Territoire

Révision du PPRL de l'île de Ré

Regreny, Ravetr, Vaignaud (Avenir, Ré-Veille et Réagir)

Nouvelles cartes d’aléas : les réactions

Gérard Régreny (Ré-Veille), Aurélien Ravet (Réagir) et Emmanuel Vignaud (Avenir), représentants des trois associations de propriétaires et de professionnels rétais.
Publié le 10/11/2014

Réaction des associations

Avenir, Ré-Veille et Réagir

« Aujourd’hui, nous ne sommes pas suffisamment compétents pour prendre position sur telle ou telle carte (CDC ou Etat)… Cependant, tant que les travaux de digues ne seront pas réalisés, le Canton nord de l’Ile de Ré est fortement impacté dans les deux cartes.

En attendant les digues, il faut peut-être réfléchir à redéfinir les priorités de la CDC en matière de travaux de digues en fonction uniquement de l’importance des zones impactées qui peuvent être débloquées afin de redonner un peu d’oxygène à nos artisans.

Malgré tout, aucune solution n’est réellement apportée pour la vie économique. Il y a des échéances calendaires incompressibles avec la rédaction des règlements d’urbanisme et l’enquête publique. Ce qui nous pousse au mieux au premier trimestre 2016.

Si on grossit un peu le trait, il y aura la possibilité de construction sur les terrains qui n’ont pas eu d’eau durant Xynthia. Pour le reste, il faudra soit être patient (constructible mais il faudra attendre la validation de la réglementation d’urbanisme en 2016) voire très patient (pour mémoire, 7 ans pour réaliser la digue du Boutillon) soit faire une croix sur la constructibilité du terrain.

Finalement la seule divergence de carte d’après ce que l’on a pu voir réside davantage sur la différence d’appréciation de la résistance à une tempête Xynthia + 20 cm d’une digue neuve. D’un côté, l’Etat qui applique une méthode forfaitaire en partant du principe qu’un ouvrage quoi qu’il arrive est faillible et de l’autre la CDC qui est davantage sur une dynamique que si on construit des digues c’est pour qu’elles résistent à l’aléa de référence. Sauf qu’au final, une fois les digues réalisées (au moins jusqu’à 2020) la différence sur la hauteur d’eau et les zones impactées est importante.

Aujourd’hui, nous sommes dans une situation extrêmement difficile car au-delà de la complexité de ce dossier, nous sommes à un noeud d’échéances qui entraine une situation de blocage totale alors que la transformation des POS en PLU dans les communes et la réglementation du PPRL s’imposera au futur PLU en 2016…

Nous ne voyons malheureusement pas réellement d’améliorations avant le premier trimestre 2016 et au niveau de la réalisation des travaux sur les digues, nous sommes malheureusement à des échéances très longues pour deux raisons : la durée des études techniques (malgré la procédure simplifiée) et l’étalement du financement pour les différents acteurs, car, il n’y a pas que l’Ile de Ré à défendre (Conseil Général, Région, Etat).

Nous attendons comme promis cette semaine par les deux parties les cartes informatiques complètes afin que nous puissions nous faire notre propre avis et discuter sur des choses concrètes. » 

Communiqué des associations

 

Olivier Falorni

« La position de l’Etat est incompréhensible pour les élus et les habitants »

Le député de l'île de Ré Olivier Falorni

Olivier Falorni

« J’espérais une réunion plus consensuelle, au mois de juin les relations entre CdC et Etat s’étaient détendues et les positions pouvaient se rapprocher. Là le dialogue de sourds était total avec une divergence de fond sur la méthode et les uns et les autres se rejetant la responsabilité, la CdC qui dit ne pas avoir été écoutée et la Préfecture regrettant le manque d’informations communiquées. ll ne faut pas personnaliser ce débat, la Préfète ne fait qu’appliquer la doctrine de l’Etat et a été mandatée par la Ministre et plus globalement l’Etat.

