Pour une Île de Ré résiliente
Jeudi 6 avril, Destination Ile de Ré recevait ses partenaires pour une journée d’échanges centrée sur le développement durable.
Et vous, où en êtes-vous ? Sous forme de devinette, cette question pourrait résumer le message porté par la SPL rétaise à l’adresse de ses partenaires. Où en êtes-vous côté gestion des déchets, économies d’eau et d’énergie, gaspillage alimentaire, sensibilisation de vos personnels et clients… ? Non pour faire la leçon à des professionnels parfois tout juste entrés dans la démarche ou peut-être pas encore, mais plutôt pour évoquer les problèmes rencontrés, montrer des exemples qui marchent, ouvrir les perspectives, mobiliser, motiver, et inciter chacun à faire le point.
Le matin, ateliers interactifs
Les partenaires présents (ou représentés) étaient une centaine, comprenant 40 hébergeurs (tous types confondus), 20 commerces et services, 20 activités de loisirs (surf, vélos etc.), 6 associations et 13 élus et institutionnels.
Après café d’accueil et discours d’ouverture, trois ateliers envisageaient le thème principal sous des angles différents : le tourisme durable est-il une opportunité d’économies, tourisme et biodiversité sont-ils incompatibles et enfin vivre sur une île, n’est-ce pas être encore plus concerné par la gestion de l’eau. Des questions concrètes permettant à chacun de se situer face à des enjeux majeurs pour le territoire (et pour la planète).
Non au sur-tourisme !
Dans sa brève intervention, Lionel Quillet affirme les choix politiques de la CdC. « La question des saisonniers est une vraie difficulté et pas seulement sur le logement. Pourtant, les propositions sur l’Ile de Ré sont plutôt correctes », constate-t-il. Sur le logement, « la CdC s’est mise sur le dossier », poursuit l’élu, évoquant la mise en place de partenariats pour une stratégie de logement chez l’habitant doté d’une ligne téléphonique intercommunautaire. « Il y a des volontaires », assure-t-il. Une solution s’ajoutant aux possibilités communales. « Je ne peux pas forcer les communes mais j’ai un jeu plutôt solidaire. L’Ile de Ré est une marque, nous la défendons ensemble, nous faisons le maximum mais ce n’est pas encore suffisant », reconnaît-il.
Autre sujet abordé, la fréquentation touristique. « Il y a un moment où on va dépasser le seuil qualité/quantité et tout le monde va y perdre », affirme Lionel Quillet. Au regard du panier moyen dépensé par nos visiteurs, la stratégie communautaire est donc de « garder la qualité et de préserver les ressources ». Ce sera donc « non à plus d’urbanisme, non au développement effréné des routes et aéroport ». « Nous ne ferons qu’avec le nécessaire et l’existant, nous voulons un tourisme raisonné, environnemental, durable et qualitatif », conclut-il.
Paroles de pros
Rien de mieux que les interroger. Non pour savoir ce qu’ils ont pensé de cette journée mais bien où ils en sont justement. Qu’en est-il par exemple pour AquaRé, par nature gourmand en eau et en énergie ? « A l’occasion de la Journée Mondiale de l’Eau, nous avons fait des affichages pour mieux la consommer », raconte le Directeur du centre aquatique, Guillaume Sellier. A destination des adultes et enfants, cette campagne interne d’information a été complétée par des activités liées à l’eau de manière intelligente. Sur l’énergie, Guillaume fait en sorte de « baisser l’intensité de la lumière dès que possible ». « De toute façon, nous avons des objectifs fixés par Equalia ». Car la société gestionnaire du centre s’engage sur la consommation d’énergie, « – 8% cette année », précise Guillaume ajoutant avoir un suivi chaque semaine des directeurs techniques nationaux.
Au Bois-Plage, Anne Latour, propriétaire de l’hôtel restaurant l’Océan « est en pleine installation d’une démarche ». Mais des gestes sont déjà en place : citerne de récupération de l’eau de pluie pour arroser le jardin, tri des déchets et sensibilisation auprès des clients, gourdes en verre dans les chambres, à remplir dans une fontaine à eau par les clients, absence d’huile de palme côté alimentaire… En cours, le changement des radiateurs, un équipement pour déchlorer l’eau de la piscine pour « pour arroser le jardin », précise Anne Latour, en quête de toutes les pistes et aides possibles pour accompagner sa mutation.
A Saint-Martin, La Baronnie Hôtel & Spa**** est dedans depuis deux ans. « C’est beaucoup de travail mais il faut le faire », assure Florence Pallardy, en démarche avec l’ADEME*. « Suite au diagnostic, une 1ère tranche de travaux a été faite en 2022, la seconde portera sur l’électrique », explique-t-elle. Au quotidien, les éclairages extérieurs sont déjà en LED, l’eau en bouteille en verre, les produits du petit-déjeuner au maximum bio et local, les écopompes de savon, shampoing et crème, remplacent cette année les doses et leur quantité d’emballages plastiques…
De grands travaux aux gestes du quotidien, il y a tant de choses à changer… Trop exigeant, coûteux ? Oui… et non. Comme nous l’a montré la conférence orchestrée par le cabinet Butterfly sur le thème « Etiquette environnementale & RSE** », cette mutation (incontournable) est aussi un formidable levier, d’économie(s), plus vertueuse et porteuse d’un sens de plus en plus recherché côté ressources humaines, quand ce ne sont pas les clients eux-mêmes qui l’exigent.
Au final, pour les pros comme les particuliers, l’essentiel n’est-il pas d’agir ? En plusieurs étapes, selon ses moyens, c’est sûr, on a tous des choses à faire ou à améliorer.
*ADEME – Agence de L’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie
**RSE – Responsabilité Sociale des Entreprises
La Région innove pour un tourisme « bas carbone »
En partenariat avec l’ADEME, le Comité Régional de Tourisme (CRT) a expérimenté l’année dernière une offre de séjours plus responsables car « bas carbone », privilégiant transports en commun, mobilités douces avec une mise en avant des prestataires locaux engagés. Après la création de 25 offres centrées sur les secteurs Bordeaux-Gironde et Pays Basque, le projet devrait bientôt faire des petits sur toute la Région. Autre innovation, la création d’un calculateur des émissions GES, permettant de mesurer les impacts de la trajectoire carbone du tourisme régional. Actualisable et paramétrable, ce calculateur est « en accord avec la Feuille de route régionale Tourisme Durable et la Stratégie nationale bas-carbone ».
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