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- Dix ans de l'Ecole Buissonnière
La pédagogie par la nature, passionnément
Depuis dix ans, Caro des Bois se bat, avec son Ecole Buissonnière, pour proposer aux petits Rétais et vacanciers des activités dans la nature. Elle a su fédérer autour d’elle bénévoles et familles, malgré les réticences d’administrations et collectivités peu enclines à encourager un projet éducatif «différent».
« Durant toutes ces années de hauts et de bas, j’ai toujours été animée par la même passion : accueillir les enfants dans la nature et observer leur émerveillement, leurs étoiles dans les yeux. Malgré les relations conflictuelles avec les administrations, j’ai eu un soutien déterminant et constant de la maire de Sainte-Marie, Gisèle Vergnon. Gérard Juin nous a aussi aidés, lorsqu’il était adjoint au Bois-Plage. Nous avons également la chance d’appartenir à un incroyable réseau national, le RPPN (Réseau français de pédagogie par la nature). Les initiatives se multiplient partout en France. Je remercie tous les bénévoles, salariés, intervenants, parents, soutiens qui sont passés par là et qui ont cru au projet… Et tous les enfants que nous avons accompagnés, qui sont restés pour certains de longues années, goûter à la liberté, au bien être que la nature nous procure. Dans un monde qui met de moins en moins l’humain en avant, il est important de proposer cet accueil alternatif pour que les enfants de demain puissent décider par eux-mêmes, retrouver un lien avec la nature et être acteurs de leur vie. Car le monde ne manquera jamais par manque de merveilles mais uniquement par manque d’émerveillement. Sans vous je ne serais pas là aujourd’hui ! »
« 10 ans d’efforts, de joies et de galères »
C’est par ces quelques mots que Caroline a résumé dix ans d’efforts, de joies et de galères, auprès des presque deux cents adultes et enfants venus fêter dignement cet anniversaire, toute la journée du samedi 25 avril dernier. Le nouveau maire de Sainte-Marie de Ré, Franck Mussillier, est aussi venu à la rencontre de L’Ecole Buissonnière à cette occasion : « Il s’est montré très intéressé et nous devons nous revoir pour travailler ensemble. », explique Caroline Cartalas.
Ayant la double nationalité allemande et française, éducatrice de jeunes enfants en Allemagne, Caroline a été à bonne école dans ce pays, très en avance en matière de pédagogie par la nature, tout comme les pays scandinaves. En 2006, elle et son mari, qui a grandi ici, s’installent sur l’île de Ré. N’ayant pas d’équivalence en France pour son diplôme allemand, mais parlant couramment quatre langues, elle exerce différents emplois, tout en ayant déjà en tête son objectif de proposer aux petits Rétais un projet de pédagogie par la nature. Elle pose par écrit les bases de celui-ci. Durant un stage à la crèche associative maritaise « Les Petits Drôles », Caroline rencontre Fabienne Dimnet, alors directrice du Jardin d’Eveil à La Flotte, à qui elle montre son projet. Elle travaillera ainsi pendant six ans auprès des petits de la structure flottaise, sachant se faire apprécier par des familles qui n’hésiteront pas, quand son projet se montera, à lui confier leurs enfants.
De terrain en terrain…
La rencontre de Caroline avec Annick Delalleau sera également déterminante puisque, séduite par l’activité proposée, la présidente du Foyer du Bois héberge les premiers stages « Petits Robinsons ». C’est le début de cette belle aventure, au printemps 2016, aux Gouillauds, site boisé idéal. Puis Caroline crée sa propre association, L’Ecole Buissonnière, qui organise des demi-journées d’activités, dans la nature, le mercredi, ainsi que des semaines de stages, durant les vacances, sans oublier les anniversaires fêtés dans la nature. Surtout fréquentées par les 3-6 ans au départ, les activités voient progressivement la moyenne d’âge augmenter, les enfants (et leurs parents) y prenant goût.
