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Élisabeth Vague, la « Madame Fraise » de l’île de Ré
Sur ses 3 000 m2 de culture, Élisabeth Vague produit d’avril à septembre des fraises gourmandes au goût incomparable.
Qu’elle soit dans ses champs ou sur son étal de vente, une odeur douce et sucrée entoure toujours Élisabeth Vague : celle des fraises, qui sonne le début de l’été et réveille en chacun de nous des souvenirs d’enfance ou de vacances. Alors à Rivedoux, ses clients l’appellent « Madame Fraise ». Et pour elle, ils sont sa « famille Fraise ». « Mon étal est devenu est un vrai lieu de rencontre », dit-elle. « Les gens traînent pour discuter, je pourrais ouvrir un café ! L’hiver ils m’écrivent, pensent à moi, attendent mes fraises avec impatience. J’avoue que c’est beaucoup grâce à eux que je tiens. »
Car les journées d’Élisabeth sont longues, voire interminables. Elle enchaîne, seule, les travaux d’entretien des cultures, la cueillette et la vente, tous les jours. La taille de son exploitation ne lui permet pas d’investir dans des serres, alors chaque intempérie peut être pour elle catastrophique. « Au printemps 2024, il avait plu tout mai et juin, et en grosses quantités. J’avais perdu la moitié de ma production. »
Retour aux sources
Cette année, la saison démarre bien. La variété précoce qu’elle a choisie pour ce printemps a bien donné dès le mois d’avril. « Je suis ravie, mon champ est magnifique. Mes nouvelles séries de Murano sont prêtes, il commence à y avoir du fruit. Les Maras de printemps sont superbes, et ma plantation de juillet a bien démarré. J’ai rattrapé mon retard tout en ayant beaucoup de vente à faire grâce aux précoces. Cette année je suis arrivée à quelque chose qui me tenait vraiment à coeur sur la production. Je suis émue tous les jours, c’est difficilement explicable mais c’est très beau à vivre en tout cas pour moi. »
Malgré les difficultés, Élisabeth tient bon et s’épanouit au milieu de ses fraises. « J’ai fait plusieurs métiers dans ma vie, dont celui d’agricultrice. Mais quand je suis arrivée sur l’île de Ré en 2011, j’étais auxiliaire de vie sociale. Et puis il y a eu le confinement, et le besoin de remettre les mains dans la terre. Une amie qui avait un bout de terrain m’a invitée chez elle. C’est parti comme ça ! » Ensuite, tout s’enchaîne pour Elisabeth. Un terrain qui se libère à la Flotte, puis un deuxième, et finalement cette parcelle située à l’entrée de Rivedoux, sur une ancienne vigne bio. Pour cette enfant du sud de la France, c’est un peu un retour aux sources. « Mon papa était producteur de melons dans le Vaucluse. Il avait aussi des petits à côté, de la vigne, du blé, quelques légumes… Je passais l’été avec lui dans les serres. Ce sont de beaux souvenirs d’enfance. »
Culture naturelle
La star d’Élisabeth, c’est la Mara. « C’est la variété que je fais tout au long de la saison. Elle est difficile à produire car au sol, fragile, avec des petits fruits mais c’est la fraise par excellence, avec ce goût de fruit des bois, de l’enfance… Mes clients me font rire devant mes fraises, on dirait des gamins, quel que soit leur âge, j’ai l’impression qu’ils revivent un bout d’enfance. »
En complément, et pour faire plaisir à ses clients qui rêvent de fraises tout au long de l’hiver, Élisabeth cultive aussi quelques variétés précoces qui lui permettent de proposer des fraises dès le mois d’avril. Chacune a sa particularité, son goût incomparable. Des subtilités obtenues grâce à des méthodes de culture respectueuses de l’environnement. « Ici tout est naturel », explique-t-elle. « Je n’utilise aucun pesticide ou insecticide. Les amendements sont organiques. Et comme je fais un roulement des cultures, les terrains se régénèrent et font de l’herbe sur les parcelles que je laisse nues, donc il y a aussi un engrais vert naturel ».
« Pour moi, c’est une question de confiance », conclue-t-elle. « Je fais du vivant et je nourris des vivants, je me dois de le faire bien. »
D’avril à septembre, Élisabeth Vague vend ses fraises à Rivedoux devant le Carrefour Market et le Super U.
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