- Portraits
- Portrait
Jean-Audoin Vigy, entrepreneur festif
Oiseau de nuit devenu entrepreneur aguerri, Jean-Audoin Vigy cultive le sens de la fête telle qu’on l’aime, joyeuse et conviviale.
De près ou de loin, il est bien connu de tous les noctambules insulaires. Propriétaire de l’emblématique restaurant bar club Le Bastion à Saint- Martin et plus récemment de la mythique Baleine bleue (toujours à Saint-Martin), Jean-Audoin Vigy ou plutôt JA, est l’homme de la fête, ce qui ne l’empêche pas d’être, par ailleurs, un entrepreneur rigoureux. Rencontre avec une personnalité bouillonnante d’énergie.
De Paris à l’Ile de Ré
S’il n’est pas de sou-che, Jean-Audoin (petitfils de bouilleur de cru charentais), n’en est pas moins Rétais de coeur, sa famille y étant résidente secondaire et propriétaire depuis plusieurs générations du côté de Loix, « une chance incroyable », souligne- t-il. Ses études seront courtes, il n’est pas fait pour ça et son talent est ailleurs. Car JA sait réunir et fédérer des qualités se doublant d’un sens inné de la fête et du travail. Alors il fait de tout cela un beau parcours, débuté dans le milieu des nuits parisiennes où il officie en tant que directeur artistique, organisant moult soirées dans des établissements réputés de la capitale comme Les Planches, Le Globo ou encore Le Bus Palladium. Bien sûr il connaît du monde JA, beaucoup de monde dont il retrouve une partie l’été sur l’Île de Ré, où il travaille au Bouckingham, autre lieu des nuits martinaises, disparu aujourd’hui. « J’ai même fait des saisons à La Presqu’île ! », sourit- il, évoquant son village de Loix.
Propriétaire associé à 23 ans
Pour Jean-Audoin, les années 2010 marquent un tournant. Devenu papa et en ayant fait le tour des nuits parisiennes, il les délaisse pour devenir diamantaire après une formation à Anvers. Un pas de côté surprenant de quelques années, sans rompre toutefois avec ses premières amours puisque c’est aussi à cette époque qu’il se retrouve associé dans la reprise du Bastion avec le regretté Alexandre Brunner. Projet ambitieux que celui de ce haut-lieu des nuits rétaises, offrant le cadre somptueux d’une situation d’exception mais aussi une réputation un brin sulfureuse, que JA va s’attacher à redresser sans relâche et pour le meilleur, jusqu’à une transformation radicale en 2020, en compagnie de deux associés (Jean Damien et Charles). A la fois bar, restaurant et club, Le Bastion valorise aujourd’hui ses nombreux atouts, répondant à toutes les envies et tous les évènements, étant le lieu idéal pour célébrer en beauté mariages ou anniversaires. Entre-temps, JA sera également propriétaire du restaurant La Maison avec Bernard Frigière, autre personnalité rétaise connue. En 2021, il quitte définitivement la capitale pour s’installer à côté de La Rochelle.
La Baleine bleue, un nouveau chapitre
Le Bastion étant exigeant mais sur les rails, voilà une autre opportunité savoureuse : La Baleine bleue, dont le nom seul fait encore briller les yeux de tous ceux qui y ont passé, été après été, des soirées mémorables, cherche un repreneur. « Un gros challenge ! » confie JA évoquant une ouverture tambour battant le 23 juillet 2025, pour une première saison déjà bien entamée. Une nouvelle aventure commence, là encore avec deux associés, Benjamin Roux et Georges. « La Baleine bleue, c’est une très belle nostalgie et un gros paquebot à gérer », explique-t-il sobrement, à la fois inspiré et pragmatique. Car son intention première, c’est bien de réécrire la belle histoire de ce lieu mythique dans l’esprit d’aujourd’hui. Autrefois table plutôt gastronomique, La Baleine est ainsi devenue une « brasserie festive », insiste JA tenant à la fois à la convivialité et à une qualité accessible, se déclinant dans une cuisine variée d’où ne sont pas exclues les saveurs exotiques ni le sucré salé, le Chef Adrien Formica (aux commandes des cuisines et également pâtissier de formation) aimant travailler le fruit, « et non le sucre », nous précisera-t-il un peu plus tard. « Il faut vraiment goûter son poulpe signature et son cookie mi-cuit », suggère Jean-Audoin les yeux pétillants de gourmandise.
Renouer avec l’histoire de La Baleine, c’est aussi retrouver son ambiance. Alors oui, la musique est bien sûr de la partie, en douceur et dès l’heure du déjeuner en haute saison, plus vibrante le soir avec DJ Set à partir de 21h30. Et que la fête commence ! Car, si le milieu de la nuit a évolué, l’envie est toujours là de vivre de beaux moments festifs, dans un seul endroit où l’on peut tout faire, prendre l’apéro, dîner et pourquoi pas danser tant qu’on y est, affirme le pro de la nuit et de la fête, par ailleurs très vigilant sur les questions de sécurité. La Baleine bleue réinventée on en rêvait, et la Fête de la Musique sera une belle occasion de la redécouvrir puisqu’en partenariat avec son voisin (l’ancien Cervane), elle accueillera le 21 juin un concert de 12h à 14h et un DJ Set de 18h à 2h.
Jean-Audoin Vigy s’arrêtera-t-il là ? Sûrement pas mais pour l’heure, il est déjà bien occupé à reconstruire La Baleine bleue et une équipe passant de quatre à cinq personnes en hiver à vingt-cinq en été. « Il faut que la fête continue » affirme JA. Et ça c’est une bonne, très bonne nouvelle…
Lire aussi
-
PortraitsBaptiste Turbé filme l’île de Ré et le Stade rochelais
Baptiste Turbé filme le Stade rochelais. C’est son métier. Il siège dans la commission communication de Rivedoux-Plage. C’est son engagement. Sa caméra en trait d’union, c’est sa passion.
-
PortraitsLa mille et unième vie de Julien Roche
Julien Roche1, créateur des bières Les Petites Réthaises, a passé la main il y a un an, pour devenir photographe professionnel. Aérien et solaire, l’homme aux yeux de chercheur et au sourire d’enfant n’en est pas à sa première reconversion. Retour sur le parcours d’une vie inventée au long du chemin.
-
PortraitsÉlisabeth Vague, la « Madame Fraise » de l’île de Ré
Sur ses 3 000 m2 de culture, Élisabeth Vague produit d’avril à septembre des fraises gourmandes au goût incomparable.

Je souhaite réagir à cet article