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- AG de l'association pour la protection des sites de Saint-Clément des Baleines
Christophe Penot répond aux questions de l’APSSC
Le 17 août dernier le maire de Saint-Clément des Baleines a abordé différents sujets de préoccupation des adhérents de l’association villageoise, présidée par Marie-Christine Hiva.
La lutte contre l’érosion
En matière d’érosion, Christophe Penot a rappelé que sur la base d’une étude globale qu’elle a diligentée, la Communauté de Communes de l’île de Ré a repris à sa charge la gestion locale de la bande côtière. « Il y a eu beaucoup d’investissement sur la lutte contre la submersion avec les Plans d’actions de prévention des inondations (PAPI), une étude complète a été réalisée sous la précédente mandature de la CdC pour établir un diagnostic et une stratégie de gestion locale de la bande côtière », autrement dit de lutte contre l’érosion. Les points sensibles de l’île ont été identifiés et hiérarchisés. « Lors du dernier Conseil communautaire nous avons voté un budget de 3 M€ pour les études spécifiques à chaque site. » Une sorte de marché à bons de commande, qui permettra ainsi au fur et à mesure de déclencher les commandes d’études. « L’un des soucis réside dans les ouvrages sans maître tels les épis, descentes à bateaux, enrochements. La CdC doit obtenir une concession de la part du Domaine public maritime, afin de reprendre la gestion de ces biens pour soixante ans, afin de pouvoir intervenir. »
« A Saint-Clément, les secteurs concernés par l’érosion sont principalement la plage de La Conche, la partie de côte allant du pied du sémaphore à la descente du canot de sauvetage et les deux blockhaus de la côte sauvage. Le BRGM a fait une étude de danger. A court terme, le bunker le plus au sud est en danger, à deux ou trois ans. L’autre est stable sur cinq ans. Nous allons faire une étude spécifique à ce site dès l’année prochaine. L’enrochement est sans maître et a été fait sans autorisation, il faut régulariser la situation. En parallèle, la CdC fera des études pour intervenir en 2027/2028. Encore plus prioritaire est le site partant du pied du sémaphore. Nous devons faire une convention de bien sans maître jusqu’à la descente à bateaux. Nulle part on ne peut intervenir avant l’autorisation de l’Etat. Normalement les descentes à bateaux sont prises en charge à 100 % par la commune, mais une autorisation de la CdC est sans doute nécessaire, car l’objet est de limiter l’érosion. »
Réensablement et enrochement : une efficacité mitigée
« Pour la plage de La Conche, les études sont prévues fin 2027 pour des travaux début 2028. Il n’y a pas d’enrochement prévu à La Conche, mais du réensablement, à partir de sable prélevé sur le banc du Bûcheron. », a détaillé le maire et vice-président de la CdC.
A une question posée portant sur l’efficacité des enrochements, Christophe Penot a rappelé que dans les années 1970-80 était en vogue une politique d’enrochements et épis, dont les résultats ont été controversés : s’ils stoppent le sable, ils bouleversent aussi les équilibres des courants et de la sédimentation. « Ces interventions sont désormais prescrites avec beaucoup d’études préalables ». Concernant le réensablement de La Conche, il a aussi émis un avis mitigé : « C’est du court terme, pour un coût assez important et on ne sait pas ce que le sable devient. Je vais essayer de faire bouger les choses auprès de la CdC, pour des récifs artificiels, on est en train d’essayer des récifs d’huîtres aux Portes.
Travail avec l’ONF pour réduire le risque incendie
« Saint-Clément est dans une situation un peu médiane quant au risque de feu de forêt. Nous avons interdit cet été les véhicules motorisés au Bas Rhin, avec Ars-en-Ré et à Cuny. Interdire totalement la présence humaine est utopique et les départs de feu au Bois et à La Couarde ont justement été signalés par des promeneurs. En outre, l’équipe du sémaphore a une vision sur l’ensemble du massif forestier et peut repérer les départs de fumées. Par contre, on n’autorise pas les gens à dormir dans des camions aménagés, car ils utilisent souvent des réchauds, etc. On va travailler avec l’ONF pour faire un point global, créer des bandes coupe-feu et entretenir la forêt. Il faut aussi rappeler l’obligation légale de débroussaillement. A Saint-Clément on a du retard en la matière, cela a déjà été engagé à Ars où une association de riverains mutualise les travaux faits par une entreprise. Nous prévoyons une réunion publique avec l’ONF. »
Quid des projets de logements des Ouches et de la Madeleine ?
Marie-Christine Hiva a demandé au maire de faire un point sur les projets de logements sociaux, à commencer par le controversé projet des Ouches. « A la base j’étais pour le projet, car nous avons besoin de logements sociaux. En l’étudiant de plus près j’ai vu beaucoup d’éléments pouvant poser problème : la hauteur du terrain, le coût du projet, l’accueil des Villageois et des riverains. Le projet est mis de côté, il sera réactivé ultérieurement. Notre priorité va au terrain de la Madeleine, en face du camping de La Pérouse. Je vous confirme que dans l’OAP (opération d’aménagement programmée) ne sont bien prévus que des rez-de-chaussée. Un avant-projet a été présenté en réunion publique dans la précipitation, on reprend le projet à zéro. Il faut déjà acquérir le terrain, il n’existe qu’une promesse orale, et signer un compromis pour 200 K€. le bailleur social Noalis a prévu trois T2, sept T3 et un T4. Mais il y a une parcelle en forme de triangle en vente, on pourrait l’acheter pour plus d’espaces verts et du stationnement. Sont prévus onze logements et onze places de stationnement, ainsi que trois places privées pour les actuels propriétaires du terrain. »
Concernant le planning du projet, après l’acquisition fin 2026/début 2027, une réunion publique est prévue autour du projet fin mars 2027, pour un dépôt du permis de construire en juin 2027 et un début de construction au premier trimestre 2028, pour une livraison en septembre 2028.
