Vie politique

Bilan de mandat - La Couarde-sur-Mer

Bilan du mandat de Patrick rayton à la mairie de La Couarde

Sauvegarder la vie permanente à La Couarde

Patrick Rayton, Maire de La Couarde
Publié le 15/10/2013

Ré à la Hune : Qu’est-ce qui selon vous a marqué ce mandat ?

Patrick Rayton : Xynthia, sans aucun doute. Nous n’avons aucune expérience dans ce type de catastrophe. Nous sommes capables de gérer des urgences mais nous n’étions pas préparés à la démesure de l’événement. Les conséquences humaines ont été importantes et difficiles à gérer pour les plus touchés. Mais au-delà du facteur humain, cette tempête a eu d’énormes implications financières et la commune a été obligée de décaler un certain nombre de projets. Nos investissements ont été plombés pour deux ans. En même temps, et cela peut paraître curieux, Xynthia nous a contraints à accélérer les programmes de défense de côtes et à élaborer un vrai programme de construction de digues à moyen terme acté par l’ensemble des partenaires au travers du PAPI.

Quel a été votre plus grand regret ?

La fermeture d’une classe de l’école de La Couarde à la rentrée 2012. Nous avons fait de gros efforts pour réhabiliter l’école. Le montant des travaux avoisinait les 2 millions d’euros, car l’ensemble du site a été rénové. Cinq classes sont désormais disponibles ainsi qu’un outil informatique performant. À la rentrée 2012, l’effectif global était de 72 au lieu des 77 élèves nécessaires au maintien d’une quatrième classe et pour pouvoir rouvrir cette classe, il nous faut 92 élèves, ce qui n’était pas le cas cette rentrée. Est-ce le fait d’un manque de logements sur la commune ? Probablement. Malgré la réalisation des Clousies, il n’y en a pas assez pour maintenir une population jeune et il nous faudrait une quinzaine d’enfants de plus. Les terrains prévus pour construire une vingtaine de logements apparaissent en zone sinistrée sur la carte des niveaux d’eau de la Préfecture. Nous avons toujours le projet de réaliser 3 logements dans la cadre du programme d’aménagement de la zone du Mail qui est dans l’attente des financements du FISAC pour être lancé. D’ores et déjà dès cet automne nous réhabiliterons le logement de l’école. Une fois les travaux de la mairie terminés, nous pourrons également réhabiliter le logement de la poste qui est actuellement occupé par les archives de la mairie.

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier ?

L’aménagement du site du Peu Ragot. Après deux ans de travaux nous avons pu l’inaugurer cet été. Les sauveteurs de la SNSM sont enfin bien installés. C’était un projet phare pour notre commune et qui me tenait à coeur. Sa réalisation a été décalée en raison de Xynthia mais aujourd’hui ce lieu situé entre le centre du village et la plage est une transition entre l’espace naturel et l’espace urbain. Il devrait bien évoluer au fur à mesure que la végétation poussera et que les Couardais se l’approprieront.

La communication est aussi un domaine qui m’importait. Je souhaitais que nous soyons transparents pour les Couardais et qu’ils soient rapidement informés des actions de leurs élus, des projets de la municipalité et de toute l’actualité de la commune. Nous avons utilisé Internet, mais il fallait de la rigueur pour que notre site soit régulièrement alimenté. Je pense que nous avons atteint nos objectifs dans ce domaine à 95 %.

Nous avons également obtenu notre classement en Station de Tourisme au cours de ce mandat. Ce classement nous oblige à maintenir un niveau d’exigence en particulier dans le cadre de la qualité des eaux de baignade. C’est pourquoi dès 2011, nous nous sommes engagés dans une démarche de certification que nous avons encore obtenue en 2013.

Enfin, je crois que notre collaboration avec la CDC a pris un véritable tournant pendant ce mandat. Même si les exemples sont nombreux, je citerai simplement le projet d’agrandissement de la Maline qui ne pourrait être porté par notre seule commune.

Les réalisations de ce mandat sont nombreuses, quelles sont-elles ?

La transformation de la mairie avait un caractère obligatoire. Le plan de référence de 2003 avait mis en évidence un certain nombre de difficultés en matière de fonctionnement, de sécurité et d’accessibilité des bâtiments de la mairie. Il fallait rattraper notre retard et optimiser l’espace accueil. La première phase du chantier concernait la construction de la nouvelle bibliothèque et de deux salles associatives dont une dédiée au billard qui s’est achevée en juin. Pour la partie neuve, la deuxième phase a débuté en septembre et sera terminée en juin 2014.

La nouvelle bibliothèque municipale d’environ 150 m2 est là mais tout reste à faire. La bibliothécaire, Michelle Sebbar, est arrivée depuis le 10 septembre et vient appuyer les bénévoles de l’association « Les Amis de la Bibliothèque ». Elle va mener d’ici à la fin de l’année une réflexion en profondeur afin de réorganiser le fonctionnement de cet outil et de nous proposer un véritable projet d’animation pour ce lieu que je souhaite ouvert sur la population et répondant à ses attentes. Le désenvasement de la zone de mouillages qui a permis d’améliorer la navigabilité du chenal et également la finalisation de l’aménagement de la base nautique, commencé sous le mandat précédent ont été des aménagements importants à la fois d’un point de vue touristique et pour la vie quotidienne de nos jeunes sportifs. Nous avons la chance de bénéficier de l’aura et de l’investissement d’Antoine Albeau ainsi que de la présence de Goulven Contal, responsable du Centre Nautique Couardais de Goisil (CNCG) depuis une vingtaine d’années et qui s’investit totalement dans son activité été comme hiver. Nous avons réalisé un important programme de voirie tout au long de ces années, près de 10 km de voies ont été réparées, des rues entières et des parkings refaits pour un montant de plus de 3,5 millions d’euros.

