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Sébastien Coutauchaud : une reconversion réussie
Il y a douze ans, Sébastien Coutauchaud, opticien de métier demeurant à Paris décidait de reprendre Les Jardins d’Antioche, un commerce alimentaire de détail dans halles et marchés.
Issu d’une famille de maraîchers, Sébastien Coutauchaud, après des études d’opticien à Nantes, puis un premier emploi à La Rochelle, s’installe à Paris, une ville qu’il apprécie et où il vit bien. Il y mène une vie agréable entre charge de travail et du temps pour les loisirs. L’annonce de l’arrivée de son premier enfant, un garçon, réveillant bien des souvenirs d’enfance, va transformer son existence ! Ne souhaitant pas priver ses futurs rejetons de la jeunesse privilégiée qu’il a connue, il revient s’installer dans l’île. A la recherche d’une activité, Sébastien va tout à fait normalement s’orienter vers ce qu’il connaît le mieux et reprend une affaire qui existait depuis quinze ans déjà : Les Jardins d’Antioche.
Circuits courts et agriculture raisonnée
Le jeune homme démarre en pleine saison et fait face début juillet 2014 à seize employés qu’il faut rassurer et motiver, à des livraisons qui doivent être déchargées et stockées dans les meilleures conditions et à une clientèle qui se demande ce qu’il se passe. Il lui faut dépasser les souvenirs qu’il possède d’un monde qui a évolué en son absence et mettre sur pied une organisation efficace qui lui corresponde. Ce n’était pas facile, il s’est formé seul et il en est fier. Ses ambitions ne sont pas démesurées, il sait ce qu’il veut à terme : améliorer la qualité des fruits et légumes qu’il vend et travailler en agriculture raisonnée éventuellement en Bio comme avec Médéric Hurtaud du Bois-Plage, qu’il connaît bien. Aujourd’hui, il se fournit auprès de ses parents, maraîchers en agriculture raisonnée et d’autres producteurs locaux ainsi que deux grossistes basés dans les environs de La Rochelle et privilégiant, eux aussi, les circuits courts car « je pense qu’aujourd’hui il faut travailler en local et en agriculture raisonnée » et il ajoute « En ce début de 12e saison, je suis fier de pouvoir proposer à ma clientèle des haricots verts de chez Bernadette, les tout premiers cueillis à la main il y a à peine quelques jours. » Quant aux fruits, ils viennent depuis toujours du pôle fruitier de Moissac.
Le difficile recrutement et la formation du personnel
Parallèlement à la réorganisation de l’entreprise, Sébastien a constitué une équipe dont le noyau constitué de huit personnes, comprend quatre permanents à l’année et quatre autres revenant régulièrement selon les besoins. Mais en saison c’est insuffisant et il faut recommencer chaque année à chercher du personnel, à ne le trouver qu’avec difficulté et à consacrer à nouveau du temps à la formation, cette formation que Sébastien considère comme essentielle car c’est d’elle que dépend la relation client. Il tient à ce que chaque responsable de banc sache le préparer de façon à ce que ce soit agréable à voir et attire le regard du client. Il doit tout connaître des produits qu’il vend, origine, bienfaits nutritifs, temps de cuisson et éventuellement recette. Il faut fidéliser la clientèle. Il reste à Sébastien à gérer les deux points les plus sensibles dans un commerce alimentaire : les stocks et les achats.
Aujourd’hui, Sébastien est présent sur cinq marchés: La Flotte, Saint-Martin, le Bois-Plage et Ars à l’année et Loix en juillet et août. L’entreprise marche bien. La qualité de la marchandise proposée à la clientèle a été nettement améliorée et il en a découlé une nette progression du chiffre d’affaires. Commencé avec le Bois-Plage il y a deux ans, l’entretien du réseau de vente continuera avec la réhabilitation du Marché d’Ars prochainement. Dans l’immédiat, étant donné la nécessité de s’adapter au changement climatique pour la filière fruits et légumes, Sébastien se donne le temps de réfléchir à l’avenir de son entreprise.
Il travaille beaucoup et à un rythme effréné, mais il prend toujours du plaisir à monter lui-même son banc au Bois–Plage, aux heures fraîches du petit matin et à faire goûter à ses enfants, une fille est venue compléter la cellule familiale, les fruits et légumes qu’il vend. « Même si ce n’est pas simple tous les jours », dit-il, « je ne regrette pas ».
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