Nathalie Vivier cherche un repreneur
Nathalie Vivier, figure incontournable de Saint-Clément-des-Baleines, s’apprête à tirer sa révérence. Après trente-six années passées à la tête de l’épicerie du village, elle cherche un repreneur.
Elle est à la retraite depuis le 1er juin. Mais Nathalie Vivier reste campée derrière la caisse de sa supérette, à Saint-Clémentdes- Baleines. « Je continue de travailler », explique-t-elle, « car il est hors de question que j’abandonne Saint-Clément. J’ai mis le fonds de commerce en vente en juillet 2025. Depuis j’ai eu quelques pistes sérieuses, mais rien de concret. J’attendrai le temps qu’il faudra. »
Originaire de La Couarde, Nathalie commence à travailler dès l’âge de quinze ans en tant qu’apprentie au sein du supermarché du Bois-Plage et y reste pendant douze ans, avant de partir deux ans au magasin des Portes-en-Ré. En 1990, son patron lui confie les rênes de l’épicerie de Saint-Clément, dont elle rachète le fonds de commerce en 1992.
En tout, Nathalie aura donc passé trente-six ans à Saint-Clément. Quasiment quatre décennies à rendre service aux Villageois, été comme hiver. Elle est l’un des rares commerces du nord de l’île à faire ce sacrifice, en tout cas sur un si long terme.
« Il y a eu des hauts et des bas », se souvient- elle. « C’est vrai que l’hiver, c’est dur. Parfois j’ai une vingtaine de clients par jour. On fait tout notre chiffre d’affaires entre avril et novembre, et souvent l’hiver la trésorerie ne suit pas. » Sans compter les journées à rallonge. Se lever à quatre heures du matin pour aller chercher sa marchandise à Saint-Martin de Ré, puis ouvrir la boutique du matin jusqu’au soir.
« L’année dernière, j’ai changé de fournisseur. Je travaille maintenant avec la marque Casino, qui me livre devant la porte. Ça m’a changé la vie. Et puis j’ai Alan, qui travaille avec moi depuis deux ans, alors c’est plus facile. »
Malgré les difficultés, Nathalie n’a jamais lâché. « C’est une vraie mission de service public, indispensable à la survie du village », explique-t-elle. « Pour les plus âgés, ceux qui ne sont pas véhiculés, c’est parfois le seul moyen de se ravitailler », dit-elle. « Ou même de voir du monde, on discute ensemble ». Car à Saint-Clément, on ne va pas à l’épicerie, mais « chez Nathalie ». Chacun apprécie sa disponibilité, sa simplicité et son sourire.
Son objectif à présent : trouver un repreneur avec le même état d’esprit. « Il faudra qu’il ait la même envie de rendre service au village et aux Villageois, qu’il soit ouvert été comme hiver, avec la même flexibilité dans les horaires d’ouverture. Et puis qu’il s’engage aussi à garder Alan, qui travaille bien et habite Saint-Clément. J’y veillerai. » Nathalie Vivier s’apprête à tirer sa révérence, mais pas à n’importe quel prix.
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