Alain Pochon : « la vie du village est ma priorité »
Celle-ci passe notamment par le logement, le maintien de l’école, le soutien à l’économie, dans un contexte budgétaire resserré.
Ré à la Hune : Comment a démarré cette seconde mandature ?
Alain Pochon : Lors de la première mandature, je n’étais pas préparé, il y avait deux équipes séparées, que j’ai réussi à fédérer. Tout le monde a travaillé, en concertation et de façon démocratique. Nous faisions des réunions de travail avant le conseil municipal, afin d’informer, d’échanger, de débattre s’il y avait lieu. Ainsi, lors du conseil se dégageait une unité, on s’était déjà dit les choses avant.
Pour cette seconde mandature je repars sur le même fonctionnement. Mais c’est différent, car le conseil municipal a évolué. Il est devenu mixte et surtout l’ont intégré des personnes n’ayant pas d’expérience en matière municipale, pas de formation sur le fonctionnement d’une mairie. Une partie de l’équipe est sur la continuité, tandis que les nouveaux ne sont pas encore au courant de tout, il nous faut toutefois avancer.
Sur le premier mandat, nous avions des gros projets, ceux de ce second mandat sont aussi très importants avec le logement, la ZMEL, le réaménagement du secteur de La Barre à la Pointe à Chabot.
Justement, où en êtes-vous dans l’avancement de ces projets ?
Le projet de logements à la Résidence des 2 Moulins avance, le dossier, monté depuis un an, est déjà passé trois fois en conseil municipal. Nous avons acheté le site, et l’appel d’offres pour sélectionner un constructeur avec lequel mettre en chantier les six logements sociaux (2 T2, 3 T3 et 1 T4) s’est terminé le 30 juin. La démolition de la maison, située à l’entrée du village (croisement avenue des Salines et allée des Peupliers) devrait avoir lieu en octobre 2026, pour un démarrage des travaux début 2027 et une livraison début 2028. La réalisation d’un tel projet de logement met trois à quatre ans… Aux Portes-en-Ré, les choses sont plus compliquées que dans d’autres communes car nous n’avons que de petits terrains, les bailleurs sociaux n’interviennent pas et c’est la collectivité qui doit les mener. En outre, le règlement de la CdC faisait que la Communauté de Communes ne finançait que les projets de vingt logements et plus. Jusqu’au Programme local de l’habitat (PLH), qui a introduit une aide possible de la CdC pour les petits projets. Mais celui-ci n’est pas rétroactif.
Nous essayons aussi d’identifier des terrains constructibles pour d’autres projets de logements et de trouver des locaux pour nos artisans.
La salle du Marais de la Prée a été entièrement rénovée en fin de mandat, qu’en est-il des aménagements extérieurs ?
Un maître d’oeuvre nous accompagne dans le projet de requalification du secteur de La Barre à la Pointe de Chabot. Nous allons déplacer la gare routière, végétaliser les abords de la salle, réaménager le parking et créer une zone de rangement de bateaux. Le démarrage des travaux est prévu au second semestre 2027.
La ZMEL* est un projet de longue haleine, que vous avez porté dès le début du précédent mandat, quand espérez-vous que les premiers mouillages puissent voir le jour ?
Nous avons reçu le projet de convention définitive avec la DDTM*pour les quatre cent cinquante mouillages demandés. L’enquête publique, qui a été repoussée, devrait avoir lieu cet été, sur une durée de quinze jours. La mise en place des mouillages devrait se faire progressivement sur trois ans. On espère que les premiers d’entre eux seront installés au printemps 2027, à La Patache et au Riveau.
On connaît votre attachement au maintien de l’école. L’aménagement d’une cantine scolaire constitue-t-il une avancée en la matière ?
Oui nous avons aménagé un beau réfectoire dans les locaux de l’ancienne poste attenante à l’école, afin d’y accueillir les trente-six élèves de 3 à 6 ans. Depuis le 20 avril dernier, ils n’ont plus besoin de prendre le bus pour aller déjeuner à Saint- Clément, ils restent sur place, prennent le temps pour déjeuner et peuvent ensuite jouer tranquillement. Leur rythme est ainsi mieux respecté. Ce projet a été rendu possible par la rénovation de la mairie et l’aménagement de La Poste au rez-dechaussée de celle-ci.
