Un budget primitif sans marge de manoeuvre
Le budget primitif 2026 a été voté le 11 mai au terme d’un long conseil municipal de trois heures, marqué par des débats sur la gestion financière de 2025.
C’était l’objectif principal de ce Conseil municipal : adopter, enfin, le budget primitif 2026 de la commune. Mais l’approbation du compte financier unique de l’exercice 2025, étape obligatoire avant l’adoption du budget 2026, a entraîné une passe d’armes entre majorité et opposition. Après avoir pointé du doigt un résultat de clôture déficitaire de près de 490 K€ en investissement, Françoise Laslier, 3e adjointe déléguée aux finances, a interpellé directement la maire sortante, Lina Besnier. « Pouvez-vous nous expliquer ce résultat déficitaire ? », lui a-t-elle demandé.
À la recherche d’un emprunt
« Nous avons passé plus d’une semaine à essayer de reconstituer le budget 2025 » a continué Françoise Laslier. « Et voilà ce qu’on a compris : vous avez acheté la maison de la venelle du Gué Réthais pour 282,5 K€ et il n’y a eu aucun emprunt pour la financer. Ça a été pris sur le budget de fonctionnement et donc ça a pompé la trésorerie. »
Christophe Penot, ancien adjoint de Lina Besnier, a lui aussi demandé des explications à l’ex-maire. « Nous avons voté l’achat de cette maison au conseil municipal, mais comment a-t-il été financé ? Y a-t-il eu un emprunt ? » « Oui, on a fait un emprunt », a répondu Lina Besnier. « Non », a assuré Françoise Laslier.
« Ces chiffres, c’est une photographie de 2025, mais il y avait un excédent en 2024 », s’est défendue Lina Besnier. « Quand on fait des investissements, on prend en compte le solde positif de l’année précédente. On a acheté des maisons et des commerces, et en 2025 ça nous a permis d’installer le kiné. Ce sont des investissements immobiliers qui enrichissent le patrimoine de la commune. »
« Le fait d’acheter c’est positif » lui a répondu Françoise Laslier, « mais il faut un emprunt en face. » Sans remettre en cause le bien-fondé de ces investissements, c’est donc la gestion financière de l’ancienne maire qui est remise en cause par la nouvelle municipalité.
« On a eu plusieurs surprises », nous explique en fin de séance Françoise Laslier. « Notamment le fait que sur cet achat il n’y ait pas eu d’emprunt effectué et qu’on ait utilisé le budget de fonctionnement. Mais c’était aussi un budget sous-évalué. Le budget primitif aurait demandé à être suivi pendant l’année et à avoir des demandes de modifications budgétaires. »
Budget prudent
« On a presque refait le budget 2025 », estime le maire Christophe Penot. « En tant qu’adjoints, nous avions très peu d’informations budgétaires. Alors depuis qu’on a été élus, on a essayé de reconstituer la situation financière de 2025 et on s’est aperçu effectivement qu’il y a eu des choix qui ont amputé la capacité de financement de la commune. »
En conséquence, le budget 2026, qui s’élève à 1,3 M€ en section d’investissement, reste « très prudent », « faute de marges financières ». « Il vise à reconstituer les capacités de financement de la commune. On a notamment retiré la réfection de la rue du Clos qui s’élevait à 177 K€, et une étude de l’UNIMA pour 26,5 K€ qui concernait un projet trop onéreux et techniquement pas très pertinent. »
200 K€ sont tout de même provisionnés pour l’achat du terrain de la Madeleine. Et des investissements sont prévus pour mieux équiper les services techniques, comme l’achat d’un camion-citerne, la nouvelle municipalité s’étant engagée à mieux fleurir la commune, et une laveuse pour la salle du Godinand. L’achat d’une petite parcelle sur le carrefour de l’Ormon pour 10 K€ a également été voté afin de pouvoir réaliser un meilleur aménagement routier et quelques places de parking.
Le budget primitif de fonctionnement, lui, s’élève à 2,4 M€, et comprend 605 K€ de virement à la section d’investissement afin de combler en partie le déficit de 2025. Celui de l’écotaxe, sans surprise, reste stable et s’élève à 125,4 K€ en fonctionnement.
Débat sur les subventions
Ce Conseil Municipal a également permis de voter les conventions 2026 liant la commune à l’ONF pour un montant total de 36,3 K€, ainsi que la participation financière au SIVOS à hauteur de 85 K€ et les subventions aux associations pour un montant total de 12,93 K€, réparties sur seize structures.
Chaque subvention aux associations a été décortiquée par les élus. Gilles Audebert et Lina Besnier ont manifesté leur opposition à plusieurs d’entre elles. Ils ont voté contre deux subventions : celle accordée à Jazz au Phare (2000€) qui est « en difficulté financière » selon Christophe Penot, car, selon Lina Besnier, « ils n’ont pas de problème particulier de trésorerie » ; et contre celle accordée à la nouvelle radio associative Rédio Sillon (1000€). Ils se sont abstenus sur celles accordées à Label Oyat pour l’organisation de l’Automne des Baleines (1000€), à La Mer écrite pour l’organisation d’un nouveau festival de théâtre (500€), et à une toute nouvelle association, La tribu récréative, pour l’animation de quatre marchés nocturnes cet été (1500€).
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