Environnement

Eoliennes off-shore

Lettre NEMO N° 10* : Les photomontages ne sont pas truqués

Le Collectif NEMO répond aux critiques de Ré Avenir : Les photomontages présentés dans la lettre 10 de NEMO* ne sont pas truqués. Photo : DR.
Publié le 24/12/2021

L’industrialisation éolienne de la mer et des paysages marins : une atteinte grave aux valeurs paysagères patrimoniales, artistiques, mémorielles, touristiques, culturelles de la Charente-Maritime

* Lettre ouverte N°10 du Collectif NEMO – Ré à la Hune (realahune.fr)

Les images sources proviennent du site référencé par la CNDP(1). Elles ont été retravaillées parce que nous estimons qu’elles ne sont pas représentatives de ce que l’œil et le cerveau humain percevront en regardant l’horizon.

  1. Résolution des photomontages proposés

Les photomontages réalisés par le bureau d’études Géophom(2) ont une résolution importante permettant de représenter un champ de 180° avec une bonne précision (3 pixels par seconde d’arc). Les images correspondantes de 33000 pixels de large donnent lieu à des fichiers extrêmement volumineux. Le bureau d’études Géophom propose de réaliser des impressions grand format de 3 m de développé présentées sur support semi-cylindrique, à installer sur les lieux de débat, et destinées au grand public afin que celui-ci apprécie mieux l’impact visuel, dans des conditions plus proches de la réalité terrain. Ces supports seront peut-être exposés lors du festival Energies-Océan du 14/15 janvier 2022.

Pour en faciliter l’usage et permettre leur diffusion sur internet, les photomontages ont été fortement compressés (7390 pixels pour un champ de 180°), ce qui se traduit en général par un flou intrinsèque au niveau de chaque éolienne. Dans ces conditions l’évaluation de l’impact visuel du parc éolien en projet à partir de ces photomontages flous est impossible car biaisée. Que penserait-on d’un l’ophtalmologue qui testerait notre vue en nous montrant une échelle optométrique floue ?

Pour essayer de contrecarrer ce manque de netteté et de résolution, les couleurs et la netteté ont été retravaillées sur les images proposées par NEMO. A noter que nous avons demandé l’accès aux photomontages d’origine, sans succès.

  1. Angle de vue et acuité visuelle – Résolution angulaire ultime d’une minute d’arc

L’œil humain et le cerveau réagissent de façon différente selon que l’on embrasse un paysage ou qu’on focalise son attention sur un détail très fin de ce paysage. Dans ce dernier cas, l’œil utilise la fovéa, une très petite surface de la rétine (0,3 mm) avec ses millions de photorécepteurs sensibles aux couleurs (cônes) qui lui permet d’extraire tous les détails. Les photocapteurs du reste de la rétine (bâtonnets) sont bien moins résolvants et insensibles à la couleur.

Dans ce qui suit, on se réfèrera à l’angle minimum résolu par un œil humain ayant une acuité visuelle (3) de 10/10ièmes : c’est 1’ (une minute d’arc, soit 1/60ième de degré). L’optimum de résolution est dû à la fovéa(4) dont le champ visuel n’est que de 3 à 5°. Le cerveau utilise les données de la fovéa chaque fois que la meilleure acuité est nécessaire. C’est le « zoom numérique » de l’œil qui atteint donc un angle de vue de seulement 3 à 5 degrés. A noter que la lecture qui sollicite la meilleure résolution mais a besoin aussi d’une vue de l’environnement du mot lu emploie un angle de vue limité à environ 20°.

Ce sont ces angles de vue réduits (< 20°) qui sont mis à contribution lorsqu’on observe attentivement un objet lointain, tel qu’un champ d’éoliennes offshore, et non l’angle de vue global de l’œil, beaucoup plus vaste mais donnant une bien plus faible résolution.

  1. Perception dans le cas d’un champ d’éoliennes offshore

Que peut donc résoudre un œil humain doté de 10/10ièmes d’acuité ? Sa résolution angulaire est de 1’=0,29 mrad (10-3 radians), ce qui veut dire 1 mm à 3 m, 3 m à 10 km, 9 m à 30 km, 12 m à 40 km … L’œil peut donc distinguer un mât d’éolienne à plus de 30 km en utilisant son « zoom numérique ». De plus l’accumulation de ces éoliennes (35, 70, etc.) dans un angle réduit (de 15° à 35°) favorise leur perception. Enfin cette perception sera amplifiée par leur rotation.

