Territoire

Edito

Quel avenir pour l'île de Ré. Pour une vision collective partagée du territoire, afin de dépasser les tensions

Mon île adorée, que deviens-tu ?

Publié le 18/08/2015

Si la musique est censée adoucir les moeurs, ce n’est pas toujours le cas comme peuvent en témoigner les tensions de toutes sortes qui se sont fait jour en cet été 2015 sur l’île de Ré, malgré les festivals de musique classique et de jazz qui enchantent des publics nombreux et variés.

L’île de Ré vit à plusieurs vitesses – bien plus en période estivale qu’en hiver – et sans doute des passerelles, celles évoquées par PPDA lors de l’ « île aux Livres » au Bois-Plage, sont-elles à créer ou à recréer entre tous. Les antagonismes font rage, entre la plupart des résidents rétais de souche ou de coeur, qui aimeraient que leur île puisse vivre à l’année, sans être sans cesse plus entravée, et certaines associations et quelques résidents permanents ou secondaires, une poignée d’ « empêcheurs de tourner en rond », qui entendent imposer à coups de recours, de plaintes ou parfois de menaces… leur vision de l’île de Ré, quitte à aboutir au contraire de l’effet recherché. Sans compter le gaspillage financier qu’ils génèrent.

Car enfin, quand des Rétais, quand des jeunes, quand des familles, quand des entrepreneurs…. sont obligés d’aller s’exiler sur le continent, parce qu’ils ne trouvent plus à se loger, à travailler dans des conditions normales, ou à gagner leur vie sur la terre qui est la leur ou qu’ils ont choisie, quel est l’avenir qui se profile pour les vacanciers et résidents secondaires, les premiers à apprécier une île animée, avec des services et des infrastructures de proximité ?

L’Etat au travers du PPRL et des multiples pressions exercées sur ce petit territoire « politiquement incorrect » car il fait de la résistance, a aussi une grande part de responsabilité, tout comme les quelques lobbyistes qui n’ont de cesse d’intriguer dans les couloirs des Ministères. Comment d’ailleurs expliquer de façon objective la position du Tribunal Administratif de Poitiers, qui s’est prononcé pour l’annulation du SCOT tout entier, pour de simples vices de forme, désavouant ainsi – fait rarissime – le Rapporteur Public membre de ce même Tribunal ? Est-ce cela la « démocratie » ?

Il est largement temps que chacun fasse un pas vers l’autre, pour que « collectivement » l’île de Ré toute entière réagisse, et que les visions enfin convergent. Utopique ? Sans doute un peu. Ce qui est certain est que nos élus, certes perfectibles, mais déterminés et responsables, renouvelés il y a un an avec des taux électoraux compris entre 55 et 75 % (ie la vraie « démocratie »), se trouvent à la croisée des chemins et que certains d’entre eux pourraient bien, s’ils ne se sentent plus suffisamment portés par les Rétais, baisser les bras. « L’irresponsabilité » et le « déni de démocratie » de quelques-uns s’arrêtent là où commence la liberté voire la survie des autres…

C’est pourquoi, au milieu des sujets légers et forts agréables de l’été, nous publions deux longues interviews, celle du président de la Communauté de Communes, Lionel Quillet, et celle d’un entrepreneur issu d’une vieille famille rétaise, Denis Chatin.

Connus de tous, leurs visions ne sont pas nécessairement les mêmes, mais apportent des éclairages sur le ras-le-bol ambiant. Chacun détient sa part de vérité, seuls le dialogue et un sens partagé de la responsabilité pourraient faire que toutes nos vérités individuelles convergent vers un projet partagé pour une île que nous aimons tous.

Nathalie Vauchez

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