Activités primaires

Innovation

Planteuse pour les pommes de terres

Tamiseuse et planteuse pour un meilleur rendement

Vincent et Jérôme Bertin devant la planteuse
Publié le 20/03/2013

Les plantations de pomme de terre ont débuté mi-février. L’automne dernier, Vincent et Jérôme Bertin, agriculteurs à Ars-en-Ré, se sont équipés de machines inédites pour l’île de Ré : une tamiseuse de sol et une planteuse, deux engins complémentaires.

Tamissage des pierres, à gauche les billons, à droite terre prête à être ensemencée

Tamissage des pierres, à gauche les billons,
à droite terre prête à être ensemencée

Les sols de l’île sont sablonneux, certains argilo-calcaires, mais la plupart sont remplis de cailloux, parfois gros, qui remontent à la surface. À leur contact, lors des labours, les machines s’abîment, en poussant les tubercules sont souvent blessés, déformés et non homogènes. Un vrai cassetête pour les agriculteurs, d’autant que la pomme de terre primeur de l’île de Ré ayant le label AOP (Appellation d’Origine Protégée), grande distribution et consommateurs s’attendent à un produit quasi parfait.

Partant de ce constat, les frères Bertin sont allés chercher une solution en Bretagne, où la technique sur billons existe déjà. Le principe consiste en amont à préparer le champ en séparant les pierres de la terre afin de créer un lit de plantation idéal. Au premier passage dans le champ, des buttes de terre, des billons, de 25 à 30 cm de haut, sont créés. Leur largeur permettra d’y intégrer deux rangs de plantation. Au deuxième passage, la terre est soulevée, aérée et tamisée grâce aux séparateurs de pierres. Les cailloux sont rejetés dans le sillon en tapissant son fond. Les pierres sont recouvertes de terre, pour garder au sol sa chaleur tout en le drainant. Après cette étape, la terre est d’une légèreté incroyable, exempte de déchets. Elle est prête à recevoir les semences de pommes de terre. Douze hectares ont ainsi été plantés.

L’intérêt paraît évident : moins de pommes de terre vertes récoltées impropres à la consommation, la croissance du tubercule devrait être régulière et l’arrachage facilité. « Depuis les années 60, on était resté sur le même système d’exploitation. Les techniciens de la Coopérative UNIRÉ, dont nous sommes adhérents, nous ont donné leur accord et nous ont encouragés dans ce sens » affirment les deux Casserons. Ils ont investi 50 000 € dans une tamiseuse d’occasion et une planteuse neuve. Le retour sur investissement devrait se faire assez rapidement. Le rendement sera optimisé, grâce à la diminution des coûts d’entretien des machines et grâce aux coûts de triage réduits.

Certains voient d’un bon oeil cette initiative. Le labour n’est pas trop profond, on devrait même revoir des vers de terre, quelque peu en disparition ces dernières années.

Maryline Bompard

Réagir à cet article

Je souhaite réagir à cet article

* Champs obligatoires