Ré Avenir se mobilise sur l’Eau
Lundi 18 mai, l’association Ré Avenir s’est réunie à Saint-Martin pour son Assemblée générale annuelle.
Devant membres et sympathisants de l’association, sa présidente Isabelle Vétois fait le bilan de l’année 2025, avant de laisser la parole aux responsables des différents groupes de travail, puis d’accueillir l’invitée du jour, la directrice générale du Syndicat Eau 17, Hortense Bret.
Evolution des attentes
Historiquement fondée sur la transition énergétique, Ré Avenir a depuis ouvert son champ d’action à d’autres enjeux (mobilité et eau). Très impliquée auprès des élus, l’association se veut aussi force de sensibilisation auprès de tous les publics, raison pour laquelle elle a délaissé la création d’un seul évènement annuel pour un programme réparti sur toute l’année, dont une projection de film par trimestre et des animations variées pour tous.
Sept ans après sa création, âge symbolique offrant l’opportunité d’un point d’étape, un sondage en ligne a été proposé aux adhérents, les invitant à se prononcer sur leurs priorités. Signe sans doute d’une montée des préoccupations mais aussi d’une vision plus globale, les résultats montrent un glissement vers des thèmes plus généralistes, 45,8% des sondés mentionnant agriculture et circuits- courts ainsi que transports en commun mais aussi électrification des usages (33%), les énergies renouvelables et la rénovation énergétique des bâtiments obtenant respectivement 37,5 et 16,7%.
Faire toujours mieux
Rappelant l’objectif gouvernemental de baisser de 60 à 30% la part des énergies fossiles à l’horizon 2035, Philippe Chatin évoque également la situation « extraordinaire » de la France (en excès de production) et les objectifs de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PP3), visant à accélérer la production d’énergie décarbonée et performante afin de préparer l’avenir. Soulignant au passage que, dans la ligne de la PP3, un nouvel appel d’offres en vue du parc éolien d’Oléron est probable, Philippe Chatin poursuit sur sa feuille de route 2026, soit suivre l’évolution des installations de panneaux solaires*, soutenir le projet d’une installation photovoltaïque sur le site des Gâchettes au Bois-Plage et appuyer l’électrification des usages (bornes de recharge ou remplacement des chaudières par des pompes à chaleur).
Renforcer les mobilités douces
Très investie sur le Schéma directeur cyclable, Ré Avenir agit de longue date pour l’optimisation des mobilités douces et la sécurisation des usages. Ne centrant pas son action sur le seul vélo, l’association a rencontré en 2025 l’opérateur régional Transdev, aux commandes de la desserte de l’Ile de Ré (ligne régionale de car N°150) mais aussi participé, à la demande du Département, à la réflexion sur l’évolution de l’offre Respi’Ré, plaidant pour des navettes à l’année et plus nombreuses pour celle du pont dont la fréquentation est en hausse. En 2026, Dominique Bertin, en charge du groupe de travail dédié, entend rencontrer les nouveaux élus sur le Schéma directeur cyclable mais aussi étudier un « Pass mobilité douce » avec Destination Ile de Ré et retravailler un projet de covoiturage.
L’eau, un sujet majeur
Avec plus de 58% c’est elle, l’Eau, qui se taille la part du lion dans les résultats du sondage interne, ressource ô combien précieuse sur un territoire dépendant du continent pour en être abreuvé.
Participant au comité de pilotage Eau de la CdC, Ré Avenir entend participer activement à la prise de conscience des risques pesant sur les ressources en eau potable, en renouvelant ses visites de la station d’épuration de La Flotte et de l’usine de production d’eau potable de Rochefort mais également d’aller jusqu’en Vendée à la rencontre du programme Jourdain de Réutilisation des Eaux Traitées (REUT) aux Sables d’Olonne. Des propositions accompagnées d’actions auprès des élus du territoire, Ré Avenir souhaitant en 2026 mener une enquête sur les eaux pluviales auprès de toutes les municipalités, et éditer un document de sensibilisation promouvant la sobriété des usages.
Directrice générale d’Eau 17 depuis fin 2025, Hortense Bret était de longue date l’invitée à l’AG 2026 et cela ne pouvait mieux tomber pour l’assistance, attentive à cette interlocutrice de premier plan présentant avec clarté la ressource Eau sur la Charente-Maritime, ainsi qu’une synthèse de la stratégie d’adaptation au changement climatique votée par les élus d’Eau 17 suite aux résultats d’une étude prospective initiée en 2022. Et ceux-ci ne souffrent aucune équivoque : si à l’horizon 2050, les secteurs royannais et intérieurs maintiendront l’équilibre, impossible d’en dire autant pour les zones littorales, a fortiori les îles comme Ré et Oléron, soumises à forte consommation en saison touristique, Ré consommant quatre fois plus d’eau en été (17 000 m3 par jour contre 4 000 m3 en hiver).
Il y a donc urgence, une urgence passant nécessairement par un plan d’action efficace mais aussi de vrais changements d’habitudes des usagers. L’eau n’a pas fini de s’inviter dans les débats.
*Lire notre article dédié : www.realahune.fr/lile-de-re-terre-denergie-solaire
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