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Isabelle Cailleteau teste le chanvre entre deux vignes
Isabelle Cailleteau, viticultrice à Sainte-Marie-de-Ré, a semé du chanvre. Si l’essai est peu concluant cette année à cause du manque de pluie, l’objectif est de produire des graines pour l’alimentation humaine.
Dans sa parcelle de 0,1 hectare, à côté du camping Huttopia côte sauvage à Sainte-Marie-de-Ré, Isabelle Cailleteau constate : « je ne vais pas récolter le chanvre cette année, il n’y aura rien. » Là, des plants d’un mètre, disparates et quelques autres de deux mètres. Semée début mai, la culture peine à pousser. La faute à la quasi-absence de pluie depuis, mais aussi aux goélands « qui viennent se poser dans le champ et écrasent les cultures », explique la viticultrice lors d’une visite de sa parcelle de chanvre, organisée mardi 4 août par Ré nature environnement (le fils d’Isabelle, Damien Mortier, fait partie du conseil d’administration de l’association).
Ne pas laisser les sols nus
Contexte : Isabelle Cailleteau cultive 35 hectares de vignes, qu’elle livre à la coopérative Uniré pour la production de Cognac, Pineau et vin de pays. Quand elle arrache ses pieds de vigne, tous les vingt-cinq ans, elle laisse la terre en friche pendant trois ou quatre ans. Alors que la filière Cognac est en crise depuis plusieurs années, la productrice pense à se diversifier : plutôt que de laisser ses sols nus, elle réfléchit à une culture qui réponde aux enjeux climatiques, peu gourmande en intrants, produits phytosanitaires ou encore en matériel.
Elle découvre le chanvre en 2020, grâce à l’association du chanvre mellois qui valorise aussi bien du chanvre à destination du secteur du bâtiment que des graines – chènevis – pour l’alimentation humaine ou animale. Convaincue par l’intérêt agronomique et économique de la culture, elle décide d’essayer. « Ça a pris du temps, car il m’a fallu les autorisations, prévenir la gendarmerie et la police, contacter la DREAL* », liste, entre autres, Isabelle Cailleteau. Elle intègre en parallèle Chanvre Nouvelle Aquitaine avec qui elle signe une charte d’engagement qui impose une production sans produits chimiques, dans le respect de la biodiversité. L’association assure aussi la promotion de la culture pour aider les producteurs à la vendre en direct sur l’ensemble de la région.
Essai 1 en 2024 Elle lance ainsi son premier essai en 2024.
« J’ai semé 15 ares, qui avaient bien poussé car nous avons eu de l’eau. » En revanche, « le chanvre a été remis au sol car la surface était insuffisante pour le transformer ». En 2025, Isabelle Cailleteau est malade. Mais elle retente début mai 2026, « car la météo annonçait de l’eau dans les jours qui suivaient. Pour que le chanvre démarre, il faut que le sol soit propre, à 12°C et une quantité d’eau raisonnable au semis, entre 15 et 20 mm, ce qui n’a pas été le cas cette année », insiste-t-elle. Le chanvre sera finalement détruit fin août et restitué au sol. « Ce n’est donc pas une perte en soit. L’investissement aura été d’environ 500 €. »
Essai 3 l’an prochain
Dans l’idéal, le chanvre peut produire 600 kg/ ha de graines et 7 t/ha de fibres.
« Je peux demander à un voisin qui a une moissonneuse batteuse pour récolter les graines. Ensuite, elles doivent être séchées dans les deux heures qui suivent afin qu’elles soient catégorisées en alimentation humaine », précise Isabelle Cailleteau. Dans son cas, ce sera soit sur place, soit à Melle où il y a également une unité de défibrage. L’an prochain, la viticultrice envisage de semer un hectare. Mais avant, elle prévoit de « faire un essai de couverts végétaux à base de légumineuses, au début de l’automne qui pourra apporter de l’azote au printemps prochain. Et surtout, de semer le chanvre plus tôt, maximum fin mars ».
*DREAL : Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement.
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