vous serez peutêtre heureux de les voir arriver un jour, si d’aventure l’élément liquide et souverain venait à vous jouer quelques mauvais tours ! Pauline Leriche-Rouard La SNSM, une association loi 1901 déployée sur tout le territoire Structure nationale qui exprime magnifiquement la solidarité des hommes face aux dangers de la mer, la SNSM existe sous sa forme actuelle depuis près de cinquante ans. Reconnue d’utilité publique, elle se déploie sut tout le littoral français avec 286 stations dont 6 sur la Charente-Maritime. Bénévoles, les sauveteurs en mer sont néanmoins formés dans des centres dédiés comme il en existe à La Rochelle et Rochefort. L’Ile de Ré, une zone à risque ? Difficile à croire lorsqu’on la contemple du Pont qui la relie au continent. Avec ses longues plages de sable blond, ses côtes douces où aucun récif ne semble menaçant, l’Ile de Ré a tout d’un paradis tranquille créé pour le seul bonheur des amoureux de la mer. Alors certes, nous sommes loin des dangers de la côte bretonne mais quand même. Comme le chantait Renaud, « c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ». Ré La Blanche peut montrer un visage moins avenant : marées qui descendent à un rythme accéléré, fonds sablonneux et parcs à huîtres peuvent se révéler de véritables pièges. Quelques mesures de sécurité élémentaires Même les marins de métier font parfois des erreurs. Alors quand on prend la mer seulement par loisir, il faut être doublement vigilant et bien préparer ses sorties : • S’informer de la météo ; • Vérifier le bon état du bateau ; • Penser à faire le plein d’essence ; • Disposer de gilets de sauvetage et fusées éclairantes. C’est un minimum ! En 2015, la SNSM Ile de Ré a effectué une trentaine de sorties et ramené 28 personnes à terre. Pour information, un remorquage coûte 340 € de l’heure. Intervention en live. L’équipe de bénévoles de la SNSM est sur le pont pour les sauvetages en mer

SNSM Ile de Ré : le goût de la mer… Et des autres !

L’équipe de bénévoles de la SNSM est sur le pont jour et nuit
Publié le 02/08/2016

Samedi 23 juillet, Saint-Martin, tout au bout du port, du côté de la capitainerie. Le vent s’est levé il y a une heure mais le soleil resplendit. Par réflexe, les hommes au polo orange ont toujours un regard sur les bateaux qui entrent et sortent du port en un ballet incessant. C’est plus fort qu’eux, ils veillent. Qui sont-ils ? Les bénévoles de la SNSM.

Derrière cette abréviation un peu barbare, il faut entendre Société Nationale de Sauvetage en Mer. Pas évident lorsque l’on est le plus souvent sur le plancher des vaches. Connue des plaisanciers qui ont leurs bateaux dans les ports de l’île et de tous les marins, la SNSM Ile de Ré comprend 28 personnes dont 10 seulement prennent la mer. Les autres membres de l’équipe s’occupent de la gestion et de l’administration, sans oublier la tenue de la boutique, indispensable à la récolte de fonds. Car voilà, comme toutes les autres stations, la SNSM rhétaise doit elle-même gérer un budget qui dépend pour une large part de généreux donateurs.

Implication, engagement et sens du devoir, des vertus partagées par les membres de la SNSM

A sa tête, Jean-Luc Dupeux, qui est aussi l’un des cinq capitaines à prendre la barre lors des opérations. Jean-Luc parle avec passion de sa mission et de l’équipe. Sauveteur dans l’âme, cet homme l’est indéniablement. Sur mer mais aussi sur terre puisqu’il est l’un des pompiers de son village natal, le Bois-Plage. Pour cet ancien militaire engagé volontaire à 18 ans, l’intégration à la SNSM est presque une évolution naturelle. Le goût des autres, ils l’ont tous d’ailleurs. Car il faut quand même une sacrée motivation pour se lever parfois en pleine nuit et prendre la mer pour aller à la rescousse d’un bateau simplement en panne.

Pour qui, quand et comment

Evidemment, c’est sur mer qu’interviennent Jean-Luc et son équipe Sur la terre ferme, c’est l’affaire d’autres structures, en tous cas ici, à l’Ile de Ré. Pour mieux évoquer les opérations de sauvetage, Jean-Luc Dupeux nous présente d’emblée… La Vedette ! Au sens propre comme au figuré, c’est elle, cette embarcation de 9 mètres conçue spécialement pour pouvoir manoeuvrer en eaux peu profondes. Son arrivée sur l’île en 2010 a considérablement simplifié la vie des sauveteurs. Car au contraire des bateaux semi-rigides qui doivent être mis à l’eau au plus près de la zone d’intervention, la SNS 458 se rit des aléas de la marée. En aluminium donc légère, elle fend l’écume et mène sans encombre les hommes là où leur mission les appelle.

