- Social
- Sécurité
Merci aux pompiers
374 sapeurs-pompiers de la Charente-Maritime en renfort extra-départemental depuis le 1er juillet, salués, honorés et félicités.
Il est un peu plus de 16 heures lorsque Sylvie Marcilly, présidente du Département de la Charente-Maritime, Stéphane Villain, président du conseil d’administration du SDIS 17 et Michel Prosic, préfet de la Charente-Maritime, rejoignent Didier Marcaillou, directeur départemental des Services d’Incendies et de Secours de la Charente-Maritime dans la caserne de La Rochelle-Villeneuve-les-Salines ce vendredi 7 août.
Tous sont venus saluer l’engagement dont ont fait preuve les sapeurs-pompiers charentais-maritimes mobilisés face aux feux de forêts des départements voisins.
Depuis le 1er juillet, 374 sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires sont partis en renfort dans les Pyrénées-Orientales, le Lot-et-Garonne et la Gironde où 314 d’entre-eux étaient engagés. Un feu hors norme et une organisation exceptionnelle avec pas moins de douze engins CCF* de lutte contre les feux de forêt et des camions à incendie urbains déployés pour protéger les maisons.
« Du fond du cœur, merci »
Devant une vingtaine de ces pompiers, Stéphane Villain ému, a salué leur engagement : « Votre travail est remarquable. Un travail de qualité fait avec beaucoup d’énergie et de professionnalisme. Du fond du cœur, merci pour votre courage, votre abnégation. Je suis particulièrement fier d’être président du SDIS 17. » Sylvie Marcilly leur a adressé ses sincères félicitations et sa profonde gratitude face à ce sens d’entraide interdépartemental. » Pour le préfet Michel Prosic, cette mobilisation démontre que « le modèle français de solidarité de la Sécurité Civile fonctionne et que les territoires peuvent compter les uns sur les autres face aux situations hors normes. Derrière les chiffres et les moyens engagés, il y a surtout des femmes et des hommes. »
« On se sent tout petit »
L’adjudant-chef Laurent Guillou du centre de Secours de Royan, sapeur-pompier professionnel depuis 25 ans s’était porté volontaire : « Quand on est arrivés sur les lieux à Saumos le 22 juillet, c’était vraiment une vision apocalyptique. On se sent tout petit et on se demande au bout d’un moment si on est suffisamment armé contre ça. Mais on avance tous ensemble, vigilants, toujours un œil sur les uns les autres, on respecte les ordres donnés, c’est une équipe qui travaille, on peut encore dire que c’est une famille, pas de rivalité entre SDIS, ils étaient contents qu’on arrive et nous de travailler. On a vu des choses impressionnantes, des images qu’on n’oubliera jamais. Il faut s’attendre à ce que ce soit de plus en plus fréquent ce genre de feux en France, il va falloir innover et calquer sur les pays comme le Canada habitué et confronté à ce type d’incendies. »
Clément Dardillac, entre solidarité et émotion
Clément Dardillac, lieutenant sapeur-pompier volontaire au CIS des Portes-en-Ré s’était lui aussi porté volontaire. « Pour le côté humain, vouloir aider les autres, c’est l’expérience qu’on va vivre dans ce groupe. Je suis parti avec des collègues que je ne connaissais pas ou presque. C’est une réelle cohésion qui se crée, des liens forts qu’on va garder. On était partis pour 48h, on est restés un peu plus, dit-il modestement. C’est physiquement dur, la première nuit on a dormi à peine 2h derrière le camion sur nos liens, ce sont les nerfs qui tiennent. Psychologiquement c’est compliqué aussi. Voir le malheur des gens… Quand on arrive à une logistique où il y a des bénévoles qui ont tout perdu mais qui nous attendent en nous applaudissant en nous offrant café ou fruit… Le souvenir de ces enfants qui jouent sur le parking devant la salle d’accueil et cette petite mamie avec son chien et sa poche de vêtements, il ne lui restait que ça… c’est difficile. »
Des hommes et aussi des femmes
Audrey Massy sapeur-pompier volontaire depuis deux ans et demi au CIS d’Ars-en-Ré, s’était portée volontaire sur la colonne** du 18 au 26 juillet. Elle est arrivée à Saumos dès le mercredi 22 juillet, à 14h30 précise-t-elle. « C’était impressionnant de voir cet énorme panache de fumée et d’être dedans. Le feu était partout, incontrôlable. » La peur, elle la ressentira le vendredi au Porge : « Toutes les 15 ou 20 minutes, ce qu’on croyait être des bonbonnes de gaz explosaient, c’était un champ de mines avec des obus. Quand on a la lance en main, on pense que ça va finir par péter près de nous. Oui, on a peur, par le biais des choses extérieures au feu qui peuvent exploser. Mais si demain il fallait y retourner, j’y retournerais.» Audrey est esthéticienne dans un centre de thalassothérapie, elle va tenter une seconde fois le concours de sapeur-pompier professionnel : « Être pompier c’est bien plus qu’une vocation, je veux en faire mon métier, je ferai tout pour y arriver. »
Prévenir, anticiper, organiser
Mettre en lumière l’engagement de ces femmes et de ces hommes, c’est aussi l’occasion de s’interroger sur les procédures de prévention et sur la capacité du territoire à faire face à des incendies de cette ampleur. Sylvie Marcilly indique qu’avec Stéphane Villain, ils veillent à ce que les pompiers disposent des moyens nécessaires : « Notre département est bien doté » assure-t-elle.
Avec le préfet de la Charente-Maritime, Michel Prosic, l’Office national des forêts, la Direction départementale des yerritoires et de la mer, l’Office français de la biodiversité, les présidents d’intercommunalité, l’Association des maires de France et les sapeurs-pompiers, un plan départemental de sauvegarde doit être élaboré d’ici le printemps prochain afin de mieux répondre aux situations d’extrême urgence. « Ce qui s’est passé en Gironde peut se passer chez nous. La frontière administrative n’est pas une frontière pour le feu. Anticiper, prévenir, organiser, c’est déjà lutter. » soutient Sylvie Marcilly.
Garder en mémoire
Et puis il y a le 18, un numéro à retenir comme il faut garder en mémoire le courage des pompiers toujours prêts à secourir. Alors oui, un immense merci à eux.
* CCF : Camion-Citerne Feux de forêt.
**Colonne : renfort extra-départemental composé d’environ 70 sapeurs-pompiers professionnels ou volontaires.
Lire aussi
-
SocialAddictions France distille infos et matériels à La Pergola
Addictions France a déplié son stand devant La Pergola jeudi 23 juillet au soir, à La Couarde. Contactée par la mairie, l’association tire un bilan positif de sa première intervention en boîte de nuit et reviendra en août.
-
SocialSe baigner… Sécur’ sur l’île de Ré
Courants, baïnes, vagues, hydrocution représentent des risques certains, la surveillance des enfants requière aussi une vigilance de tous les instants. C’est le message de prévention que sont venus délivrés au Poste de secours de Zanuck, à Saint-Clément, le préfet, le directeur départemental des sapeurs-pompiers et le délégué départemental de la SNSM, lundi 6 juillet dernier, en présence du maire.
-
SocialÀ La Couarde, petit déjeuner pour acteurs de la sécurité
Lundi 9 juillet de bon matin, Peggy Luton-Borie et le Conseiller délégué aux a"faires Mer et Littoral Thierry Delavaud, avaient donné rendez-vous aux di"férents acteurs impliqués dans la vie estivale de la plage du Peu Ragot et de ses abords. Objectif#: faire connaissance pour plus de fluidité.



Je souhaite réagir à cet article