Première déconvenue au bout de six mois, quand Caroline s’aperçoit qu’en automne/hiver les chasseurs fréquentent le site des Gouillauds. Le président de l’ACCA du Bois-Plage l’orientera vers un site boisé jouxtant le camping La Bonne Etoile. Au bout de deux années, alors qu’elle se met en relation avec les services Jeunesse et sport, l’accueil est plus que mitigé et il lui est demandé de se mettre aux normes : elle doit passer un diplôme français de type BAFA et disposer d’un local. Ce qui complique sérieusement les choses, les terrains naturels, en zone protégée, ne supportant aucune construction. Caroline se mettra quelque peu entre parenthèses, pour passer une VAE (Validation des acquis de l’expérience). Elle a aussi pour projet de créer une école maternelle, « j’en rêvais depuis le début. Alors que j’avais trouvé un terrain privé vers Les Grenettes et que je m’apprêtais à m’engager financièrement pour des travaux, la Communauté de Communes m’a fait savoir que je ne pouvais mener ce projet sur ce terrain, situé en zone à risque incendie (Plan de prévention des risques naturels). Il me restait huit mois avant la rentrée et je devais déposer mon dossier six mois avant, pour être agréée par l’Education nationale. C’est Gisèle Vergnon qui m’a suggéré d’appeler tous les campings et cela était inespéré, au bout de trois semaines, grâce à son appui, j’ai eu un retour positif du Domaine des Grenettes, qui a accepté de me prêter un grand terrain clôturé, qu’il ne pouvait utiliser même pour des tentes. Depuis, les dirigeants m’ont tous renouvelé leur confiance » – le domaine des Grenettes ayant rejoint le groupe Sea Green, puis Sunelia et aujourd’hui Sandaya.
Une école maternelle dans les bois
C’est le début de deux années très intenses (2021-2023) avec le lancement de l’école maternelle, qui démarre avec sept enfants, avant d’en accueillir quatorze. Malheureusement « beaucoup de ces enfants, au bout de deux ans, entraient au CP, et je n’avais pas assez de nouvelles inscriptions. Également, je suis éducatrice de jeunes enfants mais pas institutrice, et même si ce sont deux enseignantes, Marguerite puis Elsa la seconde année, qui s’assuraient du respect du programme scolaire, à mes côtés, je n’étais pas toujours en cohérence avec celui-ci. Ces deux années m’avaient aussi épuisée, je devais être sur tous les fronts. J’ai donc décidé de fermer l’école et de réfléchir à d’autres projets, pour faire autrement. »
Les mercredis buissonniers, matin et après-midi, perdurent, ainsi que les stages Petits Robinsons durant les vacances, et bien sûr les anniversaires le samedi. Parmi les nouveautés, L’Ecole Buissonnière propose des bivouacs (deux jours et une nuit). Elle accueille aussi les enfants des crèches une fois par mois. Ainsi en est-il des Petits Drôles (Sainte- Marie) et du centre Christiane Faure (La Rochelle). Nouvelle carte dans le jeu de Caroline, elle dispense désormais des formations aux professionnels de l’enfance, les sensibilisant aux bienfaits de la nature sur les enfants et en les initiant à la pédagogie par la nature. La CdC fut la première à le lui demander, pour ses professionnels de la petite enfance, puis la crèche associative Les petits Drôles et désormais des structures de l’autre côté du pont, jusqu’au sud du département et en Vendée.
Ne bénéficiant d’aucune subvention de la CdC – « Nous n’avons jamais compris pourquoi, sinon que l’on nous a dit que nous n’étions pas d’intérêt public » -, l’Ecole Buissonnière fonctionne avec une seule salariée (Caroline) et des bénévoles, auxquelles elle paie des formations. « Je rêve de pouvoir avoir un(e) autre salarié( e), afin de conforter et développer nos activités. Actuellement entre les stages et les mercredis, nous recevons environ deux cents enfants par an. » A bon entendeur…
La Pédagogie Par la Nature, quésako ?
Approche éducative qui favorise le développement holistique des participants à travers des activités régulières dans un environnement naturel, idéalement boisé. Elle repose sur l’observation des apprentissages, l’accompagnement réfléchi et bienveillant, le respect du rythme de chaque enfant et l’utilisation des ressources naturelles comme matériel pédagogique. Inspirée des Forest Schools scandinaves, cette pédagogie considère la nature comme un « troisième éducateur » et encourage l’enfant à devenir un explorateur actif de son environnement.
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