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À Madeleine Chapsal, notre marraine
Madeleine Chapsal nous a quittés le 12 mars 2024. Voici le vibrant hommage rendu par les organisateurs du Festival du livre de l’île de Ré à leur marraine.
Madeleine, tu es partie sans attendre 100 ans, ç’aurait été quelque chose quand même ! Tu as tiré ta révérence à 98 ans, rousse papesse de la littérature populaire au sens le plus noble du terme.
Tu es une femme incroyable, Madeleine. Engagée et courageuse. Tu as mené des combats littéraires et journalistiques, idéologiques et sociétaux bien avant l’heure, des combats à toutes les Unes aujourd’hui.
Pour nous, tu as été et tu resteras le socle, la base, la force, l’impulsion première de notre festival du livre. Dès que nos regards se sont croisés pour la première fois, tu as cru en nous. En notre idée originale, en 2007, d’organiser un Festival du livre dans l’île de Ré. Au cours d’un repas, nous nous connaissions à peine, tu nous as dit : « Si vous voulez de moi, je serai votre marraine ». Et nous, novices inconnus dans le monde des organisateurs de salon, avons dit oui immédiatement. Flattés, honorés. Et stressés.
Madeleine, tu t’es portée garante du sérieux du projet, tu as donné ton nom, ô combien précieux, pour accompagner nos débuts. Et tu as été d’une fidélité exemplaire tout au long de notre aventure. Nous espérions être à la hauteur de ta renommée et de ton engagement. Ne pas te décevoir, mais te prouver que tu avais bien fait de nous entourer de ta bienveillance et de ton expérience et de tes connaissances du monde littéraire, des livres et de l’écriture.
À l’époque, tu possédais une jolie maison aux Portes, dans laquelle tu écrivais tous les matins, tout comme ton fils de coeur, que tu aimais plus que tout, David Servan-Schreiber. Et tu venais en voisine au Bois-Plage. Toujours bienveillante, tu mettais tes contacts à notre disposition, tu parlais à tes amis de ces deux loustics qui projetaient d’organiser un événement autour du livre dans l’île de Ré. Alors que tu étais déjà marraine du salon du livre de Saintes et de celui de Limoges, ton coeur était assez grand pour nous accueillir et nous abriter nous aussi. Et même quand tu n’étais plus Rétaise, mais Saintaise, Limougeaude ou Parisienne, tu étais présente chaque année au Bois-Plage. Tu réservais en priorité cette date du mois d’août et mettais tout ton coeur et ton énergie dans ce festival. En inspirant, mais sans imposer. En conseillant, mais sans ordonner ou contraindre. Nous ne t’en serons jamais assez reconnaissants. Depuis quelques temps, ton corps te disait de calmer un peu le jeu, nous le comprenions bien sûr. Mais, souviens toi, l’année dernière nous avons parlé de ta présence au festival, tu en avais envie. Ça a failli se faire. Quel dommage.
Madeleine, nous espérons que, là où tu es, tu auras déjà trouvé un stylo ou un ordinateur, pour être le témoin des agissements de ce qui t’entoure, comme tu l’as été, ici, écrivaine talentueuse et prolifique fouillant inexorablement, en plus de 100 romans et essais, les tourments comme les joies de l’âme humaine.
Nous t’embrassons. Bien fort. Évidemment.
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