« En attendant la construction, on laissera ce terrain en partie en parking végétalisé, il y a déjà quinze stationnements et on doit envisager du stationnement en bord de route. », a précisé le maire.
Hauteur du projet de La Madeleine et concertation
A une intervention de Marie-Hélène Gibert sur la hauteur du projet et sa continuité en limite de village, le maire a répondu : « On n’est pas en limite de village et on est en site inscrit. On va surélever par le bas et non par le haut. On est à 4,20 mètres en côte long terme, le terrain est à 3 m, et un peu plus bas que la route. Avec un vide-sanitaire à 1,20 m et à 80 cm par rapport à la route, on est loin d’un étage complet. On est à un rez-de-chaussée + 80 cm. »
La CdC devrait apporter un fonds de concours à 30 %, principe adopté lors de la précédente mandature et le terrain sera remis au bailleur social pour un bail à 65 ou 70 ans, à l’issue duquel il sera rétrocédé à la commune. Concernant l’attribution des logements, sujet déjà évoqué avec le Secrétaire général de la préfecture, à Saint-Clément nous pourrons donner notre avis – au-delà des deux logements pour lesquels le choix des locataires revient à la commune – voire plus, sur les quote-parts de logements décidés par la préfecture et le bailleur social. »
Marie-Christine Hiva a réaffirmé la volonté de l’APSSC de participer à l’élaboration du projet, ce à quoi le maire a rappelé qu’ils avaient déjà travaillé ensemble pour l’aménagement du Moulin Rouge. « Je suis ouvert au dialogue, le bailleur social a toutefois des contraintes, l’idée est d’aboutir à un projet le plus accepté et le mieux intégré possible. Il s’agira des premiers logements sociaux à Saint-Clément, ils doivent être une réussite. »
« La Java des Baleines doit faire des aménagements »
Les nuisances sonores générées par La Java des Baleines ont été largement évoquées : « Que comptez-vous faire », a-t-il été demandé au maire. Christophe Penot a rappelé la position de la municipalité, qui a toujours été claire, et son intérêt porté à La Java, « un lieu d’animations intéressant pour Saint-Clément. »
« Concernant les nuisances esthétiques, ils ont fait beaucoup d’efforts. Et il ne s’agit pas d’une installation pérenne (3 mois par an – NDLR). Ce qui est le plus préoccupant concerne les nuisances sonores. La Java est normalement fermée le dimanche et les autres jours de la semaine elle ferme à minuit ; A la suite de plaintes cet été, les bâches du chapiteau ont été fermées à 22h30. Malgré ces efforts, des nuisances sonores ont subsisté. On peut travailler sur un emplacement alternatif. De l’autre côté de la RD on est sur des marais classés. La zone du phare est départementale. On pourrait imaginer un emplacement à mi-chemin entre Le Gillieux et le Chabot, il y a un petit terrain rue du Moulin Robert, cela permettrait d’éloigner au maximum des habitations. » Les adhérents de l’APSSC habitant ce quartier ont fait part de leur réprobation…
Devant des accusations de Marie-Hélène Gibert sur des consommations illicites à La Java, le maire s’est porté en faux de façon très ferme : « Je suis lassé ce ces rumeurs sur la consommation de drogue, vous semblez mieux informée que la Gendarmerie qui a mené plusieurs opérations à La Java sans qu’elles n’aient rien révélé. Vous êtes pas loin de la diffamation », s’est-il insurgé. Il a été question de bâches acoustiques, de monitoring interne (contrôle du niveau sonore), transmis à la préfecture et d’issues de secours devant rester ouvertes qui devraient être orientées vers les champs. Il a aussi été question de « l’onde de bruit, après la fermeture, le temps que chacun regagne sa voiture…», créant des nuisances post-fermeture.
« On va travailler avec eux sur les aménagements possibles. On a aussi des plaintes à l’encontre du camping ou encore du festival Jazz au Phare, Saint-Clément ne peut-être non plus une maison de repos pour résidents secondaires ! », a estimé le maire, ce à quoi il lui a été répondu : « Faire vivre un village ne signifie pas forcément le rendre bruyant, c’est très contraignant quand le son est très fort plusieurs jours de suite. »
Le maire a effectivement évoqué la nécessité de travailler sur des pauses, de ne rien programmer le dimanche soir. Est aussi envisagée l’organisation de certaines soirées dans la salle polyvalente du Godinand, comme ce fut le cas en début d’été pour une soirée.
Le maire a rapidement évoqué d’autres sujets, parmi lesquels le respect du RLPI (Règlement local de publicité intercommunal), interdisant ou limitant banderoles et affiches, qui l’ont conduit par exemple à faire retirer les affiches des Guignols.
Place ensuite à la conférence-débat de NEMO (Non à l’éolien marin d’Oléron), sur laquelle Ré à la Hune aura l’occasion de revenir.
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