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Les travaux des combles perdus de l’hôtel des Cadets Gentilshommes
Façades, couverture, cheminées et charpente de l’hôtel des Cadets Gentilshommes, l’hôtel de ville de Saint-Martin-de-Ré, sont en chantier depuis des mois. Une partie des combles restaurés doivent être ouverts au public lors des journées du patrimoine.
Difficile de passer à côté et pourtant on ne le reconnaît pas. L’hôtel de ville, place de la République à Saint-Martin-de-Ré, est entièrement emballé de blanc depuis cet hiver. De loin, on aperçoit une sorte de chapiteau, « son toit parapluie », décrypte Guillaume Cudennec, agent administratif chargé du patrimoine à la mairie de Saint-Martin. Il s’agit d’une toiture provisoire de chantier, installée pour les travaux de rénovation de ce bâtiment construit à la fin du XVIIIe siècle (lire encadré). « Des réparations d’urgence sont faites après chaque tempête hivernale, mais là, il y avait des gros travaux à faire », poursuit Guillaume Cudennec. Alors que les dernières réparations importantes de couverture datent des années 1960, la mairie, propriétaire du lieu, a engagé des travaux d’envergure sur la charpente, les cheminées, la couverture et les façades. « La toiture et la façade de l’hôtel des Cadets Gentilshommes sont inscrites au titre des monuments historiques », précise Guillaume Cudennec. Le chantier est donc suivi par un architecte en chef des monuments historiques et par la direction régionale des affaires culturelles. Son coût : 1,8 M€, dont près de 400 K€ de subventions du Département et 250 K€ de l’Etat.
Avancer d’ouest en est
Le chantier a démarré en octobre 2025 par la construction de l’échafaudage. « Il a fallu trois mois pour boucler les quatre côtés, tout bâcher et mettre le bâtiment hors d’eau », détaille Guillaume Cudennec. Depuis, quatre corps de métiers se relaient, en avançant de la partie ouest de l’édifice vers sa partie est : charpentier, menuisier, maçon tailleur de pierres et couvreur. Toutes les ardoises ont été déposées en février, permettant un diagnostic de la charpente en chêne, d’origine. « C’est un bâtiment qui a vécu, le bois travaille », justifie Guillaume Cudennec. Les principaux défauts, dus à un manque d’étanchéité de la toiture, sont constatés à proximité des noues et des lucarnes. « On garde au maximum les bois d’origine et on remplace, à la marge, les sections abîmées », décrit-il encore.
L’impressionnant squelette en bois de l’hôtel de ville repose sur une corniche en pierre de taille. « Pour que le charpentier intervienne, il faut que la maçonnerie soit restaurée ». Alors, les premiers travaux consistent en la dépose, le recalage et la repose de pierres de corniche.
Les ardoises clouées une par une
La restauration des six cheminées est également au programme : reprise des briques et réenduisage doivent renforcer leur stabilité. En parallèle, le menuisier reprend tous les planchers sous les combles. Pour la partie couverture, les anciennes ardoises, fixées par des crochets en acier galvanisé sur des lattes, sont remplacées par « des ardoises plus épaisses, fixées par des clous en acier cranté pour éviter l’oxydation. Toutes les ardoises sont clouées une par une à la main sur un support en voliges de sapin traité », salue Guillaume Cudennec. « Tout est refait dans l’esprit du bâtiment, pour garder son cachet mais en tenant compte des pathologies et de la qualité des matériaux. »
Enfin, quand la toiture sera finie, l’entreprise de maçonnerie refera « tous les extérieurs, jusqu’en bas du bâtiment ». Il s’agit là de nettoyer par micro-abrasion et de rejointer l’ensemble des façades. Les trois façades donnant sur les rues étant construites en pierres appareillées et la façade nord en moellons de calcaire recouvert d’enduit.
Fin des travaux théorique : février 2027, avec le démontage de l’échafaudage.
L’histoire de l’hôtel des Cadets Gentilshommes
Le bâtiment est construit à la fin du XVIII e siècle sur les fonds propres de l’hôpital Saint-Honoré, à Sain t-Martin. « C’était un immeuble de rapport », note Guillaume Cudennec, soit un bâtiment qui devait rapporter de l’argent. Très vite, sur ordonnance royale de Louis XVI, il héberge les Ca dets Gentilshommes de la marine, une compagnie de troupes coloniales composée d’officiers formés à S aint-Martin avant de partir aux Antilles. Puis sa charge évolue au fil du temps et de l’histoire. Et c’est en 189 1 que la mairie s’y installe, à la suite de l’incendie de ses anciens locaux. Elle louera le bâtiment à l’hôpital jusq u’en 1907, quand Ernest Cognacq, fondateur de la Samaritaine à Paris, achète l’hôtel des Cadets Gentilshommes pour en faire don à la mairie. « La seule condition était de créer un musée Ernest Cognacq », plaide Guillaume Cudennec. Ce qui a été fait au sein de l’hôte l des Cadets Gentilshommes, jusqu’à ce le musée déménage en 1969, hôt el de Clerjotte. Aujourd’hui, l’hôtel des Cadets Gentilshommes abrite toujours la mairie et La P oste.

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