Une majorité à l’écoute, mais ferme dans ses positions
Pour ce premier Conseil municipal de la nouvelle équipe (après celui de son installation), les débats sont restés courtois entre une majorité ferme et une minorité qui entend jouer à plein son rôle d’« opposition constructive ».
Dès le premier point du Conseil, concernant les délégations données au maire par le Conseil municipal, conformes au Code général des collectivités territoriales (CGCT), l’opposition s’est manifestée par la voix de Maryline Héraudeau, proposant de ramener le seuil des marchés publics et accords-cadres à 50K€ au lieu des 90 K€ prévus, et de baisser les lignes de trésorerie à 100 K€ au lieu des 300 K€ prévus, ceci « dans un souci de transparence et de bonne gestion. »
« J’entends vos réserves mais on laisse au montant prévu dans le CGCT », a répondu la maire, Anne Mémin. Ainsi la délibération a été votée avec les 16 voix de la majorité, la minorité votant contre (3 voix).
Le deuxième point concernant les délégations données aux adjoints et aux conseillers municipaux était une simple information au Conseil, le maire ayant toute liberté pour décider de déléguer ses fonctions, sans être tenue par l’ordre du tableau et n’ayant pas à motiver son choix.
Délégations et commissions municipales
Jean-Paul Goussard, 1er adjoint, se voit déléguer les travaux, circulation, mobilité, signalétique et réseaux. Il est délégué à la 2ème adjointe, Marie Tredgeu, les finances, ressources humaines, commerces, marché, artisanat, agriculture et économie. Vincent Le Baron, 3è adjoint, est en charge du camping, du cimetière, des pompes funèbres et des relations pénitentiaires. La 4ème adjointe, Christine Braud sera en charge des affaires sociales et de l’accessibilité PMR et le 5ème adjoint, Frédéric Pallot- Dubois de la communication, l’animation, le tourisme, le patrimoine et la culture. Côté conseillers municipaux, Jean-Louis Ruault a la délégation des associations culturelles et sportives, de la propreté et des déchets, Florence Bouthillier les affaires juridiques, Gaëtan Perdriel la vie scolaire, périscolaire, la restauration scolaire et la jeunesse, Didier Guillon les commémorations et l’armée et enfin Emilie Preira les relations avec les agents, la coordination d’équipe et la médiation.
Véronique Richez-Lerouge s’étonne de doublons comme par exemple entre les RH et les relations avec les agents et de ne pas voir mentionnés l’urbanisme et l’environnement, ou encore de voir le patrimoine « noyé » dans une délégation avec les animations, « alors que Saint-Martin est une ville patrimoniale. »
« L’urbanisme sera géré par la maire directement, l’environnement est transversal à tous les sujets, il fera l’objet d’un groupe de travail et à chaque décision prise, pour tous les travaux, pour la vie scolaire, etc. on se posera la question de l’environnement. », répond Anne Mémin. Quant au patrimoine, « il n’est pas « noyé », il est dans les délégations du 5ème adjoint et c’est d’ailleurs pour cela que nous avons créé ce poste de 5è adjoint. Nous serons vigilants, le patrimoine sera valorisé. »
Les commissions municipales, au nombre de six et composées de trois élus de la majorité et d’un élu minoritaire, le maire et les adjoints étant membres de droit, sont chargées d’étudier les questions ensuite soumises au Conseil. Elles émettent des avis simples. La composition des six commissions a été votée à l’unanimité. Elles ont pour thèmes : Finances-personnel, associations-sports, travaux-circulation- stationnement-signalétique, scolaire- périscolaire-restauration scolaire, marché-commerces-artisanat-agriculture- économie et culture-patrimoine-musée- bibliothèque.
Les élections des représentants du Conseil au CCAS (3 de la majorité, 1 de la minorité), des membres de la commission d’appel d’offres (2 de la majorité, 1 de la minorité et des suppléants) ou encore de celle de contrôle des listes électorales (3 de la majorité, 2 de la minorité), ainsi qu’aux différents organismes et syndicats n’ont pas soulevé de débat.
Des indemnités de fonction en hausse de 8 %, assumées par la majorité, regrettées par la minorité
A contrario, la proposition de majoration des indemnités de fonction du maire, de ses adjoints et des conseillers délégués a été soulignée comme un mauvais signal, s’agissant du « premier geste de la mandature », selon Maryline Héraudeau et Véronique Richez-Lerouge.
