Les 100 premiers jours de Saint-Martin
Saint-Martin de Ré - Cap sur l’Avenir avait présenté une « liste de mesures simples à mettre en oeuvre », qu’elle entendait déployer les cent premiers jours de ce nouveau mandat, si elle était élue. Ré à la Hune fait le point avec la maire, Anne Mémin et deux de ses adjoints.
Ré à la Hune : Logiquement, vos premières actions ont concerné l’organisation de travail…
Anne Mémin : Dès le mois de mars, nous avons rencontré et fait le point avec tous les services de la mairie, mis en place les commissions et posé les bases de l’organisation du travail communal, avec les services et entre élus. De vraies délégations ont été confiées aux adjoints, nous faisons une réunion d’adjoints toutes les semaines et une fois par mois avec les délégués. Chaque mardi matin, nous rencontrons le Centre technique municipal. Tout le monde s’investit. Parmi les adjoints nous avons trois retraités, disponibles aussi en journée, les adjoints ayant une activité professionnelle se consacrent à la commune en horaires décalés. Et la maire que je suis est 100 % disponible pour la commune.
Nous avons pour ces cent premiers jours avancé rapidement, d’une part pour mettre en place les actions promises dès le début du mandat – nous avons voulu tenir parole sur chacun des points évoqués – d’autre part parce que lors de notre installation la saison s’enclenchait. Nous étions dans l’urgence de ce début de saison. Nous allons désormais travailler davantage dans la durée. Nous avions lors de la campagne scindé le mandat en deux : 2026-2027, puis à plus long terme 2028-2032, période sur laquelle nous allons avancer, de façon moins spectaculaire, sur le fond des dossiers. Il nous faut anticiper, le temps administratif est long…
Nous allons aussi en ce début d’été mettre en place des groupes de travail : contrairement aux commissions, ces groupes sont ponctuels et thématiques, autour d’un sujet précis. Ils vont commencer début juillet et leur fonctionnement est différent. En ce début de mandat, parmi l’équipe, chacun est à sa place, dans son domaine, et au travail.
Christine Braud : Concernant l’organisation, nous avons aussi mis en place nos premières permanences d’élus. Les référents de quartier ont été désignés et nous avons communiqué autour d’eux. Leur rôle est d’être en proximité avec les habitants de chaque quartier, d’identifier leurs demandes, les besoins et de répondre aux questions, soit directement s’ils connaissent déjà la réponse, soit après avoir été chercher l’information en mairie.
Côté vie économique, qu’avez-vous déjà mis en place ?
Anne Mémin : Nous avons soutenu la création de l’association des commerçants – Le Club Martinais. NDLR – et nous allons voir comment l’accompagner sur les projets d’évènements envisagés,* nous travaillerons ensemble. Côté marché, malgré la saison déjà démarrée, nous avons lancé un appel à candidatures pour « l’Etal Test », avec une convention tarifaire moindre pour le démarrage des activités, l’idée étant de redonner de l’attractivité au marché de Saint-Martin. Nous avons retenu une candidature, celle du boulanger-pâtissier Amaury Lafonta. Dès août/septembre, nous travaillerons sur une nouvelle convention s’appliquant à cet Etal Test, pour 2027.
La Barbette est revalorisée et le public revient, avec bien sûr Le Ben Hur de Tony, l’emplacement de Preston, une partie snack, l’installation d’Au Rendez-Vous, qui propose des apéros, petits plats et animations, dans un cadre esthétique, qui se fond bien dans la végétation, tous étant très complémentaires.
Concernant la librairie, nous avons notre local communal sur l’îlot, les créateurs l’occupent jusqu’en novembre 2026, nous réfléchissons à un autre site pour eux. Un groupe de travail est créé pour travailler sur l’appel d’offres que nous souhaitons lancer pour l’installation d’une nouvelle librairie dès 2027.
