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- Conseil communautaire du 16 avril 2026
« On joue l’avenir de Ré, pour nos enfants »
Le président Jean Paul Héraudeau entend imprimer sa marque autour d’un projet qu’il souhaite « plus intercommunal », Patrice Raffarin prévoit de s’investir à fond à ses côtés. L’opposition, qui s’est constituée en groupe*, s’est largement exprimée.
Deux sujets à l’ordre du jour : l’obligatoire Débat d’orientation budgétaire (DOB) avant le vote du budget prévu le 30 avril, et les délégations de compétences données au président, votées à l’unanimité.
Situation financière saine et baisse de la TEOM
Evidemment, compte-tenu des délais réglementaires, les orientations budgétaires sont celles de la précédente mandature. Patrice Raffarin, qui a la délégation finances et affaires générales, a fait lecture des comptes financiers uniques, principal et annexes, de 2025 et présenté « sans analyse politique » les données chiffrées des budgets primitifs 2026. Qui sont « le reflet des orientations et choix engagés précédemment », qui seront « à analyser au regard des priorités que nous voulons porter… Il est possible qu’il y ait des ajustements en cours de mandat ».
Il ressort de ces présentations des finances solides, une situation saine et une volonté de maintenir un niveau d’investissement élevé, dans un contexte global plus tendu. Pas d’augmentation des taux de fiscalité locale et même est proposée une baisse du taux de la TEOM (Taxe d’enlèvement des ordures ménagères) de 12,9 % à 11,9 %.
« Pour une nouvelle mandature, on n’arrive pas avec un bulldozer pour bousculer les agents et le travail fait précédemment, les élus ne sont plus les mêmes mais la collectivité continue dans l’apaisement, en tenant compte des engagements et orientations travaillés par les services avec la précédente mandature. Par ailleurs, une mandature, cela dure six ou sept ans, hâtons-nous lentement, prenons le temps d’évaluer. Ce n’est jamais tout ou rien, il y a de bonnes choses à maintenir, et aussi d’autres idées et priorités à amener, en prenant le temps. La sagesse doit l’emporter pour voter ce budget. », a indiqué Jean Paul Héraudeau.
« L’excédent de fonctionnement est un peu mangé par la volonté d’autofinancement (versus l’emprunt – NDLR), je suis de ceux qui privilégient l’emprunt, on a des possibilités d’emprunt et je te remercie de nous transmettre une CdC qui n’est pas endettée », a-t-il précisé, s’adressant à son prédécesseur Lionel Quillet.
« Il y a un rythme à annoncer »
Ce dernier a remercié Patrice Raffarin pour sa « présentation factuelle et objective des très bons résultats 2025 » avant de se tourner vers Jean Paul Héraudeau : « Il y a un rythme à annoncer, 135 personnes à la CdC attendent, deux dossiers sont dans une urgence absolue : le logement, tu auras le 24 février 2027 un appel du DASEN pour t’annoncer la fermeture de quatre ou cinq classes. Ton pouvoir de négociation se basera sur la dynamique de construction de logements. Le projet Erosion à 15 M€ est prêt à démarrer pour octobre, on a tous les accords (Etat et services de l’Etat), si ce projet n’est pas engagé demain matin, le coche sera raté et il prendra avec les présidentielles un à un an et demi de retard. La Couarde, Saint-Clément, Les Portes, Ars, Loix sont dans l’urgence. » Ce qu’a confirmé la maire de La Couarde, Peggy Luton-Borie, demandant à être rassurée notamment sur la stratégie de gestion de l’érosion.
« Ce serait beaucoup plus facile si on était élu au suffrage direct, sur un programme »
« Je suis d’accord avec toi quand tu dis qu’un président de la CdC ce n’est pas un maire, d’autant qu’il est élu par suffrage indirect, cela serait beaucoup plus facile s’il était élu sur un programme. Il ne faut pas me bousculer, il faut nous laisser le temps de nous installer. Tu devrais être heureux de la présentation du CFU et du fait que l’on ne souhaite pas tout bouleverser. », a répondu le président.
Il a évoqué la révision du PLUi** qui devrait permettre de s’adapter aux volontés de chaque commune, mais aussi l’intérêt général qui doit passer devant les intérêts communaux.
L’ancien président communiquant un certain nombre d’informations aux nouveaux élus sur les points de vigilance et bloquants de différents projets – transfert de la déchetterie du Morinand aux Gachettes, ferme solaire, zone artisanale de Sainte-Marie… – le président l’a remercié de sa volonté de transmettre son expérience et sa connaissance des dossiers.
Enfin, Jean Paul Héraudeau a pris l’exemple de l’actuelle baisse des ressources issues de la taxe de séjour pour illustrer la nécessité d’évaluer les actions menées : « Toute politique publique devrait être évaluée, jamais on ne regarde si cela fonctionne, c’est l’avenir de Ré qui se joue, celui de nos enfants. Je préfère m’interroger. Pourquoi une baisse de la taxe de séjour alors qu’il n’y a pas moins de passages sur le pont, est-ce que la politique de régulation des meublés de tourisme a eu un impact négatif sur la taxe de séjour ? Je n’ai pas la réponse, ce serait malhonnête de ma part de dire le contraire. Mais si on a moins de logements touristiques, cela aura un impact sur la venue des vacanciers, or je préfère des personnes qui viennent sur l’île une ou deux semaines, que des visiteurs à la journée, qui créent des nuisances. Je ne suis pas dogmatique, je ne détiens pas la vérité, je doute toujours. Parfois une politique positive peut avoir des effets induits négatifs. Je veux me donner le temps d’évaluer, sans dogme.»
« En conclusion sur ce budget, il s’agit d’une base de travail solide, héritée de la précédente mandature. Les bases sont saines, les équilibres de l’île sont fragiles. Nous devons nous approprier ces éléments, les ajuster si besoin, définir une trajectoire budgétaire intégrant les orientations que nous souhaitons pour notre territoire. », a redit le président.
Le vote du budget aura lieu le 30 avril, lors d’un long Conseil communautaire (à partir de 10h) qui définira aussi les commissions de travail et sans doute d’autres modalités de fonctionnement.
*Lionel Quillet & Patrick Boussaton (Loix), Peggy Luton-Borie & Denis Giraudeau (La Couarde), Anne Mémin & Jean-Paul Goussard (Saint-Martin), Gérard Juin (Le Bois-Plage) , Philippe Laulanet (Sainte-Marie).
**PLUi : Plan Local d’Urbanisme intercommunal.
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