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Les tortues marines : trente ans de retours à l’océan
Voilà trente ans que le Centre d’Études et de Soins pour les Tortues Marines (CESTM) a ouvert ses portes au sein de l’Aquarium de la Rochelle. Sa mission première est de soigner et de réhabiliter les jeunes tortues de mer venues s’échouer sur nos côtes.
II s’agit surtout de tortues caouannes que l’on différencie des six autres espèces par leur couleur très orangée. Durant l’hiver, les jeunes individus migrent dans l’Atlantique et peuvent être victimes de tempêtes ou de courants forts, combinés à des crises d’hypothermie dans des eaux trop froides. Un phénomène qui s’intensifie à mesure que le changement climatique fait fondre le pôle Nord. Beaucoup de tortues meurent d’épuisement mais certaines sont retrouvées par des promeneurs, le long des côtes de l’Atlantique et de la Manche. Elles sont alors envoyées en soin à l’Aquarium.
Dans de très rares cas, on peut retrouver des gros individus semi-adultes et deux autres espèces de reptiles moins communes.
Reconnaissable à sa carapace noire, la tortue de Kemp est la plus menacée de toutes les tortues marines. La tortue verte est très répandue dans les récifs coralliens et peu présente chez nous. Seuls deux spécimens ont été relâchés depuis la création du centre.
Les tortues passent plusieurs mois à se rétablir. Puis, lorsque les soigneurs estiment qu’elles sont suffisamment guéries, le grand retour à l’océan a lieu. Il se déroule généralement en juin, sur la plage de la Conche des Baleines à marée descendante. Un rendez-vous annuel qui fait le bonheur des écoliers. Une fois posées sur le sable, l’instinct naturel reprend le dessus et une course s’engage pour se jeter dans les vagues.
Et l’histoire ne s’arrête pas là puisque certains individus sont équipés de balises GPS. Le public peut alors suivre leurs déplacements sur le site de l’Aquarium. Une initiative scientifique menée par l’ONG Upwell. Ainsi, en connaissant les trajets migratoires des tortues, les chercheurs peuvent délimiter des zones à sanctuariser pour éviter que des bateaux ne viennent perturber ces reptiles.
Depuis sa création, le centre a recueilli, soigné et relâché plus de quatre cents pensionnaires. Et un nouveau retour à l’océan devrait avoir bientôt lieu. Si d’ordinaire une dizaine de tortues sont relâchées tous les ans, l’année 2024 a été marquée par des échouages records avec plus de cent trente animaux sauvés. Rappelons que les tortues marines sont toutes gravement menacées. La pollution plastique, le braconnage, les filets-fantômes et les collisions navales tuent des milliers d’individus chaque année. Le réchauffement climatique aggrave la situation car, avec des températures trop chaudes, les oeufs pondus ne donnent que des femelles.
Mais bonne nouvelle : la tortue verte n’est plus une espèce menacée grâce aux efforts de conservation. Et de plus en plus de tortues caouannes viennent pondre sur les côtes méditerranéennes françaises. L’espoir est donc permis.!
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