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Séraphine Pajaud : la Louise Michel de l’île de Ré
Il y a un peu plus d’un an, les Rétais, qui l’avaient complètement oubliée, entendaient parler pour la première fois de Séraphine Pajaud dans le bulletin municipal de Saint-Clément. Aujourd’hui, c’est une biographie très fouillée que Didier Jung propose aux lecteurs sur cette personnalité rétaise méconnue.
Didier Jung nous livre ici l’histoire de Séraphine Pajaud, née dans une famille pauvre au Gillieux, le 6 septembre 1858. Ayant quitté l’île de bonne heure, à 19 ans, elle rejoint Bordeaux puis Londres, devient une militante engagée pour les causes anarchistes et participe aux principales activités visant à promouvoir ces idées et à soutenir les mouvements sympathisants. Séraphine Pajaud a mené une action militante engagée, notamment en défendant des valeurs telles que la liberté, l’égalité et la solidarité. Elle a oeuvré pour la cause anarchiste, en participant à des activités visant à promouvoir ces idées et à soutenir les mouvements militants de son époque. En revanche, sa position sur l’émancipation de la femme est ambiguë. : « Elle pense qu’elle doit être l’égale de l’homme, mais seulement au sein du foyer. »
Son engagement s’est manifesté à travers ses actions concrètes, ses prises de parole et son implication dans des réseaux militants, contribuant ainsi à faire avancer la cause qu’elle soutenait. Veuve à 29 ans, elle quitte Londres pour rentrer en France et s’installe au Mans. Elle se lance alors dans une carrière de propagandiste et prononce à travers la France des conférences virulentes dont les termes s’attaquant à la bourgeoisie ne manqueront pas de lui créer des problèmes avec la police : « La révolution que nous voulons, c’est celle de 1793. Ce jour-là, ne reculez pas devant l’horreur des moyens. Si nous les manquons, les bourgeois ne nous manqueront pas. Pas de quartiers ! Ni clémence, ni pitié. »
La Grande Guerre mettra fin de manière définitive à ses activités et elle terminera sa vie entre l’île de Ré et le Midi de la France où elle décèdera en 1944. Si elle a été très proche de Louise Michel, elle n’a pas marqué l’histoire comme elle et tombera assez vite dans l’oubli, probablement parce qu’elle a laissé peu d’écrits, les principales sources d’informations étant les rapports de police et les articles de presse rendant compte de ses conférences et rarement fidèles.
Et pourtant comme l’écrit Didier Jung, « on ne peut qu’être admiratif de son courage, de la persévérance dont elle a fait preuve dans sa vocation de trimardeuse libertaire, vivant dans la précarité (…) et affrontant chaque jour les quolibets, les insultes, les tracasseries policières, les sifflets et parfois les jets de pierre de ses adversaires, sans jamais se décourager. »
Dédicaces de Didier Jung
8,9 et 10 août : Salon du Livre, Le Bois-Plage
14 août : Saint-Clément-des-Baleines (tabac-presse de 10h30 à 13h)
20 août : Le Bois-Plage, La Quichenotte (10h30-13h)
Séraphine Pajaud
Didier Jung – Editions Douin
317 pages – 22€
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