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- Association de défense des écluses à poissons de l’île de Ré
Les 30 ans de l’Adépir célébrés aux Portes
Dominique Chevillon, président de l’association de défense des pêcheries millénaires en pierres, était entouré du nouveau préfet, Michel Prosic, pour qui il s’agissait de la première venue officielle à l’île de Ré, du président de la CdC et de plusieurs maires. Les chefs d’écluses étaient bien sûr présents, ainsi que les codétenteurs des écluses.
Accueilli par le maire des Portes, Alain Pochon, le président de l’Adépir a a retracé l’histoire des écluses, avant de rappeler que de 140 écluses au XIXè siècle, il n’en reste plus qu’une quinzaine sur l’île de Ré. Oléron en compte dix-sept, la Tranche-sur- Mer une seule, les trois dernières écluses de Noirmoutier ayant sombré durant l’hiver 2023/2024. Il en existe six au sud de Granville dans la Manche. Soit trente-neuf pêcheries en France.
Un patrimoine ancien et vivant
« Il s’agit d’un patrimoine ancien et vivant, qui résiste, pour faire perdurer les mêmes gestes d’hommes et de femmes, les mêmes techniques, le même vocabulaire également. Nous devons aussi cette résistance à nos élus qui, avec ou sans écluses dans leur commune, dans les décisions communautaires ont toujours su nous aider, notamment lors des tempêtes très dures de 1999/2000, 2013/2014 et 2023/2024. Nous le devons aussi au préfet de Charente-Maritime et aux services de l’Etat. Dans l’histoire, les populations côtières ont souvent lutté pour conserver les modes de capture des poissons dans leurs pêcheries, contre les Seigneurs féodaux, contre la Royauté puis contre la République, l’Etat qui voulait les détruire car obstacles à la navigation et concurrence aux pêcheurs professionnels. Aujourd’hui, nous avons l’Etat à nos côtés. Nos concessions sont acceptées sur le Domaine public maritime, où des usages nombreux sont réglementés, gérés par l’Etat : l’ostréiculture, la mytiliculture, les usages plaisanciers, les mouillages et nos pêcheries en pierres. »
« En 2023/2024 ont été menés des travaux ayant trouvé leur aboutissement le 14 janvier 2025 dans un arrêté préfectoral qui accorde aux écluses à poissons une concession trentenaire (au lieu de cinq ans renouvelables) et la gratuité de nos usages, car nous entretenons le patrimoine maritime, tout en ayant le droit de pêche. Cette visibilité à trente ans ancre un peu plus nos activités dans le temps long. La reconnaissance patrimoniale de nos écluses est aussi une très bonne chose. »
Vers une reconnaissance au titre des Monuments historiques ?
L’Historien rétais Jacques Boucard, auteur de la bible en matière d’écluses à poissons, a présenté à quoi elles servaient à travers les siècles, puis Laurent Bordereaux, professeur d’université de La Rochelle en droit du littoral, a évoqué les écluses d’Oléron (il est co-auteur d’un ouvrage sur celles-ci) et notamment l’écluse des Sables Vignier à Saint-Georges d’Oléron, qui a obtenu une reconnaissance au titre des Monuments historiques. « Une perspective pour demain pour nos écluses rétaises, à réaliser avec les communes, la CdC et les services de l’Etat ? » a interrogé – sous forme d’appel du pied – le président de l’Adépir.
Le président de la CdC, Jean Paul Héraudeau, a rappelé la force de l’insularité et fait part de son souhait d’aller plus loin dans la reconnaissance des écluses à poissons, patrimoine unique en France, un statut patrimonial spécifique, voire un classement pour garantir leur préservation durablement. Il a salué Françoise Héraudeau, fille de Lucien Joubert, l’un des trois fondateurs de l’Adépir, ainsi que le Général Fruchard, qui fait beaucoup pour les écluses.
Le préfet, Michel Prosic, a félicité les bénévoles de l’Adépir et rappelé qu’ « il n’y a pas de petit patrimoine mais que du patrimoine. Aujourd’hui ce qui fait patrimoine, c’est ce que nos anciens ont pensé et réalisé avec leurs mains, les pêcheries de l’île. Le patrimoine est ce dont nos anciens avaient besoin pour vivre… Peut-être l’île de Ré va se tourner vers la reconnaissance de Monument historique, composé d’un bâti et d’une mémoire… Ces pêcheries permettent de faire vivre la mémoire des anciens, de transmettre leur savoir-faire, d’autant plus important sur une île à la fragilité extrême, car leur permettant de vivre. Dans le contexte de la Charente- Maritime, département fragile, qui connaît le retrait de côte le plus important de France, ces écluses peuvent permettre de préserver nos côtes. Sur une île, obligée de faire face aux éléments et à des évènements peu prévisibles, qui peuvent tout détruire, la fraternité est ce qui relie les habitants et permet de reconstruire ensemble ce que les éléments extérieurs ont détruit », a en substance dit un préfet très à l’écoute des participants.
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