Territoire

Edito

île de Ré : L'Atlantide (nouvelles cartes d'aléas)

« L’île de l’Atlantide »

Publié le 10/11/2014

C’est l’histoire d’une île qui disparut sous la mer en un seul jour… et de Maires déconfits et meurtris qui ont découvert impuissants l’arbitrage rendu par l’Etat dans le cadre des cartes d’aléas très attendues des Rétais. Outre le sentiment d’avoir été – comme en juin 2013 – floués par un « simulacre de concertation » et des engagements du Ministère non tenus, c’est l’incompréhension et un fort goût d’amertume qui prédominaient après le comité de pilotage de la révision du PPRL du 6 novembre dernier.

Car enfin comment expliquer aux Rétais, notamment à ceux du Nord de l’île, que là où Xynthia n’avait pas submergé les terres ni même amené une goutte d’eau les soi-disant très sérieuses modélisations du cabinet d’études Artélia – qui n’aurait jamais franchi le pont de Ré – simulent 1,20 m à 1,40 m d’eau, en plein centre de village comme aux Portes ? Comment justifier que des centaines de millions d’euros d’argent publique soient investis dans la construction et l’entretien de digues déclarées faillibles et incapables de jouer leur rôle de protection des personnes et des biens ?

L’arbitrage « purement politique » du Ministère de l’Ecologie, en plein « syndrome de La Faute-sur-Mer » – et qui n’entend pas créer de « jurisprudence île de Ré » – en faveur d’une surinterprétation du risque de submersion et d’une application maximaliste de la circulaire de juillet 2011, hypothèque gravement l’avenir de l’île de Ré. La CdC et les Maires ayant d’ores et déjà déclaré qu’ils instruiraient les permis de construire sur la base de leurs cartes d’aléas adossées à une modélisation et des études très poussées, il faut s’attendre à ce que l’urbanisation et le développement de l’île de Ré soient in fine arbitrés par les Juges.

Or, à l’aune des récents jugements rendus, les avocats de l’île de Ré sont très confiants sur les issues juridiques de ce bras de fer avec l’Etat, qui, au fil des jugements rendus, risque d’être confronté à une jurisprudence qui deviendra de facto nationale. Malheureusement les délais induits par une telle « judiciarisation » seront fatals à nombre de professionnels rétais, déjà très fragilisés.

Une fois encore, seule la solidarité des Rétais et des dix communes permettra de surmonter ce nouveau coup dur, l’île de Ré ayant eu à en affronter bien d’autres dans son Histoire.

 

Voir le dossier PPRL et cartes d’aléas de l’île de Ré

Nathalie Vauchez

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Vos réactions

  • Rodolphe
    Publié le 11 novembre 2014

    De qui parle-t-on ?

    Dans votre article vous nous parlez des Rétais, vous voulez certainement parler de Rétais (de cœur) les seuls que l’on entend ou qu’on lit dans la presse écrite ou télévisuelle. Les seuls qui ont suffisamment d’argent pour acheter des terrains sur les Portes, les seuls qui ont détruit le petit bois de trousses chemise cher au cœur de Mr Aznavour et aux notre afin de construire des bâtisses avec des enceintes dignes du pénitencier de St Martin. Les seuls qui sont assez sots ‘’mais c’est la mode’’ pour faire creuser des piscines, alors qu’ils ont pratiquement les pieds dans l’eau ! La cause ? Certainement pour éviter de se mélanger avec les petites gens ! Vous voyez nous les Rétais de souche, nous les Rétais silencieux pas par nature mais par snobisme de votre part et bien nous avons eu l’intelligence de construire nos maisons prêt des bourgs, comme nos parents et les parents de nos parents. Réfléchissez un petit peu Mesdames et Messieurs les soit distantes têtes pensantes. Pourquoi nos anciens ont construits les villages aux endroits où ils se trouvent ? Tout simplement parce qu’ils n’avaient pas besoin de cabinet d’expertise pour savoir où étaient les zones insondables et ils respectaient la nature, l’argent n’était par leur leitmotive contrairement à vous nos élus de tous bords ! Et vous croyez que nous les Rétais de souches nous allons plaindre vos chères, très chères Rétais de cœur ?

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    • impertinent17
      Publié le 23 novembre 2014

      Rodolphe, votre raisonnement pourrait être recevable, mais demandez donc aux habitants de La Flotte, qui « ont eu l’ intelligence de construire dans le bourg » près du port et qui se sont retrouvés avec 1.5 m d’eau en Février 2010 ce qu’ils en pensent.
      Pourtant le port et son environnement existent depuis des siècles. Ses habitants permanents, sans piscine, manifestent aussi. !!!!

  • rodolphe
    Publié le 28 novembre 2014

    Réponse à impertinent17.

    Je suis d’accord avec vous. Dans la grande majorité des personnes mécontentes, il y a aussi des exceptions qui ont mon soutiens et toute ma compassion, il ne faut pas que ces hommes et ces femmes, dont vous parlez prennent mes écrits à leurs comptes. Je parle d’une certaine catégorie de nantis qui eux se reconnaitrons aisément, j’ai même fait un article sur le facebook Rétais dans ce sens. Je dénonce simplement tous ces bobos qui, avec la complaisance et l’incompétence de certains élu(e)s ont construit n’ importe où, leur but ? S’isoler des petites gens, quitte à défigurer notre cher Ile, en rasant le bois de trousse chemise par leurs immenses bâtisses entourés d’enceintes digne du pénitencier de Saint Martin. Maintenant qu’ils sont dans la situation que l’on connait, je devrais les plaindre ? Que ces gens-là Monsieur, on ne les plaint pas, on ne les plaint pas.

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