Cook’île de Ré : deux soeurs et une passion
Depuis l’Ascension, le marché de Loix s’est enrichi d’un nouveau stand terriblement gourmand, à découvrir d’urgence.
Romane a 20 ans, Gabrielle, 14. Sur le marché de Loix, les deux soeurs s’activent autour d’une jolie camionnette rose, aux couleurs de leur marque flambant neuve : Cook’île de Ré. La vieille Vespa Piaggio familiale, qui dormait dans le garage depuis quinze ans, a été reconvertie en étal gourmand sur lequel reposent les cookies du jour aux proportions généreuses et aux noms évocateurs : le Tout chocoloix, le Carameloix, la Cacahuète rétaise…
Un job d’été sur mesure
Toute l’aventure est partie d’un cookie à la noisette particulièrement réussi et d’une plaisanterie de leur père : « Il ne vous reste plus qu’à les vendre sur le marché ! » s’exclame-t-il pour marquer son appréciation. La remarque fait son chemin dans l’esprit de Romane, étudiante en droit et en économie, et qui a, plusieurs étés, fait les saisons à la Presqu’île. « Je ne voyais pas ma famille des vacances, et elle me manquait. » Son esprit d’entreprise s’éveille à l’idée de créer son propre job d’été.
Gabrielle, de son côté, est encore collégienne. Depuis toujours, elle pâtisse avec sa grande soeur. Ensemble en cuisine, elles inventent des recettes qui régalent leurs parents, tous deux professionnels des métiers de bouche. Avec un père boucher- charcutier et une mère dans l’hôtellerie- restauration, elles sont depuis l’enfance sensibilisées aux plaisirs de la table, « mais aucun des deux n’avait d’intérêt pour les desserts », se souvient Romane. C’est ainsi qu’elle se spécialise dans la bûche de Noël ou le gâteau préféré pour les anniversaires. Le cookie, avec la variété infinie de ses déclinaisons possibles, fait bouillonner sa créativité.
Une histoire de famille
Bientôt, toute la famille s’implique dans l’entreprise courageuse des deux soeurs. Le père cède son Piaggio, la grand-mère tricote des ânes pour la décoration du stand, la cousine Valentine vient prêter main forte sur le marché, lorsque la plus jeune est en vacances chez sa grand-mère. C’est l’oeil artiste de Gabrielle qui donne à la marque son identité visuelle. En cuisine, Romane préside aux essais – il en faut près de huit cents pour qu’elle obtienne des résultats à la hauteur de ses attentes. Autant que possible, elle se fournit chez des producteurs régionaux, via la sélection d’Intermarché ou en direct, avec les sauniers, par exemple, pour le sel et le caramel. Côté recettes, elle mise sur des valeurs sûres – le tout-chocolat, le préféré des enfants, le chocolat-fleur de sel, très couleur locale – mais rivalise aussi d’inventivité dans la gourmandise, avec un cookie au beurre de cacahuètes, à ce jour leur meilleure vente, grâce à l’insert fondant au beurre de cacahuètes qui donne furieusement envie d’y revenir. D’autres variantes sont à découvrir – pistaches torréfiées, matcha au chocolat blanc et noir, pour des papilles exploratrices qui ne seront pas déçues.
Un essai à transformer
La camionnette rose de Cook’île de Ré sera sur le marché de Loix tout l’été. On trouve également des sachets de leurs mini-financiers au Café littéraire de la librairie Quillet, dans la zone artisanale. Cette première saison est un essai. S’il est concluant, elles reviendront pendant les vacances scolaires, chacune poursuivant le reste de l’année ses études et ses projets. Lorsqu’on demande à Romane pourquoi elle n’en ferait pas son métier, elle répond qu’elle souhaite que la pâtisserie reste une passion, mais qu’elle se voit plutôt notaire. Une notaire avec une toque, et beaucoup de bonnes idées…
Cook’île de Ré – cookies artisanaux
Au marché de Loix, en juillet et en août. Les lundi, mardi, jeudi, vendredi et samedi matins
Instagram : cookiledere
Lire aussi
-
ÉconomieLa Bulle Verte, visite autonome du vignoble rétais
La coopérative Uniré propose, via l’application La Bulle Verte, de découvrir les vignes rétaises à vélo. L’une des formules inclut une dégustation dans une cabane ostréicole.
-
ÉconomieMagalie Barbas, au rythme des abeilles
Malgré une flore peu propice à la production de miel, les abeilles coulent des jours tranquilles sur l’Île de Ré, avant de se mettre au boulot de l’autre côté du pont. Magalie, apicultrice de passion, fait partie de ceux qui favorisent leur bien-être et leur capacité à exister.
-
ÉconomieA Ars, une ferme pour réinventer l’aquaculture
La ferme Les Pieds mouillés, créée en mai dans les marais d’Ars-en-Ré, cultive deux raisons d’être : produire en permaquaculture, ou aquaculture régénératrice, et servir de support de formation pour développer l’aqua-écologie. Un site unique en France.



Je souhaite réagir à cet article