Nous avons aussi rencontré et fait une première réunion de travail avec un expert en développement commercial, autour des questions du marché, de la consommation, des commerces à Saint-Martin, intra et extra-muros. Nous souhaitons valoriser les commerces ouverts à l’année. En ce mois de juin, nous travaillons aussi sur la détermination d’un périmètre de préemption commerciale.
Je constate que d’ores et déjà beaucoup de Martinais reviennent dans Saint-Martin intra-muros, La Barbette attire du monde. On a d’ailleurs prévu d’y installer un écran géant pour suivre la Coupe du Monde. Nous allons aussi relancer le marché nocturne estival, sur le passage de l’îlot du port, tous les soirs en juillet et août.
Animer davantage le village faisait aussi partie des priorités et va de pair avec la dynamisation de la vie économique et la création de lien social. Qu’avez-vous déjà lancé ?
Anne Mémin : Dès avril, nous avons soutenu la création du Comité des fêtes, dont la vocation est de proposer des animations et créer du lien social. Nous avons satisfait sa demande de subvention. Ce Comité des fêtes peut aussi venir en soutien d’évènements plus importants comme, par exemple, la Fête de la Mer ou encore la Fête du coquillage.
Malheureusement la traditionnelle brocante du mois de mai a dû être annulée du fait de la météo. Plusieurs animations intergénérationnelles ont déjà été lancées, comme Bim Bam Boum, le Pique-nique des Martinais à La Barbette, ou encore la Guinguette place de La République. Le succès rencontré par ces animations est à la hauteur des attentes des Martinais. Nous avons aussi prévu des animations tout au long de la journée et de la soirée, pour la Fête de la Musique, le 21 juin. Ces moments conviviaux seront organisés régulièrement.
Vous aviez aussi annoncé vouloir réorganiser et dynamiser le CCAS ?
Christine Braud : Nous avons mis en place une permanence pour le Centre communal d’action social tous les quinze jours et avons commencé à impulser un nouveau fonctionnement. Il y a beaucoup à faire. Dès notre arrivée j’ai préparé le voyage du 23 juin à Rochefort, pour « La Journée des aînés », auquel participeront plusieurs élus. Nous ferons au moins deux voyages par an, des sorties cinéma, etc.
Qu’en est-il du plan de circulation et de stationnement, autre sujet très attendu ?
Jean-Paul Goussard : Nous lançons l’étude le 30 juin, nous l’avons confiée à un cabinet spécialisé qui a travaillé avec La Couarde. Il va notamment faire des mesures de trafic intra et extra muros durant l’été, nous aurons une première restitution à l’automne, pour l’intra muros. L’objectif de l’étude est de réaliser un diagnostic, définir les besoins pour la circulation des voitures, des vélos et des piétons et nous faire des propositions d’actions. En matière de circulation, de stationnement et de signalétique. Nous ne voulons pas perdre de temps, car dans les prochains mois vont démarrer les travaux du cours Dechézeaux et en 2027 du cours Toiras, il nous faut intégrer dans ces travaux les mesures qui résulteront de cette étude ; Par exemple, il est impossible de passer de la porte des Campani à la porte Toiras, cela se répercute sur le trafic de la rue de l’Hôpital et notamment les vélos à contresens. La première partie de l’étude concerne l’intra et l’extra muros en été, la seconde partie sera un focus extra-muros.
En matière environnementale, quelles sont les premières actions lancées ?
Jean-Paul Goussard : Les Jardins familiaux, projet lancé sous l’ancien mandat, ont été inaugurés avec seize parcelles mises à disposition de Martinais, ils fonctionnent très bien. Une parcelle a été gardée par la mairie, par exemple pour permettre au centre de loisirs (ALSH) d’y prévoir des activités de jardinage.
Une conférence sur les économies d’eau que chacun peut réaliser, sur les jardins familiaux, mais aussi à domicile, en jardinage ou dans son domicile est prévue au Musée le 2 juillet à 18h.
