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« L’île de Ré, territoire calme », fait l’objet d’une grande vigilance

© Nathalie Vauchez - D’importants moyens ont été ce jour-là déployés tout autour du rond-point du Gros-Jonc, parmi lesquels les toutes nouvelles motos « VTR » : 40 % du parc de l’escadron départemental de la sécurité routière va être renouvelé
Publié le 18/08/2020

On se doute que l’affluence estivale en Charente-Maritime et spécifiquement sur l’île – la population passe de 18 000 habitants à 180 000 personnes – constitue chaque année un défi de taille pour les forces de sécurité départementales

Le 6 août le sous-préfet Pierre Molager et le commandant du groupement départemental de gendarmerie, Bruno Makary sont venus présenter le dispositif estival de renfort des effectifs, en Charente-Maritime et sur l’île de Ré, en présence de Lionel Quillet et Patrick Rayton.

Si pour Pierre Molager « la responsabilité individuelle constitue la meilleure sécurité », les actions des gendarmes sont es sent iel les pour permettre à tous de cohabiter. La confiance n’exclut pas le contrôle… Lionel Quillet a de son côté décrit l’île de Ré comme « un territoire calme, mais sur lequel la tension monte vite ».

Le Colonel Makary a dû dès mars/avril, en plein confinement, se projeter sur l’été 2020 pour décider de l’effectif du renfort estival. Pas évident alors d’anticiper la fréquentation très soutenue de cet été. C’est pourtant ce qu’il a fait, décidant de maintenir le renfort estival classique constitué de 180 militaires pour la Charente-Maritime (96 gendarmes mobiles, 66 réservistes jours, ainsi que des effectifs de brigades d’autres départements). Parmi eux, 36 sont affectés le temps de l’été à l’île de Ré, venant compléter les 19 gendarmes présents à l’année. Il en a profité pour remercier l’action budgétaire des élus rétais, qui mettent à disposition gracieusement chaque été le local de gendarmerie temporaire de La Couarde, ainsi que les logements du Préau à Saint-Martin de Ré.

Des actions fortes de prévention et de verbalisation

Sur juillet 2020, les statistiques de fréquentation en Charente-Maritime révèlent une progression de + 1 % par rapport à juillet 2019, mais + 12 % d’appels (130 000) au centre opérationnel de gendarmerie et + 5,5 % d’interventions. Celles-ci concernent à 70 % du tapage nocturne, lié à la désinhibition post-confinement, mais aussi des rixes, le plus souvent dues à l’alcoolisation. Les atteintes aux biens et les vols de vélos – ces derniers ont été divisés par deux sur l’île de Ré – ont fortement diminué, les cambriolages ont baissé de 35 % sur le premier semestre 2020.

Les opérations de contrôle sur les routes et aux abords des pistes cyclables demeurent un axe fort. On se rappelle des accidents mortels à vélo de l’été 2018 et en voiture de l’été 2019. La sécurité à vélo reste d’ailleurs un axe prioritaire de la politique de sensibilisation et prévention en Charente-Maritime, qui semble commencer à porter ses fruits au regard des 200 verbalisations de cyclistes de janvier à juillet 2020, contre 530 sur l’ensemble de l’année 2019. Celles-ci restent toutefois nombreuses : cyclistes alcoolisés, téléphone à l’oreille, et autres infractions dangereuses peuvent être constatées au quotidien sur et en dehors des pistes cyclables. La cohabitation vélos/voitures est parfois problématique.

Évidemment la prévention des accidents de la route constitue un point de vigilance extrême, et contrairement à ce que certains se plaisent à penser, 75 % des décès liés à des accidents de véhicules motorisés en Charente-Maritime concernent des habitants de la Charente-Maritime, 66 % des personnes décédées habitaient à moins de 15 km du lieu de l’accident… Les opérations de contrôle sont concentrées sur les tranches horaires les plus accidentogènes : le matin tôt et le soir. On le comprend, le contrôle des routes est d’autant plus décisif qu’il induit de facto un contrôle des mobilités permettant de détecter des individus recherchés ou encore la consommation de stupéfiants.

D’importants moyens humains et matériels

Ce point presse fut l’occasion pour Pierre Molager, secrétaire général de la préfecture, de rappeler que certains établissements de nuit en Charente- Maritime, dont spécifiquement un sur l’île de Ré, ont fait l’objet d’avertissements répétés pour tapages, nuisances, rixes, dernière étape avant une fermeture administrative… Le Colonel Makary a tenu à souligner la coopération qui se fait en bonne intelligence, toute l’année, avec les polices municipales, en termes d’échanges d’informations et d’opérations communes de contrôles, permettant un niveau de sécurité élevé. Le jour de ce point presse, une vaste opération inopinée de contrôle a eu lieu au rond-point du Gros-Jonc, point clé du réseau routier et cyclable de l’île. L’occasion de montrer aux médias les importants moyens humains et matériels déployés. Impressionnant effectivement.

Nathalie Vauchez

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