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Disparition du canton de Saint-Martin : « Une décision incompréhensible »
Si l’on savait depuis longtemps que les cantons de l’île de Ré allaient fusionner en un seul, c’est à la surprise générale que Sainte-Marie-de-Ré a été retenue comme bureau centralisateur dans le nouveau découpage, en lieu et place de Saint-Martin.
Le maire de cette commune, Patrice Déchelette, ne cache pas sa stupéfaction et son mécontentement face à « une décision incompréhensible », marquant une méconnaissance du territoire.
Les cantons sont le territoire d’élection des conseillers généraux, siégeant à l’assemblée départementale. En application de la loi du 17 mai 2013, la nouvelle carte cantonale de la Charente-Maritime a été publiée dans le cadre d’un projet de décret. Le choix de Sainte-Marie (3 186 habitants) comme bureau centralisateur (on ne dit plus chef-lieu de canton) s’appuierait sur une doctrine officielle conduisant à désigner la commune la plus peuplée et non celle disposant d’une légitimité historique.
Rayer d’un trait de plume des siècles d’histoire
Or, Saint-Martin (2 526 habitants) revendique son rôle de capitale historique et administrative de l’île de Ré et de siège des services publics. Nouvelle gendarmerie, collège de 550 élèves, hôpital et soins de suite, EHPAD, siège de la Communauté de Communes, Trésorerie, passeports, figurent parmi les services qu’elle assure pour toute l’île, ainsi que les équipements collectifs tels que la piscine intercommunale et la Halle des Sports. Saint-Martin profite également d’une position centrale, au contraire de Sainte-Marie.
Pour Patrice Déchelette, « On ne peut pas rayer d’un trait de plume des siècles d’histoire ». S’il n’est pas dans une logique de guerre de clochers avec sa « collègue et amie » Gisèle Vergnon, maire de Sainte-Marie, il déplore un risque de perte de subventions et surtout le mépris d’une identité locale à laquelle les habitants sont attachés.
Les élus mobilisés
« Je vais faire ce qu’il faut au niveau des recours », déclare Patrice Déchelette, qui portera la contestation devant le Conseil d’Etat. De son côté, le Conseil municipal prendra une délibération le 20 janvier, tandis qu’une session extraordinaire du Conseil Général se tiendra le 24. Son Président Dominique Bussereau, se déclare « fermement opposé » à ce redécoupage qu’il considère comme une atteinte aux territoires rurauxet invite le maire à contester le décret. Le député Olivier Falorni a quant à lui fait un courrier au Ministre de l’Intérieur Manuel Valls. Malgré ces soutiens, le maire de Saint-Martin se sent « démuni ».
Cette levée de boucliers traduit un attachement des gens aux structures administratives historiques, qu’on a déjà pu constater avec la fronde contre la suppression des numéros de départements sur les plaques d’immatriculation.
Le projet de redécoupage de la Charente-Maritime limite les inégalités démographiques entre cantons, passant d’un rapport de 6,97 à 1,56 seulement. Avec 17 926 habitants, le nouveau canton de l’île de Ré justifie son écart par rapport à une moyenne de 23 049 par sa spécificité insulaire et le respect de l’intercommunalité. Le projet vise également à respecter l’unité communale.


Mars 2014 : On apprend que la mobilisation a abouti. Saint-Martin sera le bureau centralisateur de l’île de Ré dans la nouvelle carte des cantons de Charente-Maritime.
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