Pour simuler ce phénomène, nous avons donc réduit le champ visuel à 15 à 20 degrés comme spécifié sur chaque image.

Signataires

Jacques BOULMER – Ex Chercheur CNRS Responsable associatif Membre de NEMO

Dominique CHEVILLON – Dirigeant d’entreprise Ex Président du CESER Nouvelle Aquitaine Responsable associatif Membre de NEMO

Pierrick MARION – Ex Directeur par intérim de la DIREN Poitou-Charentes Ex Chef du service patrimoine de la DREAL PC Responsable associatif Membre de NEMO

Bruno TOISON – Ingénieur agronome Ex Délégué Régional du Conservatoire du Littoral Responsable associatif Membre de NEMO

Philippe FAVREAU – Ex Dirigeant d’entreprise Responsable associatif Membre de NEMO

Monique HYVERNAUD – Ex Cadre d’entreprise Responsable associatif Membre de NEMO

(1) http://eolien-en-mer-sud-atlantique.geophom.info/

(2) http://www.geophom.fr/

(3) https://fr.wikipedia.org/wiki/Acuit%C3%A9_visuelle

(4) https://fr.wikipedia.org/wiki/Fov%C3%A9

Collectif NEMO

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Vos réactions

  • Philippe Chatin
    Publié le 30 décembre 2021

    Commentaire de Philippe Chatin

    Pourquoi les photomontages publiés par Némo dans » Ré à la Hune » du 8 décembre 2021 sont faux
    • Némo argumente que la fovéa fonctionne comme un zoom numérique de l’œil et permet en focalisant son regard sur un angle réduit (5°) d’en grossir la vision. On pourrait donc concentrer son regard sur un angle plus restreint et d’un coup donner un « coup de zoom » pour mieux voir. C’est juste faux et contraire à toute expérience de vision que chacun peut faire. Et pourtant, Némo a affiché sur un écran d’ordinateur les photomontages du site de la CNDP et les a grossis en augmentant le zoom de l’écran de façon à obtenir un angle de vue de 16°. Ce faisant, l’image a été augmentée par un facteur de trois (3,7 pour la vue de Grignon qui ne « rendait » pas assez bien à 3).Tout le monde muni d’un PC peut faire de même en se rendant sur : Projet éolien en mer en Sud-Atlantique (geophom.info) et zoomer sur les images jusqu’à ce que l’angle de 16° soit indiqué sur l’image et voir de combien il a zoomé. Concentrer la vue sur un angle plus réduit et l’amplifier en la grossissant, c’est le principe des jumelles.
    Némo nous fait donc voir les parcs éoliens au travers de jumelles grossissant 3 à 4 fois. C’est d’ailleurs très visible sur les mats des bateaux de la photo prise de la tour St Nicolas à La Rochelle
    • Sur certains montages, on ne voit pas que des éoliennes fictives, mais aussi des objets qui existent vraiment. C’est le cas par exemple de la vue prise de la plage de la Basse Benaie à Ste Marie de Ré. Là côte d’Oléron et le phare de Chassiron y sont visibles.

    Tout le monde peut donc de se rendre sur cette plage, muni des photos publiées dans votre revue et d’un PC sur laquelle le photomontage du site CNDP/Geophom a été téléchargé et de juger laquelle des deux sources rend compte fidèlement de la visibilité de la côte Oléronaise et du phare. (un conseil pour l’avoir fait : se munir d’un parasol pour pouvoir bien voir l’écran du PC en plein jour).

    Philippe Chatin

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  • Caton 17
    Publié le 31 décembre 2021

    Mais à noter quand même que selon la nouvelle zone d’installation proposée plus vaste et plus à l’ouest les éoliennes seront à près de 60 km de La Rochelle et de l’île de ré et que la partie supérieure du mât seule visible à ces distances faisant au maxi 7 m de largeur sera invisible : acuité visuelle inférieure à l’angle de vue

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  • Longue-vue
    Publié le 1 janvier 2022

    Capitaine Nemo ou comment nous fare grossir des éoliennes en boostant notre acuité visuelle !
    C’est pathétique.

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