- Portraits
- Portrait
Pierre Schmitz, « le besoin d’aller toujours plus vite »
Le Couardais est entré dans la légende le 9 juin dernier en signant un record du Monde en Wingfoil avec 33 noeuds sur le mille nautique.
Il multiplie les performances. Pierre Schmitz aime la vitesse. Et il a du talent pour cela. À tout juste 20 ans, le jeune Couardais a déjà de nombreux titres à son actif. Tout commence en 2024, quand, en catégorie junior, il gagne le titre de Champion de France, se classe 3e au championnat européen junior et remporte le prestigieux « Défi Wing », soit le titre de Champion du monde en longue distance. L’année 2025 marque une petite pause dans son palmarès. Pour cause : son passage en catégorie senior lui impose de s’adapter au niveau de ses aînés, « de rattraper le wagon », comme il dit. Ce qu’il fait vite, comme tout. Il s’impose dès 2026 comme l’un des maîtres de la discipline et gagne en début d’année le « Prince of speed », soit les Championnats du monde de vitesse. Dernièrement, sur l’épreuve ISWC Prince Of Speed à La Palme (Aude), il bat le record de vitesse sur 500 mètres à trois reprises pour le porter de 33.55 à 36.14 noeuds de moyenne et atteint la vitesse de 33.00 noeuds de moyenne sur la distance du mille nautique.
La vitesse en ADN
« En vitesse instantanée, mon record est de 40,29 noeuds », complète -t-il. « La vitesse, j’adore ça. C’est vrai que j’ai besoin d’aller chercher tout le temps de nouveaux records, d’aller plus vite. C’est dans mon ADN ! Et puis avec le foil il y a une vraie sensation de liberté, de voler au-dessus de l’eau. »
Il commence la voile dès ses 4 ans, et monte sur une planche à voile dès qu’on le lui permet, à 7 ans. Il commence avec Antoine Albeau l’été, sur la plage de La Couarde, puis rejoint le CNCG du Goisil pour pouvoir pratiquer toute l’année. Il intègre la section voile au Collège de Saint- Martin, puis le pôle France à La Rochelle.
« Rien ne me prédestinait à la voile. Mon père est un ancien basketteur professionnel. J’ai d’ailleurs fait en parallèle dix ans de basket mais à un moment j’ai dû faire un choix, vers 12 ou 13 ans, car les compétitions tombaient en même temps. Je n’aime pas m’investir à moitié, j’ai besoin de faire les choses à 100%. » Pourquoi la voile plutôt que le basket ? « Car j’avais la chance d’être suivi par Antoine Albeau », répond-il. « C’était un très bon ami de mes parents, je pense que c’est lui qui m’a fait prendre la décision de rester sur une planche à voile. »
Zephir project
« Antoine Albeau, c’est mon mentor. C’est lui qui m’a mis sur la bonne piste, il me poussait et me prodiguait les bons conseils, que ce soit au niveau du matériel ou de la technique. C’est comme un parrain, je le considère vraiment comme un membre de ma famille. »
Le Colosse de Ré lui fait découvrir le foil dès l’arrivée de ce nouveau jouet en 2019. « Ça m’a tout de suite plu. Sur un wingfoil, il faut être plus athlétique, dans la finesse. C’est moins brutal et plus cardio aussi. En 2023 j’ai décidé de passer à 100% sur la wing. »
Aujourd’hui, les deux champions partent ensemble en compétition pour battre des records. Notamment dans le cadre du Zéphir project, créé en 2020 par Antoine Albeau lui-même et l’ingénieur Marc Amerigo afin de développer des techniques de pointe permettant d’atteindre les plus hautes vitesses à la voile. « C’est une chance inestimable pour moi, à mon âge, de pouvoir faire partie d’un tel projet. C’est un formidable accélérateur d’apprentissage. »
Quand il n’est pas sur l’eau, Pierre est auprès de sa famille au camping de la Tour des prises. Après deux années d’apprentissage, il vient d’intégrer la structure familiale à temps-plein. Ce camping familial, l’un des derniers sur l’île, a été construit en 1982 par son arrière-grand-père, Maurice Martineau, connu comme « le loup de mer » de la Résistance rétaise. « Mon objectif », dit-il, « est de pouvoir continuer à concilier les deux. Poursuivre la tradition familiale et travailler au camping, et continuer à pratiquer ma passion. Car la voile, on le sait, est un sport passion, on ne peut pas en vivre. Alors mon rêve, c’est de pouvoir continuer à aller sur l’eau chercher des performances. C’est tout ce que je souhaite. »
Lire aussi
-
PortraitsFélicie Vitart, jeune maraîchère entre fleurs et légumes
A 23 ans, Félicie Vitart a créé Le Jardin des petits vents. Elle s’est installée en production de légumes et de fleurs à La Flotte, que l’on retrouve en vente directe ou sur les marchés de Sainte-Marie.
-
PortraitsHélène et Théo, producteurs de fleurs de l’île de Ré
Hélène Lety et Théo Thomas sont depuis trois ans à la tête des Fleurs des Salières, l’ancienne exploitation horticole de Jean-Marie et Agnès Viollet située sur la commune du Bois-Plage.
-
PortraitsSébastien Coutauchaud : une reconversion réussie
Il y a douze ans, Sébastien Coutauchaud, opticien de métier demeurant à Paris décidait de reprendre Les Jardins d’Antioche, un commerce alimentaire de détail dans halles et marchés.


Je souhaite réagir à cet article