Tourisme

Accompagnement

Tourisme : cap sur l’autonomie des professionnels

Publié le 10/02/2020

Pour 2020, Charentes Tourisme a concocté un programme d’accompagnement des acteurs du tourisme pour les aider à mieux se positionner commercialement et garder la maîtrise de leur marché.

C’est une évidence depuis quelques années : les habitudes des consommateurs changent, leurs exigences avec, et les acteurs indépendants du domaine touristique – hors chaines de l’industrie touristique – doivent se professionnaliser. Plus question d’envisager l’hébergement, par exemple, comme une activité connexe, ou de débarquer à la tête de la gestion d’un site sans passer par une formation. Le sujet est d’autant plus d’importance que les meublés de tourisme sont aujourd’hui au nombre de 7427 sur les deux départements, le plus gros étant en Charente-Maritime. Les particuliers louant des meublés ou ayant des chambres d’hôtes ne sont pas les seuls dans cette nécessité de se professionnaliser : les collectivités locales qui ont par exemple à gérer des campings municipaux, ou des sites de visites ou de loisirs de type base nautique, phare, musée, office de tourisme, se retrouvent dans le même besoin car elles ont besoin d’en tirer une rentabilité.

Pour 2020, Charentes Tourisme propose donc aux acteurs publics et privés du tourisme un accompagnement global pour les aider à repositionner leur activité pour en tirer le meilleur profit. « Nous avons recruté un manager dédié pour les aider à optimiser l’exploitation de leur site », explique le président délégué de Charentes Tourisme Jean-Hubert Lelièvre, qui concrétise ici un projet lancé en 2019. L’accompagnement implique un diagnostic général du positionnement de l’établissement, une définition des besoins, l’élaboration d’un plan d’actions et de recommandations. « Le spécialiste va par exemple analyser quel prix mettre à quelle période de la saison par rapport au type de biens, son positionnement géographique, de gamme, et par rapport aux autres biens du marché », explique le directeur de l’office Olivier Amblard. Vingt-quatre hôtels et quinze campings ont déjà été accompagnés en 2019.

Attirer les investisseurs

Toujours dans cette « volonté d’accroître la performance économique des territoires », Charentes Tourisme va lancer en mars une plateforme en ligne facilitant la mise en relation entre les investisseurs, les opérateurs, les gestionnaires spécialisés, les territoires et les vendeurs de biens touristiques (fonds de commerce, bail en construction, hébergements) : www.projet-tourisme.com. « L’objectif de cette plateforme, c’est de pouvoir identifier les biens publics ou privés qui pourraient intéresser des investisseurs… Et donc à terme, de créer des emplois », explique Olivier Amblard. Pour cette plateforme, Charentes Tourisme a passé un partenariat avec Géolink, une entreprise du digital spécialisée dans la détection et la prospection d’investisseurs, qui met en réseau tous ses partenaires et assure un relai plus large de l’information, comme sur des salons professionnels par exemple.

S’affranchir des plateformes

Pour aider les professionnels à aller vers plus d’autonomie, Charentes Tourisme veut également aider les hébergeurs à s’affranchir des grosses plateformes de réservation en ligne, qui leur prennent généralement 15 à 22% de commission. Un manque à gagner qui pourrait être évité, selon les acteurs de Charentes Tourisme. « On ne leur dit pas d’arrêter de passer par les plateformes, mais plutôt d’apprendre à s’en servir mieux et plus raisonnablement en fonction des saisons et de leurs besoins », explique Jean-Hubert Lelièvre. Après leur avoir mis à disposition la plateforme sans commission Elloha l’an dernier, Charente Tourisme veut apprendre à ses professionnels à mieux jongler avec tous les différents outils de vente et de promotion à leur disposition, afin d’optimiser toujours plus leur activité. « Quand on voit que certains hôteliers dans les îles de Ré et d’Oléron continuent de faire figurer leurs chambres sur ces plateformes toute l’année alors qu’on sait qu’ils feront le plein au mois d’août quoi qu’il advienne, c’est absurde. Ils peuvent parfaitement rester dessus et couper les canaux ponctuellement en saison », renchérit Olivier Amblard, qui a quelques exemples d’hôteliers ayant réussi à se passer des grosses plateformes. Prochaine étape : développer une offre touristique plus éthique, plus vertueuse par rapport à l’environnement, et des séjours mixte « 50% slow, 50% énergie » – comprenez qui mélange activités sportives, festives et de farniente – qui correspond à une nouvelle demande de la clientèle des 20-30 ans.

Anne-Lise Durif

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