Concernant la stérilisation partielle des oeufs de goélands – 107 nids ont été recensés – , notre demande de dérogation auprès de la Préfecture pour diffuser de l’huile de colza par drone est en stand-by, suite à la suspension par le Tribunal administratif de Poitiers de l’arrêté préfectoral autorisant le plan de stérilisation des oeufs de certaines colonies de goélands argentés sur l’île d’Oléron (recours de Nature Environnement 17). Cette décision en référé fait jurisprudence : elle a ainsi empêché notre campagne prévue en mai 2026. En attendant, on fait de la sensibilisation auprès des touristes et des habitants : il ne faut pas nourrir les goélands, ni laisser traîner de la nourriture… Nous allons aussi installer des poubelles qui s’ouvrent horizontalement, rendant plus difficile leur accès aux goélands.
Pour finir sur un sujet très prégnant et très coûteux à Saint-Martin, qu’est-il fait et prévu cette année en matière de restauration/entretien du patrimoine ?
Anne Mémin : Nous avons rencontré la DRAC le 5 mai pour un retour sur l’étude complète sur l’état des remparts faite par Philippe Villeneuve. Nous avons ainsi obtenu son accord pour réaliser les travaux d’urgence sur les remparts à la mer, côté Citadelle et Vert Clos, cela va être réparé avant juillet. Concernant ensuite les 73 M€ de travaux diagnostiqués par l’Architecte Villeneuve, on a pu constater sur place que c’est un peu moins dramatique, il faut prioriser des zones. Les deux portes des Campani et de Toiras feront l’objet en priorité de travaux d’entretien.
Jean-Paul Goussard : L’église a aussi bénéficié de travaux réalisés en urgence, notamment sa toiture, car l’eau pénétrait à l’intérieur. En ce mois de juin, les pierres du clocher sont sécurisées. La DRAC a donné son autorisation pour les travaux d’urgence. Elle nous demande ensuite un plan d’entretien/restauration d’ensemble pour l’église, intérieur et extérieur, qui devra être validé évidemment par l’Architecte en chef des monuments historiques. Nous allons mandater un expert pour cette étude d’ensemble. Les différentes tranches de travaux seront programmées dans le cadre du Plan pluriannuel d’investissement prévu. C’est un gros morceau, il nous faudra aller chercher des financements.
Anne Mémin : Nous allons aussi évaluer l’ensemble des travaux de réfection à mener sur les salles municipales. La salle des Gouverneurs doit être rénovée, elle sera dédiée aux associations. Quant aux locaux qui se libèrent à l’école maternelle (RPI entre St Martin et La Couarde – NDLR), nous sommes en réflexion sur un projet de nouvelle configuration. Nous pourrions faire venir la MAM** – actuellement située à proximité du stade et du complexe sportif – NDLR – dans une partie de ces locaux, d’autant que les associations sportives autour du stade ont besoin de locaux. Nous travaillons sur la globalité.
Le mot de la fin ?
Anne Mémin : Je vais le plus possible sur le terrain, je souhaite rester au plus proche de la population, en plus des élus référents de quartiers. Je vais chaque semaine dans un café différent, je passe au marché. J’ai de très bons contacts avec la population martinaise, très constructifs. Et les adjoints et délégués sont aussi au travail. Je suis très satisfaite de ce début de mandat. Nous menons une politique de village, nous nous adaptons en fonction des besoins et attentes des habitants.
Nous avons aussi mis en place une politique de communication très dynamique sur les réseaux sociaux et sommes en cours de recrutement d’une personne en charge de la communication et des animations, à plein temps, là où auparavant il s’agissait d’un poste en Alternance.
Nous pourrons aussi organiser des réunions publiques sur des thèmes bien précis, comme par exemple autour de l’étude sur la circulation et le stationnement…
*Lire notre article paru dans Ré à la Hune 319 : www.realahune.fr/un-club-martinais-cree-pourdynamiser- la-capitale/
**MAM : Maison d’assistantes maternelles.
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