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UNIRE : bilan d’une année complexe

Elle a eu 20 ans en 2018. L’AOP et sa caisse bleue séduisent toujours autant.
Publié le 05/02/2019
UNIRE : bilan d’une année complexe
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Rite des débuts d’année, la coopérative rétaise a tenu son Assemblée Générale au Bois-Plage, toujours très fréquentée et enrichie de la présence d’élus. Retour sur une année 2018 pas si facile.

C’est une AG importante, les activités primaires étant essentielles à l’économie rétaise. Elles témoignent des richesses agricoles et du travail des viticulteurs et maraîchers, et sont bien sûr partie prenante de l’attractivité touristique d’un territoire fier de sa pomme de terre AOP et de la naissance de son vin bio. Des résultats aux perspectives, les enjeux sont majeurs.

C’est munis d’un rapport d’activité très détaillé que les participants écoutent avec attention les interventions successives de Jean-Jacques Enet, Christophe Barthère mais aussi des élus, Jean-Pierre Gaillard, Gisèle Vergnon et le député Olivier Falorni toujours soucieux d’être présent, les résultats de la coopérative étant « un indicateur important de l’économie du territoire ».

Des « gilets jaunes » au pont

Prenant la parole, le Président Jean- Jacques Enet situe l’activité de la coopérative dans un contexte plus général : oui, la crise sociale actuelle aura des conséquences commerciales, même si sur l’Ile de Ré, les problèmes sont un peu ailleurs, du côté du pont par exemple, qui en ayant « pété un câble à la rentrée », a contraint à la réduction du tonnage des camions à 38 tonnes, entravant les approvisionnements toujours importants sur cette période. Il a donc fallu décharger les plus de 40 tonnes et rapatrier la marchandise, soit 58 camions au lieu de 25. Et qu’y avait-t-il dans ces camions ? 412 tonnes d’engrais, 660 tonnes de compost et 900 plants de pomme de terre. Une tâche ardue qui représente quelques 8 000 € de frais supplémentaires.

La pomme de terre : débuts difficiles

La célèbre rétaise a subi les aléas de la météo. Le gel de fin février 2018 a endommagé les premières plantations et le début de printemps humide n’a rien arrangé. Moralité : l’AOP est arrivée sur le marché avec quinze jours de retard. Ajoutons à cela une réduction de la production, moins 200 tonnes, induisant de fait une perte de chiffre d’affaires. Néanmoins, l’Union des Coopératives Noimoutier-Ré a porté ses fruits : Uniré a commercialisé 1 361 tonnes de pommes de terre, vendues à un prix légèrement supérieur à l’année précédente. Une hausse qui ne permet pas de compenser le manque de tonnage. La production vendue en 2018 a baissé de 16% par rapport à 2017.

Côté packaging, la petite caisse bleue de 1,5 kg remporte toujours les suffrages de la clientèle, de même que les sachets fraîcheur en augmentation parallèle au déclin des cartons. A noter également que 2019 verra apparaître une nouvelle variété, la « Primabelle », venant composé le faible rendement de l’Alcmaria.

Vendanges 2017 : volume et qualité

Printemps chaud, été sec et pluies moyennes, voilà qui sied au vignoble rétais tous cépages confondus. Une belle précocité, un état sanitaire parfait et de magnifiques volumes ont donc caractérisé cette vendange. Seule ombre au tableau, l’incendie du Centre de Transfert le 5 octobre, conduisant au sacrifice de la cuve de rosé Cabernet-Sauvignon et à l’arrêt des vendanges sur les parcelles attenantes. Autre fait marquant : la première vinification de vin rouge issu de parcelles de Cabernet-Franc en viticulture biologique.

Avec 5 670 tonnes récoltées, les stocks de la coopérative sont ainsi reconstitués tous produits confondus, avec une belle progression de l’Ugni-blanc (+51%) et plus de 21% pour les cépages rouges.

Succès et incertitudes

Les Vins de France (ex Vins de Table) se portent bien avec + 11,10% notamment pour le Rosé du Large. Les Vins de Pays sont en légère baisse (-2%) et montre le recul du Rosé des Dunes (-5,25%). Côté vins rouges, report des ventes confirmé du Gouverneur vers Terre Rouge et des Petit Sergent et Soif d’Evasion vers l’Azuré Rouge. Et dans la gamme supérieure, les Soif d’Evasion sont stables, récompensant la politique de qualité menée pour séduire une clientèle exigeante. Quant à l’Azuré Rosé (en conversion biologique), il entérine l’intérêt grandissant pour les vins vertueux.

C’est du Pineau que viennent les incertitudes. Malmené par des politiques commerciales dures, Ilrhéa subit un recul des ventes de 3,40% en blanc et 2,52% en rouge. Point positif : la poursuite d’une reconstitution des stocks entraînant des rotations plus lentes favorables à la qualité.

Recul également du côté des Vins Mousseux de Trousse-Chemise notamment dans sa version Rosé. Conclusion fructueuse avec le Cognac, et une vente aux grossistes en hausse de 107,87%.

Cap vers le bio !

Signe des temps, le bio s’impose dès le début de l’Assemblée Générale avec la projection d’un film institutionnel montrant une politique volontariste. « Protéger l’environnement, c’est protéger le patrimoine commun » confirme M. Enet qui évoque le retour des papillons (l’Azuré du Serpolet) conjointe à la réduction des insecticides et pesticides. Ce qui nous amène un peu plus tard aux vendanges de 2018, précoces et elle aussi abondantes, et à la bio-protection qui a été appliquée sur l’ensemble des volumes de vins rouges. Moins de sulfites, moins d’énergie consommée avec en perspective des vins révélant toute leur complexité.

Autre succès annoncé, celle de la première vinification d’une cuvée d’Azuré Rosé qui pourra, après les trois ans de conversion réglementaires, porter la mention « Vin Biologique ». Le premier de l’Ile de Ré, témoignant de l’engagement à s’investir pleinement en faveur de la protection de notre exceptionnelle biodiversité.

Des projets d’envergure

Réaménagement des quais de réception en cellier de vente et de dégustation afin d’accueillir les nombreux clients dans un cadre à la hauteur, remplacement de certains équipements sont au programme. Evoquons notamment celui du groupe de froid qui sera complété d’un module de récupération de chaleur. Une autre initiative favorable à l’environnement qui offre l’avantage d’ouvrir à des primes sur investissement et offre une qualité de travail nettement supérieur.

Le PLUI sur la table

Dans le cadre réglementaire, si la loi EGALIM, imposant dorénavant une séparation des activités de conseil et de vente, était l’une des invités de la réunion, c’est le PLUI qui emporta la mise du côté des interventions des élus. Car il s’agit d’expliquer la nécessité d’un équilibre entre les différentes activités économiques de l’île. Et si Jean-Jacques Enet affirme « avoir conscience qu’il faut partager l’espace pour avoir une île vivante, tout à la fois cultivée et sauvage », il espère néanmoins « en avoir le maximum », reconnaissant par ailleurs que ses « demandes ont bien été prises en compte ».

Car sur notre si petit territoire, l’espace est bien sûr la clé de tout !

Pauline Leriche Rouard

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