Conclusion positive pour le camping municipal
Après plusieurs mois de réelles inquiétudes, le ciel s’est éclairci au-dessus du camping Le Rémondeau à La Couarde-sur-Mer.
Déjà chamboulé par la cession liée au projet du logement du Petit Noue, le camping municipal couardais a vu son existence potentiellement remise en cause lors de la question du renouvellement de la convention avec l’ONF, propriétaire de 2 hectares de terrain sur la surface totale de 3,2 hectares dédiée au camping. Rencontre avec Patrick Rayton pour une vue globale sur ce dossier à tiroirs, ayant exigé à la fois fermeté et diplomatie.
Un lieu essentiel à la vie couardaise
Outre un chiffre d’affaires enviable (800 K€ annuels) entrant directement dans les caisses du budget annexe qui lui est dédié, le camping municipal contribue également de manière indirecte à l’économie locale, sa clientèle fréquentant commerces, marché et restaurants de la commune. « Il faut y ajouter un rôle social important », souligne Patrick Rayton, évoquant des estivants y posant leurs valises depuis des décennies, le camping n’étant pas seulement un style de vacances mais aussi leur seule possibilité de s’offrir des vacances sur l’île de Ré.
Réaménagement nécessaire
Premier dossier, celui du réaménagement du site, conséquence de la cession d’une parcelle à la CdC dans le cadre du projet de logements du Petit Noue, celle-ci induisant évidemment une perte de surface et donc une perte de chiffre d’affaires. Pour être efficiente, la commune a lancé deux études en parallèle, l’une concernant le permis d’aménager, l’autre, plus économique, ayant pour objectif la visibilité financière et des axes de réflexion. Jusque-là tout allait bien. « Mais encore fallait-il connaître les conditions de renouvellement de la Convention avec l’ONF (arrivant à échéance fin 2025) avant de se lancer », explique Patrick Rayon. C’est là que les choses se gâtent.
Conditions inacceptables
Dans un premier temps, l’ONF, « sensible à l’intention de préserver un camping naturel », répond plutôt favorablement en la personne de son directeur régional (Poitou-Charentes). Mais la situation se dégrade lorsqu’une mise en concurrence est évoquée. Or il se trouve que l’entrée du camping est située sur la parcelle communale. « Ça a été vite réglé par un non catégorique », assume Patrick Rayton, ajoutant qu’il était aussi question de garantie bancaire, et d’une rétribution financière augmentée avec notamment un pourcentage sur la totalité du chiffre d’affaires. Or « si l’étude économique est positive, elle suppose de gros investissements », précise Patrick Rayton évoquant un minimum de trois millions d’euros incluant voiries, dépenses de construction (bureau d’accueil et atelier du personnel), équipements, mais aussi mises aux normes lourdes et coûteuses. Autre écueil, la première mouture de la convention proposée par l’ONF court sur neuf ans, rendant l’amortissement sur investissement injouable. À ce stade, la municipalité pouvait être contrainte à un choix difficile, renoncer au camping.
Dialogue et négociation
Décidé à ne rien lâcher, Patrick Rayon poursuit les échanges et fin décembre, une grande réunion rassemble la municipalité et trois directions de l’ONF, Bordeaux, Nantes et Poitiers. Il s’agit de mettre cartes sur table. Ouverte, la discussion recadre le contexte vers une issue favorable. « Il y avait plusieurs éléments à revoir dont les surfaces », explique le maire de La Couarde, évoquant des paramètres recalés. Sur la durée de la convention, la municipalité obtient trois années supplémentaires soit douze ans. Côté finances, la discussion se clôt sur une part fixe (48 K€ annuels), et une part variable portant sur 6 % du chiffre d’affaires « au prorata des surfaces concédées et non sur la totalité de la surface du camping ! », insiste Patrick Rayton, aujourd’hui en attente de la convention définitive. Ajoutons à ces bonnes nouvelles que lors de la cession de la parcelle à la CdC, la municipalité a provisionné 300 K€ pour reprise des voiries. « De toute façon, il fallait le faire et ce sera toujours ça de moins à prévoir », conclut Patrick Rayton, satisfait de boucler cet épineux dossier avant son départ.
Côté réalisation, le permis d’aménager est passé en Commission des Sites et le (nouveau) camping devrait être prêt en 2030. Un temps long qui ne l’est pas moins du côté du programme de logements. « Entre procédures, appels d’offres et travaux, inutile de les espérer avant cinq ans », regrette Patrick Rayton.
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