Culture

Interview

4 questions à Thomas Tessier

Thomas Tessier a créé la compagnie « L’Amicale des Misanthropes » spécialement pour cette pièce.
Publié le 30/07/2020

Ré à la Hune : Vous avez créé « L’Amicale des misanthropes » pour monter ce spectacle. Était-ce pour vous assurer de conserver la liberté nécessaire au traitement de sujets si importants ?

Thomas Tessier : En effet, j’ai déjà dirigé ma propre troupe durant dix années et collaboré dans le même temps à l’écriture et la mise en scène de nombreux autres spectacles pour des compagnies amies. C’est ainsi que j’ai découvert les marionnettes et les festivals de rue. J’avais ce projet en tête sur le sujet de la religion et la croyance depuis un moment, avec la volonté d’aller jusqu’au bout pour porter ma parole.

En quoi ces thèmes font-il écho à votre vie personnelle ?

J’ai été élevé par un père prof de philosophie assez militant et engagé et baigné dans la culture des années 1970 : Siné Charlie, Wolinski, Reiser, le Canard enchaîné… Une époque où la provocation et la caricature faisaient partie de la vie de tous les jours. On acceptait la contradiction et le débat sans craindre de choquer les gens. Débattre d’idées différentes n’était pas un problème. Je trouve que la religion autour des trois monothéismes est un sujet sclérosant pour la liberté et aussi l’émancipation des femmes. J’ai donc eu envie d’exprimer que l’on pouvait parler de ça dans la rue et l’espace public et que ça n’était pas grave. À la suite des évènements Charlie Hebdo, j’étais choqué d’entendre ce « Mais » qui venait appuyer l’idée qu’il y aurait eu une certaine provocation à caricaturer des extrémistes. Ce « oui, mais… » me gène. Je considère que la liberté de parole impose qu’on puisse ne pas être d’accord, sans avoir à craindre des remontrances.

Comment le public accueille-t-il ce spectacle ?

Très bien ! Et j’en suis agréablement surpris. La farce et l’humour permettent de tout transgresser. Cela corrobore la phrase de l’écrivain et metteur en scène Dario Fio : « l’homo ridens (L’homme qui rit), est le plus subtil, celui qu’il est difficile de soumettre et de tromper ! L’insolence est une forme de progrès »

Un autre projet en gestation ?

Nous travaillons avec la compagnie de Claire « La déferlante » sur un conte pour enfants : « La belle ogresse au Bois dormant », l’histoire d’une petite fille en dehors des standards de la mouvance qui ne veut surtout pas être une princesse !

Marie-Victoire Vergnaud

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