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Hélène et Théo, producteurs de fleurs de l’île de Ré
Hélène Lety et Théo Thomas sont depuis trois ans à la tête des Fleurs des Salières, l’ancienne exploitation horticole de Jean-Marie et Agnès Viollet située sur la commune du Bois-Plage.
« Regardez les abeilles charpentières sur le lisianthus », s’exclame Hélène. « Elles se gavent, elles repartent avec du pollen plein les pattes ! » L’exploitation qu’elle gère avec son compagnon Théo fait la joie de tous les pollinisateurs. Et sous leurs serres, ça grouille de vie.
Comme tous les matins, ils font le tour de leurs plantations. Chaque fleur est auscultée, afin de vérifier qu’aucun nuisible n’est passé à l’attaque. C’est aussi un moment privilégié dont se délectent ces deux passionnés de nature. « On savoure la chance qu’on a de travailler ici. Toute cette palette de couleurs, c’est tout de même plus agréable à regarder qu’un mur gris dans un bureau. C’est physique et intense, mais on ne changerait de métier pour rien au monde. »
Quand l’heure de la retraite a sonné pour Jean-Marie et Agnès Viollet il y a trois ans, Hélène et Théo travaillaient pour eux depuis longtemps. « Je suis un ami de leur fils, » explique Théo. « Nous avons partagé la même chambre à l’internat. En 2013, l’année de mes 22 ans, je cherchais un petit boulot. Les parents d’Etienne m’ont embauché… et je ne suis jamais reparti ! »
Hélène arrive quelques années plus tard et pour elle aussi c’est le coup de foudre, autant pour le métier d’horticulteur que pour Les Fleurs des Salières. « On se sent bien dans ces bois. On est un peu coupé du monde, à l’abri de la foule et du bruit, c’est vraiment tranquille. Souvent nos clients nous demandent de venir visiter notre exploitation mais… on est un peu sauvage, j’avoue ! »
« De A jusqu’à Z »
Et le métier est prenant. Il faut être sur place à 6h ou 7h du matin, en fonction des températures. Désherber, cueillir, composer les bouquets, être présents sur les marchés. La saison commence en février et se termine en septembre, mais Hélène et Théo préparent leurs plantations dès le mois de novembre. Ils font tout eux-mêmes de A jusqu’à Z, c’est-à-dire de la graine jusqu’à la vente, avec l’aide de quelques saisonniers au coeur de la saison.
« C’est ça qui me plaît beaucoup » dit Théo. « On plante les graines, on les fait pousser, on les entretient. On vend des produits qu’on connaît, et on est fiers car on fait de belles fleurs. Ce sont des produits de saison, qui viennent d’ici, de l’île de Ré, et on privilégie la qualité, la beauté. »
« Au début, on a repris l’exploitation telle quelle, il y avait déjà beaucoup de choses à gérer. Mais de fil en aiguille, on teste de nouvelles fleurs », complète Hélène. « Comme on est à notre compte, on peut essayer plein de variétés, on n’a pas trop de limites et on fait de belles découvertes ! On fait avancer la production comme ça nous chante. »
Résilience
En tout, Hélène et Théo cultivent une bonne cinquantaine de variétés au fil des mois, sur 5000 m2 de serres et 1,5 hectare en pleine terre. Les cultures se font en rotation afin de ne pas appauvrir le sol, qui est amendé de manière naturelle avec du fumier de vache. Les plantations sont espacées et aérées afin d’éviter les contagions. « On n’a pas de label bio, mais on n’utilise aucun pesticide, herbicide ou insecticide. Et malgré tout, on a très peu de soucis. Mais surtout on accepte de perdre un peu. On préfère préserver le sol et prendre soin de notre santé, de celle de nos salariés et de nos clients. Et en préservant notre sol, on sera gagnant sur le long terme », estime Théo.
« On change aussi nos méthodes de culture afin de mieux s’adapter au changement climatique, » renchérit Hélène. Pour lutter contre la chaleur et la sécheresse, ils ont commencé à pailler leur culture. « On gagne quelques degrés et la terre garde l’humidité. On installe aussi des voilages, et on réfléchit aussi, sur du plus long terme, à produire plutôt en hiver et à arrêter plus tôt l’été. On commence à y réfléchir, c’est loin d’être fait, car cela voudrait dire aussi arrêter certaines variétés… »
En attendant et malgré la chaleur, les dahlias, lisianthus, reines marguerites et autres alstroemerias de Théo et Hélène sont éclatantes de beauté, et sont à retrouver sur les marchés de La Flotte, Saint-Clément, Loix, Les Portes, La Rochelle et la Pallice, ainsi que dans le magasin de producteurs du Bois-Plage.
Fleurs des Salières
Plus d’info sur les jours de marché : Instagram / fleurs_des_salieres
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