Alors justement, ces missions quelles sont-elles ? Un bateau qui tombe en panne ou qui s’échoue malencontreusement ? Les membres de la SNSM viennent réparer (si possible), ou alors remorquer l’embarcation en situation difficile. Mais on le sait peut-être moins, ils répondent aussi présents lorsque kite-surfeurs ou véliplanchistes sont en détresse. Evidemment des histoires ils en ont à raconter et parmi elles de vraies anecdotes. Mais dans l’action, c’est une rigueur toute militaire qui prévaut, et la vedette ne prend pas la mer pour oui ou un non. Centralisée, l’information est reçue, analysée, et l’intervention décidée (ou pas) en fonction des données. Bien sûr tout cela se fait en un minimum de temps. Si les hommes doivent prendre la mer, ils devront être 4 au minimum, soit un capitaine et trois équipiers. Mobilisables jour et nuit, tous disposent d’un téléphone d’astreinte. Car l’équipe d’intervention doit pouvoir quitter le port en une demiheure maximum. Et pour ces bénévoles qui ont tous métier et famille, ce n’est pas toujours simple. Leur territoire va du Pont au Phare des Baleines et en face, jusques aux côtes vendéennes.

Une intervention en « live »

Nous sommes toujours samedi, il fait toujours beau et il est environ 17h00. Alors même que je devise agréablement avec Jean-Luc et quelques-uns des membres de son équipe, l’un des capitaines présents vient signaler un bateau en panne à l’entrée du port. En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les voilà à bord de la vedette qui ondule sur l’eau avec nonchalance, comme pour signifier aux autres embarcations, parfois bien plus grosses qu’elle, qu’elle n’a que faire de leurs grands airs de bateaux de plaisance. Certains d’entre eux d’ailleurs s’obstinent à vouloir passer, malgré les recommandations de Jean-Luc qui prévient les plaisanciers du haut du quai. En bateau comme en voiture, l’incivilité peut être à l’origine de sérieuses complications.

Habilement manoeuvrée, la vedette s’élance vers la sortie du port, contourne le bateau immobilisé et l’accoste. Monté à bord, le mécanicien met quelques instants à le remettre en marche. Le bateau pénètre au pas dans le port et vient s’appuyer au quai. Mission accomplie, la vedette le suit de près. Il ne s’agissait que d’une opération de routine, presque un exercice. Maintenant que tout est rentré dans l’ordre, les hommes de la SNSM reprennent leurs occupations. Car en fait, ils sont là sur l’invitation du constructeur de bateaux Rhéa Marine qui fête ses vingt-ans. L’équipe de Jean-Luc Dupeux s’est ici rassemblée pour participer à l’évènement et peut-être récolter quelques fonds par l’intermédiaire d’une vente. A la SNSM, on répond toujours présents et avec le sourire ! Peu enclins à l’épanchement, discrets et réservés comme le sont les gens de la mer, Hugo, Alex, Jean-Luc, Alain, Denis et les autres (femmes incluses eh oui, il y en a) n’aiment pas vraiment parler d’eux, se définissant eux-mêmes comme des hommes de l’ombre. Mais par cette belle journée d’été, l’objectif est de les mettre en lumière et ils le méritent bien. Car qui sait ? Même si personne et surtout pas eux ne vous le souhaite, vous serez peut-être heureux de les voir arriver un jour, si d’aventure l’élément liquide et souverain venait à vous jouer quelques mauvais tours !

 

La SNSM, une association loi 1901 déployée sur tout le territoire

Structure nationale qui exprime magnifiquement la solidarité des hommes face aux dangers de la mer, la SNSM existe sous sa forme actuelle depuis près de cinquante ans.

Reconnue d’utilité publique, elle se déploie sut tout le littoral français avec 286 stations dont 6 sur la Charente-Maritime.

Bénévoles, les sauveteurs en mer sont néanmoins formés dans des centres dédiés comme il en existe à La Rochelle et Rochefort.

 

L’Ile de Ré, une zone à risque ?

Difficile à croire lorsqu’on la contemple du Pont qui la relie au continent. Avec ses longues plages de sable blond, ses côtes douces où aucun récif ne semble menaçant, l’Ile de Ré a tout d’un paradis tranquille créé pour le seul bonheur des amoureux de la mer. Alors certes, nous sommes loin des dangers de la côte bretonne mais quand même. Comme le chantait Renaud, « c’est pas l’homme qui prend la mer, c’est la mer qui prend l’homme ». Ré La Blanche peut montrer un visage moins avenant : marées qui descendent à un rythme accéléré, fonds sablonneux et parcs à huîtres peuvent se révéler de véritables pièges.

 

Intervention de la SNSM île de Ré (secours aux bateaux en détresse)

Intervention en live.

 

Quelques mesures de sécurité élémentaires

Même les marins de métier font parfois des erreurs. Alors quand on prend la mer seulement par loisir, il faut être doublement vigilant et bien préparer ses sorties :

• S’informer de la météo ;

• Vérifier le bon état du bateau ;

• Penser à faire le plein d’essence ;

• Disposer de gilets de sauvetage et fusées éclairantes.

C’est un minimum !

En 2015, la SNSM Ile de Ré a effectué une trentaine de sorties et ramené 28 personnes à terre.

Pour information, un remorquage coûte 340 € de l’heure.

 

Pauline Leriche-Rouard

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