Sports

Sécurité et circulation

Tour de France : anticiper les difficultés de circulation

Carte du dispositif de Saint-Martin de Ré
Publié le 24/08/2020

La préfecture de Charente-Maritime a dévoilé le 20 août le détail des modalités de circulation durant le Tour de France, les 7, 8 et 9 septembre

A trois semaines du passage du Tour de France en Charente- Maritime, la question est sur toutes les lèvres : comment va-t-on pouvoir circuler ? « On a essayé de limiter au maximum l’impact des fermetures des routes et des ponts. Mais il va falloir que les gens regardent les cartes détaillées sur le site du Département ou de la Préfecture, pour prendre leurs dispositions (cf note) », a expliqué le préfet Nicolas Basselier le 20 août à l’occasion de la signature de l’arrêté fixant les modalités de passage du Tour en Charente-Maritime.

On savait déjà que les ponts d’Oléron, de la Seudre, du Martrou et de Ré seraient fermés le 8 septembre, ainsi que plusieurs départementales. La nouveauté réside dans les horaires. La préfecture a découpé le circuit en plusieurs tronçons, dont les horaires d’inaccessibilité varieront en fonction du passage du tour (cf la carte). Les viaducs des deux îles resteront ainsi les plus longtemps fermés à la circulation : un peu plus de sept heures tous les deux. La D26 et la D728 seront inaccessibles de 9h à 16h10 du Château d’Oléron jusqu’au rondpoint de Marennes. La D735 et la D201, via le pont de Ré, seront fermés de Sainte-Marie de Ré jusqu’à l’entrée de la rocade rochelaise de 12h à 19h30. Le record d’inaccessibilité est détenu par Saint-Martin de Ré, dont la D201 restera fermée de 3h du matin à 22h.

Pour l’échappée du 9 septembre, c’est surtout la D202 et la D111 qui vont être concernées entre Châtelaillon et La Jarne, de 9h à 16h10. Une subtilité à noter : des routes connexes au tracé officiel, ainsi que des carrefours et des giratoires, pourraient être également fermés, du moins partiellement, en fonction des déviations. Elles ne sont pas forcément connues aujourd’hui. Pour les personnes appelées à se déplacer, pensez à regarder la veille les cartes interactives sur les sites du Département ou de la Préfecture, qui sont régulièrement mises à jour.

Une gestion de bon sens

Dans les villages de départ et d’arrivée, l’objectif est de pouvoir respecter une jauge de 5000 personnes, pour être en règle avec les mesures sanitaires imposées par l’Etat. Problème : il faut déjà compter les 1500 personnes du Staff et des accrédités qui suivent le tour (partenaires, sponsors, médias). ASO a beau avoir réduit de 40 % ses accrédités, la mesure abaisse tout de même à 3500 le nombre de spectateurs à l’intérieur des villages. L’accès aux coeurs de villes sera donc fermé, pour ne laisser que deux entrées. Elles seront fléchées au départ des parkings en entrée de ville. Si un accès vélo sera possible sur l’île d’Oléron via le littoral, les pistes cyclables seront fermées aux abords de Saint-Martin-de-Ré. Sur les deux îles, il sera possible de rallier les villes étapes grâce à des navettes, qui s’arrêteront notamment aux parkings dédiés. Le comptage des spectateurs, lui, va se faire à l’ancienne (exit les portiques évoqués début juillet), par des personnes placées aux entrées. « La complexité de la chose, ça va être de faire la différence entre un habitant du coin qui traverse pour aller chercher du pain et un spectateur qui va rester. Ça va demander du bon sens », explique Michel Parent, le maire du Château d’Oléron. Pour le maire de Saint-Martin, une chose est sûre : « On n’empêchera personne d’aller travailler ». Concernant le fan park de Chatelaillon, la situation sera moins complexe à gérer, puisque l’ensemble des festivités se concentre à l’hippodrome, lieu déjà ceint par des murs et avec des entrées définies. Ici, la jauge sera de 1500 personnes.

Mobilisation de la sécurité civile

Pour le reste, le préfet rappelle qu’il sera nécessaire de respecter les règles habituelles régissant le Tour de France : ne pas empiéter sur la chaussée, ne pas traverser la route du Tour, ne pas se déplacer au moment du passage des coureurs, rester derrière les barrières, tenir son chien en laisse, surveiller ses enfants… Bref, essentiellement du bon sens.

Côté forces de l’ordre, les services de l’Etat ont mis l e paquet. 1300 agents de la sécurité civile sont mobilisés : 700 gendarmes dont des brigades mobiles nationales, 200 policiers, 200 pompiers, 50 personnels du SAMU, une centaine de secouristes, ainsi que les personnels de préfecture. Ils seront appuyés techniquement par une douzaine d’embarcations en mer et trois hélicoptères, un de la Marine, un de la gendarmerie et bien sûr le Dragon 17.

ASO aura également ses propres agents sur le terrain, pour la sécurité et le comptage, mais aussi et surtout pour le sanitaire. Des jeunes gens ont été recrutés pour distribuer du gel hydro alcoolique et des masques. ASO viendra d’ailleurs avec son propre camion de dépistage de la Covid-19, « pour ne pas saturer les laboratoires des territoires traversés ». L’objectif premier est de pouvoir tester toutes les personnes qui suivent le tour d’une étape à l’autre, mais aussi les accrédités, voire les visiteurs qui rentrent dans les villages. Ce labo mobile a une capacité de tests PCR de 50 à 60 personnes par jour, avec des résultats quasi immédiats.

Pour consulter les cartes détaillées du tracé et des fermetures de voieries :
la.charente-maritime.fr/tour-de-france et sur www.charentemaritime.gouv.fr (lien direct sur la page d’accueil)

 

Et l’environnement dans tout ça ?

Régulièrement critiqué pour son impact environnemental, le Tour de France a dû s’adapter au patrimoine naturel de notre département et à sa quarantaine de zones Natura 2000. A la demande des collectivités, ASO a notamment adapté ses gadgets publicitaires en réduisant considérablement l’usage du plastique et des emballages. Des distributions de sacs poubelles et des collectes de déchets seront mises en place. Le personnel du Tour passera après la course pour ramasser les déchets qui resteraient à terre. Concernant le tracé, ASO a dû réaliser une étude d’impact préalable concernant les zones sensibles du territoire. Aux endroits considérés comme les plus fragiles, la distribution des objets publicitaires sera suspendue et les haut-parleurs n’auront pas droit de cité.

ASO affirme également avoir pris en compte la prévention des risques incendie, le Tour passant notamment par la forêt de la Coubre. Les EPCI concernées par le Tour de France, à l’instar de la Communauté de Communes d’Oléron et de la CARA, ont préparé des panneaux de sensibilisation aux milieux fragiles comme les marais ou le long du littoral. Objectif : encourager les bons réflexes pour lutter contre la pollution.

Anne-Lise Durif

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