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Une rénovation artistique réalisée par les élèves
Il aura fallu plusieurs mois de travail à la classe de 4e5 pour venir à bout de son projet « mosaïque ». Une dizaine d’oeuvres embellit désormais l’établissement.
L’idée a germé dans l’esprit d’Ophélie Ballon dès son premier jour au collège Les Salières. En juin 2025, la jeune enseignante en arts plastiques vient d’être mutée au sein de l’établissement et, afin de préparer l’année scolaire suivante, elle visite les lieux. Elle repère immédiatement des trous dans le carrelage, au sol, aux murs, ou même carrément dans le béton de la cour.
« J’y ai vu un vrai espace de création pour les élèves », dit-elle. « Plutôt que de masquer tous ces trous par une réparation fonctionnelle, je me suis dit qu’on pourrait inviter les élèves à intervenir de manière artistique et créative. »
« Réparer par l’art »
Un an plus tard, une dizaine d’oeuvres jonche les murs et les sols du collège de Saint-Martin. Toutes ont été réalisées par les élèves de la classe de 4e5. Après un travail de repérage photographique, les enfants ont fait des relevés à l’aide de feuilles de papier calque. Puis, équipés de pinces, de lunettes et de gants, ils ont pu commencer le travail de création. « Tout cela a pris du temps », reconnaît Ophélie. « Ça a été très long pour certains groupes qui avaient choisi un grand espace à combler, ou des motifs difficiles à reproduire. Et il a fallu ensuite que l’agent technique de l’établissement, Guillaume Dubus, procède à leur installation sur place ».
Les objectifs de cette enseignante pleine d’imagination sont multiples. Son projet, intitulé « Réparer par l’art », a permis aux élèves de participer à la réhabilitation de ces bâtiments qu’ils habitent au quotidien et leur a donné l’occasion de se mettre au service de la collectivité, tout en donnant du sens à l’Art. Autant d’objectifs appréciés par la direction de l’établissement et le Département, propriétaire des lieux, qui ont immédiatement soutenu l’enseignante.
« Des oeuvres in situ »
Via ce projet, Ophélie Ballon a également pu sensibiliser ses élèves à la notion d’oeuvre in situ et leur permettre d’expérimenter la technique de la mosaïque. « L’idée était de concevoir et de réaliser des oeuvres pensées pour le lieu. C’est lui qui a impulsé les idées de leurs productions. Par exemple, on a un petit burger à l’entrée de la cantine, une éprouvette devant la salle de physique. Il y a beaucoup de références à la mer, forcément ! Des vagues, une baleine, des planches de surf, des crabes, des plages … »
On retrouve aussi dans toutes leurs créations de nombreuses références artistiques étudiées avant ou pendant le projet, comme la Grande Vague de Kanagawa. Point de départ de leurs réflexions : la technique du trencadis de Gaudi et ses motifs colorés du parc Güell, ou encore les oeuvres du street-artist Franck Slama (alias Invader) dont on peut admirer l’un des Space invaders, ces petits extra-terrestres en mosaïque, à Ars-en-Ré.
« Mon objectif final est d’aiguiser leur regard. Qu’ils se rendent compte que l’art est partout, dans une BD, un clip, des bijoux, le design… Peut-être qu’un jour en voyageant, devant les mosaïques du parc Güell ou celles de Pompéi, ils se souviendront du temps de travail que leur a demandé leur petite production en classe de 4e ! »
De nombreux projets
Petit plus pour les élèves : ils pourront parler de ces réalisations l’année prochaine à l’oral du Brevet. Les autres classes ont pu bénéficier d’autres projets menés par cette enseignante dynamique : une classe de 5e est allée rencontrer l’artiste Fausto Urru dans son atelier à La Rochelle et a eu la chance d’être initiée à la gravure tétra pak. Une classe de 3e a réalisé une fresque en street art où chaque élève a pu taguer son prénom sur les murs du collège. Pour l’année prochaine, ses idées en cours de réflexion sont nombreuses, tel un travail avec la céramiste Alix Laraignou, installée à Sainte-Marie de Ré, ou la production d’une oeuvre collective tridimensionnelle autour de la santé mentale en collaboration avec l’infirmière de l’établissement. « J’aime créer des projets avec mes élèves », conclut l’enseignante. « Et j’espère que très vite le collège sera recouvert de toutes leurs oeuvres ! »
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