L’île de Ré doit soigner ses « troubles circulatoires »…
C’est grave docteur ? Incontestablement, le diagnostic n’est pas des plus rassurants. L’état de santé de la circulation automobile s’aggrave et l’île souffre de thrombose à répétition à l’approche du pont.
Rivedoux est congestionné par les bouchons qui se forment à la sortie de l’île et la grogne, pour ne pas dire l’exaspération, monte auprès des habitants des derniers kilomètres rivedousais, qui ne peuvent ni entrer, ni sortir de chez eux, des Rétais et des visiteurs en transit immobilisés, sans parler des naufragés de la route, qui prisonniers des cars encalminés dans le flot de circulation ne prendront jamais leur train à l’heure prévue sur le billet.
Des galères de 4 heures d’attente
Rétais et visiteurs se retrouvent dans la même galère. Aux grands week-ends ou aux dates de vacances, il faut attendre parfois 4 heures pour sortir de l’île de Ré. La réflexion proposée par le CESIR lors du café citoyen du 27 mai au café de la plage à Sablanceaux, suivie par 30 personnes, fût très riche et mobilisatrice. Chacun a pu s’exprimer, écouter l’autre, pour réfléchir à des solutions réalistes, argumentées, qui mériteraient d’être entendues et prise en considération par l’autorité en charge du pont. Après l’exposé de Michel Martin qui avait pour objectif de cadrer le débat sur les problématiques de circulation et les bouchons automobiles au pont de Ré, de nombreux intervenants ont pris la parole pour dire combien la fréquence et l’importance des bouchons devenaient insupportables pour beaucoup de Rétais et les visiteurs. Pour ceux qui en douteraient, il suffit de lire les témoignages et les regrets exprimés sur divers forums de la toile. « Les bouchons sont contre-productifs pour le tourisme et la sécurité des rétais », s’exclamait un participant. « Il faut rapidement trouver des solutions pour assurer un flux régulier de sortie… ou limiter les entrées ». Nombreux sont ceux qui craignent à terme des dommages collatéraux sur la qualité de vie et des risques sur la sécurité sanitaire d’une population vieillissante, que seul l’hélicoptère peut évacuer faute de voie de secours en site propre. « Un retour au temps des bacs, on n’a pas progressé » constatait un autre participant. L’urgence semble faire l’unanimité.
Des témoignages et des propositions qui convergent
La circulation automobile, c’est de la mécanique des fluides : « Plus le tuyau est étroit, et plus l’écoulement est ralenti ! » Certains aménagements routiers et les ronds-points de « la Redoute » et de « Sablanceaux » sont contestés et désignés comme des facteurs aggravants, qu’il faut traiter d’urgence pour faciliter l’intégration des trafics qui convergent à ces noeuds routiers. La proposition de troisième voie de circulation sur le pont est souvent revenue, assortie de propositions de circulation alternative et d’aménagements pour piétons et cyclistes en encorbellement. De nombreuses solutions de ce type existent dans l’hexagone, comme sur le pont d’Aquitaine. Une proposition de nature à sécuriser les évacuations sanitaires et à améliorer la ponctualité des bus qui desservent la gare de La Rochelle, et surtout qui permettrait la gestion des flux circulatoires en sortie, dans les limites d’absorption de la rocade rochelaise, toutefois. Des propositions plus audacieuses de gestion du trafic routier remontant beaucoup plus en amont, au niveau du rond-point d’orientation de la Flotte vers Sainte- Marie, ont été écoutées attentivement, parmi de très nombreuses et intéressantes propositions complémentaires.
Une situation à prendre au sérieux
Ce débat animé par Didier Guyon permettait à tous de s’exprimer et de participer à une réflexion collective et citoyenne sur une problématique annoncée, qui va devenir très vite une préoccupation majeure des élus rétais et départementaux. Car on peut craindre le pire en haute saison ! Et déjà les réseaux sociaux préviennent les audacieux qui se risqueraient sur Ré des bouchons qui les attendent. Les Rétais aussi souffrent de cette situation, portant bien prévisible depuis la construction du pont, qui n’est pas pour autant remis en cause. Il faudra du courage politique, rechercher des solutions plus radicales et concertées, pour soigner ce qui ne relève pas de la « bobologie », mais bien d’une addiction grave à l’automobile sur un territoire fragile à la capacité de circulation limitée.
Prochain café citoyen le 1er juillet à 17h au Domaine Les Grenettes (Ste Marie) : « Le tourisme en ailes de saison sur l’île : pourquoi et comment le développer ? »
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