Magalie Barbas, au rythme des abeilles
Malgré une flore peu propice à la production de miel, les abeilles coulent des jours tranquilles sur l’Île de Ré, avant de se mettre au boulot de l’autre côté du pont. Magalie, apicultrice de passion, fait partie de ceux qui favorisent leur bien-être et leur capacité à exister.
Une passion née au détour d’une rencontre
Il y a des passions qui naissent là où on ne les attend pas. Celle de Magalie Barbas débute en 2018 lorsqu’elle rejoint l’équipe d’Aldo François chez L’Abeille de Ré. D’abord au développement commercial, c’est très vite que la curiosité laisse place à une véritable fascination pour ces insectes indispensables à la biodiversité. En autodidacte, elle se plonge dans leur univers, apprend leur fonctionnement, leur organisation sociale et leurs incroyables capacités. De fil en aiguille, cette découverte devient une véritable vocation. Aujourd’hui, elle veille sur une quarantaine de ruches réparties entre l’Île de Ré et le continent, développant chaque année un peu plus son savoir-faire et sa maîtrise de l’insecte.
« Avec les abeilles, on apprend avant tout la patience », confie-t-elle. Chaque visite au rucher est un moment privilégié, où l’observation prime sur l’action. Il ne s’agit pas de maîtriser la colonie, mais de l’accompagner, en respectant son rythme naturel. Une ruche peut accueillir jusqu’à 80 000 abeilles, organisées selon une répartition des tâches d’une remarquable efficacité, et lorsque les cadres sortent de la ruche, c’est toute une organisation qui se révèle, ou chacun a un rôle bien défini, avec une importance capitale dans sa colonie. Les ouvrières assurent successivement plusieurs missions au cours de leur courte existence, qui dépasse rarement une quarantaine de jours en pleine saison, tandis que la reine peut vivre jusqu’à cinq ans.
Des récoltes au rythme des floraisons
Sur l’Île de Ré, les conditions ne permettent cependant pas une production abondante de miel. Si les abeilles trouvent suffisamment de pollen pour nourrir la colonie, les ressources en nectar restent limitées. Lavande, fleurs sauvages ou végétation locale offrent quelques floraisons, mais insuffisamment pour garantir des récoltes importantes. Le vent, omniprésent sur l’île, réduit également le rayon d’action des butineuses, pourtant capables de parcourir jusqu’à trois kilomètres autour de leur ruche. Ce vent qui fatigue, rend les déplacements plus difficiles et la dépendance au lieu du rucher est plus importante qu’ailleurs.
Pour produire différents miels, Magalie pratique donc la transhumance. Ses ruches prennent la route vers des territoires plus généreux, en Vendée, dans les Deux-Sèvres ou encore du côté de Cheverny, ville bien célèbre pour les amoureux de Tintin. L’an dernier, cette migration lui a permis de récolter plus de 200 kilos d’un délicat miel d’acacia. Tournesol, colza ou fleurs de printemps : chaque terroir imprime sa signature et offre des saveurs bien distinctes.
Partager pour mieux protéger
Si cette activité constitue aujourd’hui un complément à son métier d’employée de grande distribution, Magalie n’envisage pas, pour l’heure, d’en vivre exclusivement. Elle développe progressivement des partenariats avec des restaurateurs, des conciergeries et commercialise ses miels, ses bougies en cire et ses autres produits via sa boutique en ligne (voir encadré), tout en participant à plusieurs marchés estivaux.
Mais son ambition dépasse désormais la seule production. À travers des visites pédagogiques de ses ruchers, elle souhaite sensibiliser le public à l’univers fascinant des abeilles et à leur rôle essentiel dans notre écosystème. Beaucoup ignorent, par exemple, qu’une ouvrière occupe jusqu’à sept fonctions différentes au cours de sa vie ou que l’organisation d’une colonie repose sur une coopération très précise. Une immersion qui invite à changer de regard sur ces infatigables butineuses et à mieux comprendre en entrant dans le vif du sujet sans s’y faire piquer (au vif !).
Mag et Les Abeilles
Infos : Instagram / mag_etlesabeilles
Site Web :

Lire aussi
-
ÉconomieLa Bulle Verte, visite autonome du vignoble rétais
La coopérative Uniré propose, via l’application La Bulle Verte, de découvrir les vignes rétaises à vélo. L’une des formules inclut une dégustation dans une cabane ostréicole.
-
ÉconomieA Ars, une ferme pour réinventer l’aquaculture
La ferme Les Pieds mouillés, créée en mai dans les marais d’Ars-en-Ré, cultive deux raisons d’être : produire en permaquaculture, ou aquaculture régénératrice, et servir de support de formation pour développer l’aqua-écologie. Un site unique en France.
-
ÉconomieLe p’tit Quillet, votre carnet en cuir personnalisé


Je souhaite réagir à cet article