Nous allons aussi créer un îlot de fraîcheur dans la cour de l’école et y planter des arbres. D’ailleurs, partout où il est possible de planter des arbres dans le village, on le fait.
Quid des travaux de voirie, qui représentent toujours une part importante du budget d’une commune ?
Nous avons lancé un appel d’offres pour un marché à bons de commande, afin de choisir le maître d’oeuvre et rédiger le cahier des charges des travaux. Nous allons les planifier sur quatre ans.
Nous mettons aussi en place un éclairage économique, 680 lampes LED remplaceront l’ancien éclairage d’ici à septembre. La réfection des bornes à incendie est aussi terminée.
Une étude a été lancée avec le Département afin de sécuriser la circulation dans le village et réduire la vitesse. L’aménagement de plusieurs carrefours est souhaitable.
La vie et les animations du village sont une priorité…
Plusieurs ateliers participatifs sont en cours, en particulier celui dédié à la coordination des animations avec l’ensemble des acteurs locaux : élus, professionnels, associations, etc.
Nous avons fait des travaux de rénovation dans le cabinet médical, le nouveau médecin arrive en septembre, il exercera du lundi au jeudi aux Portes.
Nous voulons développer les activités sportives toute l’année. Nous allons procéder comme avec l’école de voile que nous avons subventionnée pour relancer le club de plage Mickey. Nous allons faire de même avec le Tennis club du bout de l’île, afin qu’il mette en place de nouvelles activités pour tous à la salle des Marais de la Prée : touch tennis, Pilates, fitness, badminton en salle, basket à trois, mur d’escalade…
Où en est la rénovation du Phare de Trousse-Chemise ?
Le jardin pédagogique a été fait, le Département a voté le budget pour la rénovation du bâtiment, un appel d’offres pour choisir l’architecte va être lancé.
Quelle est la situation financière de la commune ?
Notre budget principal s’élève pour 2026 à 5,2 M€, dont 2,8 M€ en fonctionnement et 2,4 M€ en investissement. En 2025, la Chambre régionale des comptes de Nouvelle-Aquitaine a réalisé un contrôle des comptes de la commune depuis 2021. Son rapport souligne notre bonne et rigoureuse gestion financière. Les dépenses de fonctionnement ont certes augmenté, du fait de l’inflation, mais restent limitées. La commune dégage une épargne importante, lui permettant d’investir, l’endettement est très faible, la situation financière très saine.
*ZMEL : Zone de mouillages et d’équipements légers / DDTM : Direction départementale des territoires et de la mer.
Lire aussi
-
PolitiqueLoïc Sondag, un 1er adjoint très impliqué à La Flotte
Le maire de La Flotte et désormais président de la Communauté de Communes ne tarit pas d’éloges sur son jeune poulain, qu’il a vite repéré et avec lequel il travaille «!en totale confiance!».
-
PolitiqueSouffrances en fin de vie : un long combat s’achève
Il aura fallu quatorze ans à Olivier Falorni, député La Rochelle-île de Ré - élu en mars 2026 maire de La Rochelle et qui a passé le relais à Sabine Gervais - pour obtenir le 15 juillet 2026 l’adoption définitive de la loi relative au droit à l’aide à mourir. Ce texte ne sera promulgué qu’après la décision du Conseil constitutionnel, saisi notamment par le premier ministre et par le président du Sénat.
-
PolitiqueJean Paul Héraudeau « Je suis un pragmatique »
Elu président de la Communauté de Communes le 9 avril dernier, après dix-huit années de présidence du maire de Loix, Lionel Quillet, le maire de La Flotte, Jean Paul Héraudeau, a expliqué qu’il « prendrait le temps » d’observer avant d’agir. Pour Ré à la Hune, il a accepté de lever le voile sur son état d’esprit et ses priorités pour l’île de Ré.



Je souhaite réagir à cet article