La circulaire de juillet 2011 est illogique et prône une doctrine maximaliste, apocalyptique, tandis que l’Etat ouvre le parapluie pour se protéger. Quel discours peut tenir le Maire des Portes aux habitants avec des cartes de l’Etat qui simulent 1,20 à 1,40 m d’eau au centre bourg alors qu’il n’y a pas eu d’eau lors de Xynthia ? Et plus globalement comment justifier auprès des contribuables que des millions d’€ d’argent public sont dépensés dans les digues qui ne protègent pas les populations selon la doctrine de l’Etat ? C’est incompréhensible pour tous d’autant plus que cela remet en cause la vie permanente de l’île de Ré, qui devient l’Atlantide !

L’île de Ré est victime du syndrome de la Faute sur Mer ce qui est très injuste pour ce territoire qui n’a pas construit de digues immobilières et a prévenu toute urbanisation incontrôlée. La seule issue sera dans la multiplication des contentieux auprès du Tribunal Administratif et une guérilla qui m’inquiète. J’espère que la situation va pouvoir se débloquer, ce qui ne sera pas facile vue l’intransigeance du Ministère ».

 Propos recueillis par Nathalie Vauchez

 

Léon Gendre – maire de La Flotte

Léon Gendre, maire de La Flotte

« Je suis solidaire mais je ne veux pas me battre contre l’Etat »

« Cela s’est mal passé l’Etat a fait très fort, notamment pour les communes du nord de l’île de Ré et je suis solidaire de mes collègues de la CdC. Ceci dit il va falloir se revoir et il faut relativiser les cartes d’aléas d’autant que les cartes informatives post-PAPI montrent que l’intégration des défenses des côtes change la donne sur des communes comme La Couarde, ce qu’a reconnu Patrick Rayton.

Le procès de la Faute sur Mer a beaucoup pesé puisqu’auraient dû être appelés à la barre deux Préfets et un directeur de DDTM, même si au final seul un directeur adjoint de DDTM a été mise en cause.

L’évolution de notre société n’aide pas non plus, les habitants qui subissent des dégâts exigeant systématiquement des dédommagements via la déclaration de catastrophe naturelle. Enfin les relations étroites entre le monde des assurances et celui de l’Etat ne sont pas étrangères à la doctrine de l’Etat. Depuis 4 ans les événements ont coûté très cher aux compagnies d’assurances alors que les gens ne sont pas prêts à voir grimper en flèche leurs cotisations.

Je suis solidaire de mes collègues mais je ne veux pas me battre contre l’Etat ».

Propos recueillis par Nathalie Vauchez

 

Maryline Simoné – Chargée de mission au Ministère de l’Ecologie

« Je reste malgré tout optimiste »

« Une attention particulière a été portée au PPRL de l’île de Ré avec de nombreuses réunions au Ministère, avant même que Ségolène Royal soit Ministre, grâce à son intervention auprès de ses prédécesseurs. Au-delà de la bataille d’experts, la doctrine prise en compte n’est pas la même. Nous espérions vraiment une forme de consensus, d’écoute, alors que les élus rétais se sont fermés dès le début du Comité de Pilotage. Il y a des perspectives encourageantes avec la réalisation des digues et les cartes post-PAPI, la possibilité de construire des étages, les ZIS et il fallait sortir ces cartes que l’on a attendues trop longtemps. La Préfète va rencontrer les Maires un par un et voir au cas par cas, dans un travail de dentelle. La Mission Littoral doit décider sans doute de nouvelles priorités de construction des digues en fonction des cartes post-PAPI.

La difficulté pour l’Etat dans les PPRL et PPRI est qu’il doit appliquer les mêmes règles pour tous les territoires, et être garant de la sécurité des habitants. Ceci dit les règles et les lois changent et il faut pouvoir continuer à discuter, notamment sur les travaux PAPI financés par l’Etat, la CdC, le Département et la Région. Je reste malgré tout optimiste ».

 

Propos recueillis par Nathalie Vauchez

Voir le point sur le dossier PPRL de l’île de Ré, les cartes d’aléas et digues (novembre 2014)

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