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Addictions France distille infos et matériels à La Pergola
Addictions France a déplié son stand devant La Pergola jeudi 23 juillet au soir, à La Couarde. Contactée par la mairie, l’association tire un bilan positif de sa première intervention en boîte de nuit et reviendra en août.
« Je suis surpris de voir un stand de prévention ici. D’habitude, nous les croisons plus en festivals », s’étonne Thibault, saisonnier sur l’île de Ré. Il est 23h40, jeudi 23 juillet, devant La Pergola. Hélène Lelaidier et Lucie Baptiste, salariées de l’association Addictions France, échangent avec les premiers clients de la boîte de nuit. Elles ont installé leur table à l’entrée, et y ont déployé leur matériel habituel, à distribuer, pour prévenir les risques liés aux consommations d’alcool et de stupéfiants. On y trouve aussi bien des éthylotests à 0,2 ou 0,5 g/L, du lubrifiant, des capotes externes et internes, des protections de verres, des roule ta paille et du sérum physiologique. Mais aussi des bouchons d’oreilles, des flyers, une réglette pour voir le degré d’alcool éliminé en fonction de l’heure de la consommation et de son âge, et autres supports qui engagent la discussion. « C’est bien de les voir ici », confirme Jan, un ami de Thibault. S’il dit « consommer assez peu d’alcool », il a davantage l’habitude de récupérer sur ce genre de stand des bouchons d’oreilles.
248 interventions, du matériel distribué
« Nous sommes là pour expliquer comment prendre soin de soi quand on a consommé, pas pour porter un jugement », martèlent les deux femmes. « Notre objectif est de distribuer du matériel pour permettre de faire la fête le plus en sécurité possible, tout en donnant des messages de prévention et de réduction des risques liés aux consommations d’alcool et de stupéfiants. Nous parlons aussi de consentement et de santé sexuelle », plaident-elles.
Puis, les clients de La Pergola sont arrivés en nombre vers minuit et demi. « Les jeunes ont pris beaucoup de matériels, surtout des éthylotests et des préservatifs externes. Certains ont soufflé avant même de rentrer dans la boîte, pour voir où ils en étaient. Ils ont posé beaucoup de questions et nous ont vraiment remerciées d’être là. » En un peu plus d’une heure, Hélène Lelaidier et Lucie Baptiste ont réalisé 248 interventions. Auxquelles il faut ajouter les 25 effectuées sur la plage avant l’ouverture de La Pergola.
« Les cas de piqûres sont rares »
L’association est venue à la demande de la nouvelle équipe municipale de La Couarde-sur-Mer, et plus particulièrement à l’initiative de Denis Giraudeau, premier adjoint chargé de la sécurité. « Durant le mandat précédent, j’ai passé des nuits avec la police municipale, surtout présente le week-end. Alors, pendant la campagne électorale, nous nous étions engagés à faire de la prévention pour passer des messages liés aux consommations d’alcool et de stupéfiants et aux dommages collatéraux », insiste l’élu. Promesse tenue.
Car l’idée est bien celle-ci : ne pas interdire, ne pas juger, mais prévenir pour aider à ce que tout se passe bien. Dylan Courpon et Fabien Devaine, les gérants de La Pergola, évoquent eux aussi leurs actions en interne : « Nous offrons l’entrée à la personne qui fait SAM*. En arrivant, elle nous laisse ses clefs de voiture, elle a aussi deux boissons sans alcool offertes mais à la sortie, elle souffle. Si elle est positive, elle paie son entrée et nous gardons les clefs. Nous donnons aussi des éthylotests à l’intérieur. » Si peu de clients – en majorité des jeunes de 18 à 25 ans – viennent en voiture, beaucoup sont à vélo. « Le risque, c’est quand ils prennent la route départementale au lieu de la piste cyclable au retour », regrette Dylan Courpon.
« Nous avons expliqué à un jeune qu’il peut perdre son permis de conduire s’il fait du vélo en état d’ébriété. Il ne savait pas. Mais, même s’il est reparti avec son vélo, cela permet au moins qu’il se questionne », souligne le binôme, qui en profite pour faire passer un autre message : « Les cas de piqûres réels sont rares, car on n’injecte pas de drogue en intramusculaire mais en intraveineuse. En revanche, l’alcool rend vulnérable et crée des angoisses. Le fait de parler de soumission chimique invisibilise la vulnérabilité chimique dans le cadre privé, avec des personnes qui ne sont pas forcément de confiance. »
Toucher un nouveau public
Lorsque les deux intervenantes ont replié leur stand, vers 1h30 du matin, elles ont laissé la place aux gendarmes et à la police qui encadrent la sortie. « Il faut associer préventif et répressif », s’accordent aussi bien les élus que les gérants de La Pergola et Addictions France. « La soirée a été un succès », saluent Lucie Baptiste et Hélène Lelaidier. « Nous ne savions pas à quoi nous attendre, car nous n’avions jamais fait de boîtes de nuit. Ça en a surpris quelquesuns de nous voir là, mais cela nous a aussi permis de nous faire connaître par d’autres. Et donc de toucher un nouveau public. » Rendez-vous est pris, le 20 août.
*SAM = sans accident mortel. SAM, c’est celui qui ne boit pas
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