Effectivement les réalisations sont nombreuses même si nous avons été obligés d’en repousser certaines comme la réfection du Mail. Les services techniques se sont agrandis, l’ancienne caserne des pompiers a été refaite pour accueillir les gendarmes venant en renfort pour les saisons ainsi que le terrain de football et le skate-park. Le schéma directeur d’assainissement des eaux pluviales a fait l’objet d’une enquête publique en début d’année, au terme de laquelle le commissaire enquêteur a émis un avis favorable et le Conseil municipal a rendu exécutoire ce document d’aménagement du territoire dès le mois de mai. Les espaces verts ont progressé entre autres le long de la route départementale et au Peu Ragot. Une gestion différenciée de ces espaces a été mis en place dans le but de préserver les ressources en eau et éviter pesticides et désherbants.

Vous n’étiez pas maire lors du précédent mandat mais en tant que premier adjoint vous avez étroitement collaboré avec Paul Neveur. Quelle différence voyez-vous entre ce mandat et le précédent ?

Ce mandat est plus compliqué que le précédent. D’abord sur un plan financier. Il y a une baisse des aides de l’État et du Conseil général, si bien que les subventions dépassent rarement 20 % du montant global des projets contre une moyenne de 50 % auparavant. Ensuite les contraintes réglementaires qui nous sont imposées compliquent énormément la réalisation des projets et génèrent des surcoûts rendant difficile le bouclage financier de nos projets. Je prendrai l’exemple de la loi sur l’eau qui va nous contraindre, pour mener à bien la réfection du réseau pluvial, de créer un bassin de rétention en site classé ; l’obtention des autorisations nécessaires dépend du futur PLU, d’un passage en commission des sites, d’un avis du ministre, voire d’une étude d’impact. Au total au moins 18 mois de procédure et un coût estimé à 400 000 €. Je pourrais également évoquer notre obligation de mettre un ascenseur dans les locaux de la mairie qui bien évidemment contribue à alourdir la note.

Vous représenterez-vous devant les électeurs pour un nouveau mandat ?

Oui, je me représente avec une motivation décuplée par les difficultés que nous rencontrons actuellement, entre autres avec la carte des niveaux d’eau et tout ce qu’elle implique pour la vie de la commune. Je suis né ici et je suis profondément attaché à mon village pour lequel j’envisage encore de mener à bien de nombreux projets comme l’extension de la zone artisanale et l’aménagement du Mail. Ce projet porté depuis six ans par l’équipe municipale prévoit la reconstruction de la halle aujourd’hui non conforme à la réglementation et la construction d’un pôle médical et 3 logements. Il s’inscrit dans une démarche visant à maintenir des services à notre population toute l’année mais aussi à éviter « l’exode » de la clientèle estivale vers d’autres secteurs commerciaux. Si nous sommes capables de répondre à ces enjeux, l’ensemble de la vie économique et sociale du village en sera renforcée. Mais pour l’instant tout est suspendu au PPRL et nous devons débloquer cette situation. Je souhaite aussi trouver une solution au problème du logement sur la commune et développer notre tissu associatif dont l’action au quotidien contribue à la qualité de la vie permanente à La Couarde-sur-Mer.

 

Voir les bilans de mandat à Ars, au Bois-Plage, à La FlotteRivedouxSainte-Marie, Saint-Martin

Propos recueillis par Catherine Bréjat

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Vos réactions

  • pesket
    Publié le 1 août 2014

    les maires veulent assez naturellement étendre leur domaine comme l’ont fait les seigneurs autrefois.
    mais il n’y a plus de guerre. il faut séduire les électeurs et investir pour faire venir les gens sur leurs terres.
    une mairie toute neuve de cette taille
    Une salle de billard?
    une bibliothèque de 50m2 à l’heure du numérique!
    on croit rêver
    les maires ont-ils tant d’argent? sommes nous plus plumés que nous le pensions?
    Il y a trois choses importantes
    -D’abord tout faire pour assurer la pérennité de l’attractivité des territoires. car c’est la raison et la seule du développement de l’ile et des entrées d’argent dans les mairies
    -ensuite assurer la sécurité des habitants.
    -enfin, s’il reste de l’argent, faire quelque chose pour le bien être des habitants à l’année.

    Parlant de la protection des dunes et des plages, la France a la caractéristique d’avoir un littoral énorme. les problèmes sont assez similaires pour les dunes de tout le littoral aussi bien en pays basque que dans les landes qu’en Vendée, qu’en Bretagne, qu’en Normandie, qu’en baie de Somme, qu’en mer du Nord.
    Comment se fait-il qu’il n’y ait pas un regroupement d’entités qui travaillent dans le même sens sur ce sujet pour aider les gens non spécialistes à comprendre les problèmes et prendre les bonnes décisions?

    Votre site est intéressant pourquoi ne pas lancer ce regroupement avec nos autres collègues du littoral y compris nos amis hollandais, danois et allemands!
    un os à ronger pour Ségolène ou pour son opposant interne. ou tout simplement une démarche citoyenne pour mettre en place une stratégie nationale sur le sujet…
    Régis Poisson

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