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Bilan

Une saison salicole encore exceptionnelle

© MJB pour les Sauniers de l’Île de Ré
Publié le 18/09/2019
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Avec une estimation à 3 500 tonnes de gros sel récoltées, la saison salicole 2019 s’annonce tout aussi fructueuse que l’année passée. Le point avec Loïc Abisset, président de la Coopérative des sauniers de l’Île de Ré.

A la mi-septembre, la saison 2019 est identique à celle de 2018, une année record. « Nous avons commencé à récolter à la fin du mois de mai et avons bénéficié d’une belle linéarité en termes de météo en juin et en juillet. En revanche, pendant les trois premières semaines d’août le soleil a joué à cache-cache avec le sel et nous espérons une belle arrière saison », résume Loïc.

Maîtriser le stock

En ce qui concerne la fleur de sel, la petite production qui avait été prévue pour cette année est atteinte, car il s’agit surtout de ne pas « sur-stocker ». « Afin de respecter la politique de stockage, qui est issue d’une réflexion collective entre les producteurs, nous veillons à maintenir des volumes de fleur de sel suffisants pour les trois, voire quatre, années à venir », souligne le président de la Coopérative. « Cette décision est prise dans un esprit d’équité, afin de maîtriser le stock et ainsi partager de façon juste le chiffre d’affaires issu de la fleur de sel », complète-t-il.

Un charroi en deux temps

Le charroi a débuté le 16 septembre, pour une durée d’environ une semaine. Une opération qui symbolise avant tout l’entraide qui peut exister entre les producteurs de la Coopérative. « Nous mutualisons le temps et les moyens matériels afin de rentrer le gros sel dans un temps imparti. La qualité du produit doit correspondre au cahier des charges de la Coopérative, qui assure un suivi en termes de qualité et de conformité, afin que ce soit équitable pour chaque producteur. Le charroi, c’est avant tout l’entraide agricole ». Une fois stocké, l’ensemble du sel passe en effet sous la responsabilité de la Coopérative. La production 2019 ayant été aussi fructueuse que celle de 2018, la question de l’espace de stockage se pose. C’est pourquoi la totalité de la production ne pourra être rentrée en une seule fois. En septembre, ce sont les producteurs de Saint- Clément-des-Baleines, de Loix, de La Couarde-sur- Mer et des Portes-en-Ré qui ouvriront le bal. Les producteurs d’Ars-en-Ré réaliseront leur charroi courant novembre. « Le charroi permet de minorer le coût du transport. Cela engendre un balai de remorques assez continu sur les routes du canton nord de l’île, nous remercions par avance les usagers pour leur patience… », conclut Loïc.

Saunier, un statut enfin reconnu

Jusqu’en mai dernier, le métier de producteur de sel n’était pas considéré comme un métier agricole. « Notre statut, hérité d’une tradition de polyculture, associait la saliculture avec les vignes, les pommes de terre (etc.) sur une même exploitation. Tôt ou tard, ce statut pouvait être remis en question par les plus hautes instances européennes : d’une part, le sel relève du code minier, d’autre part, la plupart des sauniers sont aujourd’hui soit « mono-actifs » (ils vivent exclusivement du sel) soit pluri-actifs (avec une autre activité non agricole)… autant d’arguments pouvant remettre en cause notre statut d’agriculteurs », analyse Loïc Abisset, président de la Coopérative des sauniers de l’Île de Ré. Avec leurs collègues des autres sites (Guérande, Noirmoutier…), les sauniers rétais se sont attelés à ce dossier : faire reconnaître leur métier comme agricole. Après une longue bataille et grâce au soutien des représentants politiques (le député Olivier Falorni, le sénateur Daniel Laurent, la sénatrice Corinne Imbert, le président de la Communauté de Communes de l’île de Ré Lionel Quillet ainsi que les élus locaux des régions Pays de Loire, Vendée et Poitou-Charentes), le consensus a pu être formalisé par une loi en date du 20 mai 2019 pour la protection foncière des activités agricoles et des cultures marines en zone littorale.

Les sauniers peuvent ainsi désormais prétendre aux indemnisations en cas de calamités agricoles (tempêtes) et avoir accès aux aides agricoles au niveau européen (aides à l’installation des jeunes).

Aurélie Cornec

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