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- Ensemble pastoral de l’île de Ré
« La paroisse doit être attentive aux réalités précaires »
Mickaël Le Nezet, curé de l’ensemble pastoral de l’île de Ré, est nommé vicaire général de monseigneur Bozo, évêque du diocèse de La Rochelle. L’homme de 54 ans part fin août, après deux années insulaires. Son remplaçant doit arriver en septembre. Interview.
Comment avez-vous vécu votre arrivée sur l’île, il y a deux ans ?
Le côté insulaire apporte quelque chose de différent. Même si nous avons le pont, il faut se forcer un peu à sortir de l’île. Nous sommes dans un cadre privilégié. J’avais une image de l’île de Ré que je connaissais mal, celle d’un lieu touristique plutôt pour des gens retraités. Après deux années passées ici, je me rends compte que la réalité est plus variée, qu’il y a une population jeune, des couples avec des enfants. Mais j’ai aussi pris conscience qu’il y a une population précaire, à commencer par les travailleurs saisonniers. Il faut les écouter, les soutenir. La paroisse doit être plus attentive à ces réalités.
Concrètement, comment avez-vous agi ?
Avec le 115 et l’association Cabestan, nous avons dédié une maison de la paroisse au logement d’urgence, à La Couarde. Si une personne appelle le 115, elle pourra être réorientée, via le Secours catholique, vers ce logement temporaire.
Qu’avez-vous mis d’autre en place en deux ans ?
J’ai installé un couple missionnaire de 30 ans, logé à La Couarde. Il fait le lien entre la paroisse et les jeunes générations, pour comprendre leurs attentes. Ça fait du bien, cela apporte de la vie dans la communauté. J’ai aussi lancé le parcours Alpha qui fait se réunir des personnes qui se posent des questions sur le sens de la vie, la foi, l’existence de dieu. Pendant onze semaines, une fois par semaine, les gens se retrouvent à Saint-Martin pour un dîner et un temps de partage autour d’un enseignement. C’est ouvert à tout le monde, pas qu’aux pratiquants.
Comment s’organise une paroisse à dix clochers ?
J’aimerais en ajouter un onzième, qui est la prison. Les chrétiens sont très attachés à leur clocher, mon travail est de faire l’unité locale et de passer du temps avec chacun. Il y a des distances, assez longues en kilomètres, à parcourir entre le nord et le sud de l’île. Mais j’essaie de faire en sorte qu’on se retrouve tous ensemble au moment du carême ou de l’avent à Noël et à Pâques, pour mieux se connaître. Et que ce temps de rencontre des paroissiens tourne dans les différentes communes de l’île. Pour plus d’unité, j’ai nommé un référent pastoral, laïc, dans chaque clocher. Il fait le lien entre les paroissiens de la commune, l’église et moi. C’est un projet un peu missionnaire, qui a pour but de nous faire sortir de nos sacristies et d’aller à la rencontre des gens. Je salue aussi l’implication de nombreux bénévoles, des personnes très investies dans la paroisse.
Comment se gère la saisonnalité au sein de la paroisse ?
Il faut que chacun trouve sa place. Dès qu’il y a des vacances scolaires ou des ponts, les églises sont pleines et même elles débordent. Je n’avais jamais vu cela ailleurs. En janvier/février, il y a moins de monde mais la communauté reste vivante. A l’année, nous sommes trois prêtres : deux curés qui n’ont plus de responsabilité de gestion, à Ars et La Flotte, et moi. Nous assurons deux messes le samedi soir et deux le dimanche matin, dans le nord et le sud de l’île. Pendant les vacances scolaires et les ponts, il y a trois messes le dimanche. L’été, nous avons un renfort de prêtres pour permettre d’assurer une messe chaque dimanche dans chaque village.
Quel message transmettez-vous à votre successeur ?
Je ne serai resté que deux ans, c’est très court car il faut au moins une année entière pour découvrir une paroisse et sa réalité humaine. Mais je suis heureux de lui transmettre une communauté de paroisse structurée, avec de beaux projets missionnaires.
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