Ces majorations conformes au CGCT pourraient aller jusqu’à + 15 % au titre de cheflieu de canton et + 50 % maximum au titre de commune classée station de tourisme, si la population est inférieure à 5000 habitants. Après en avoir délibéré, le Conseil municipal a proposé au vote la 1ère majoration de 15 % (chef-lieu) et la seconde au taux de 35 % (station de tourisme).
Ainsi les indemnités brutes de fonction du maire passent de 3181 € à 3434,34 €, celles des adjoints de 880,47 € à 948,29 € et celles des conseillers délégués de 340 € à 369,95 €.
Les élus minoritaires relèvent une augmentation globale annuelle de 8878,80 €, soit + 7,97 %, à laquelle s’ajoute la création d’un 5ème poste d’adjoint. Elle estime ainsi que l’enveloppe brute globale augmente de 17 000 € sur l’année.
« Vous en avez le droit », relève la minorité, « mais cela pose question dans un contexte de baisse des dotations et recettes et d’augmentation des charges de fonctionnement, comme l’énergie ». « Nous pouvions aller jusqu’à +50 % au titre de la station touristique, nous avons limité à + 35 % », rétorque Anne Mémin. « J’ai 44 ans, deux enfants, j’avais bien annoncé que si j’étais élue je me mettrais en disponibilité totale de la fonction publique. Et les indemnités n’ont pas été réévaluées depuis plusieurs années. L’enveloppe de la commune est respectée. »
Le tableau des indemnités a ainsi été voté par seize voix favorables, les trois élus de la minorité votant contre.
Des questions diverses
Une fois l’ordre du jour épuisé, la minorité a posé trois questions diverses, qui n’avaient pas été au préalable communiquées au maire. L’une concernant la restauration scolaire, Philippe Stanislas faisant part d’enfants qui mangent très mal du fait de la nourriture proposée et de parents d’élèves qui s’en plaignent. La minorité souhaiterait dénoncer l’appel d’offres passé avec API Restauration, réintroduire plus de bio et circuit court. Plusieurs élus de la majorité semblent surpris : « Nous n’avons pas entendu parler de la cantine depuis septembre. Scolarest n’a pas souhaité répondre à notre appel d’offres, le cahier des charges est resté le même, avec autant de bio qu’avant, il n’y a que du circuit court ou du bio, pas de circuit long. Mais nous restons vigilants et travaillerons avec les parents d’élèves. », précise Anne Mémin.
Concernant la fermeture d’une classe élémentaire à Saint-Martin, annoncée par le DASEN et que les élus ont découvert via Ré à la Hune, la minorité questionne le maire. « Nous avions déjà anticipé avoir quatre classes en élémentaire à Saint- Martin dans le cadre de la mise en place du RPI (Regroupement pédagogique intercommunal) entre Saint-Martin et La Couarde, les deux classes de maternelle étant à La Couarde. » Ainsi le RPI comporte six classes, à la place des sept classes que comptaient au total les deux communes avant regroupement.
Enfin, Véronique Richez-Lerouge a dit ne pas comprendre l’appel d’offres de maîtrise d’oeuvre déléguée lancé trois semaines avant les élections, concernant le choix d’un architecte devant suivre le projet de restauration des remparts (64 K€ hors TVA). « Vous nous apprenez que cet appel d’offres est stoppé car la DRAC n’a plus d’argent. Que s’est-il passé ? »
« Lors d’une réunion le 5 mars 2026, la DRAC nous a demandé de réorienter notre appel d’offres. Nous avons une réunion prévue le 5 mai 2026 pour faire le point sur l’urgence de l’urgence, pour les remparts côté mer. Un autre appel d’offres sera fait après ce RV. La DRAC nous avait dit ne rien nous octroyer avant 2027, car beaucoup d’argent est consacré à la maison Pierre Loti, seuls les remparts à la mer seront aidés. On va évidemment travailler à la mise en place du plan de gestion des remparts, on est bien conscients du sujet. », a expliqué Anne Mémin. « Toute une partie des remparts n’appartient pas à la commune », a précisé Jean-Paul Goussard.
Enfin, dans les questions diverses, le 5è adjoint, Frédéric Pallot-Dubois a évoqué les deux réunions prévues pour la mise en place d’un comité des fêtes, que la municipalité entend favoriser et soutenir.
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