Les spécialistes dans les entrailles du Pont de Ré

Ce jeudi 20 décembre 2018, le Département a convié les médias à une visite de chantier dans les entrailles du Pont de l’île de Ré, sous haute sécurité, le site étant « Vigipirate ». Un peu plus de trois mois après la rupture d’un câble du Pont (lire notre article « Quand le Pont pète un câble » sur realahune.fr), les deux Entreprises retenues par le Département pour remplacer le câble défectueux, Freyssinet et Sixense, travaillent d’arrache-pied en vue d’une finalisation des travaux fin janvier/début février 2019.

Il s’agit d’abord de sécuriser le chantier, pas à pas, tronçon par tronçon, pour atteindre le câble rompu, afin de le remplacer. En effet, le Pont est composé de six tronçons, et de deux-cent-dix-huit câbles de précontrainte extérieurs, dont 34 câbles dans le viaduc 1 le plus proche de l’île de Ré et 36 câbles dans le viaduc 2, là où est survenue la rupture de câble. Chaque câble supporte 1600 tonnes de précontrainte, soit l’équivalent de 40 poids lourds. Un câble ne rompt pas d’un coup mais fil par fil.
Ainsi, tout le long de l’avancée du chantier dans les entrailles du Pont, l’Entreprise de précontrainte Freyssinet et l’Entreprise de système de mesurage Sixense appareillent les câbles, qui sont tous sanglés, et contrôlés par ultrasons grâce à l’installation de capteurs acoustiques; toutes les têtes d’ancrage et l’intégralité des câbles sont vérifiés. L’objectif étant de détecter les éventuels fils de câbles qui pourraient rompre.
Ce chantier d’envergure répond à trois obligations : de sécurité, de délai, et techniques. Il est, on le comprend, ultra-sécurisé pour le personnel du chantier et, le Département le rappelle, il n’existe aucun risque pour les usagers du Pont, sachant que toutes les mesures de précaution ont été prises dès l’incident survenu.

Le coût prévisionnel de ces travaux, intégralement supportés par le Département, est évalué à 2 784 605 €. Le budget annexe du Pont provisionne évidemment l’incidence financière de tels évènements, une part de l’écotaxe payée à l’entrée du Pont étant dédiée à l’entretien et à la maintenance de l’Ouvrage. Toutefois, cet incident intervient un peu plus de trente ans après la construction du Pont (dommage… certaines assurances couvraient jusqu’à la 30ème année), alors que la durée de vie d’un câble est d’au moins cent ans. C’est ainsi une malfaçon humaine qui est à l’origine de cette rupture de câble, de la mousse de polyuréthane ayant été injectée dans ce câble au lieu de ciment, l’humidité stockée au fil du temps ayant ensuite opéré. Il n’est pas exclu qu’une telle malfaçon se retrouve dans d’autres câbles, d’ailleurs.
A l’occasion de ces travaux, le Département entreprend une révision complète des câbles. Et, afin d’anticiper la survenue de tels incidents, il envisage d’appareiller l’ensemble du Pont avec un système de monitoring surveillant en permanence les câbles par ultrasons, en plus des caméras déjà installées dans le Pont. Même si une rupture de câble ne peut être évitée, l’anticiper permettrait d’intervenir plus en amont et dans de meilleures conditions.
Les contraintes de circulation (50 km/heure) et autres mesures de sécurité (poids lourds) continuent de s’appliquer, bien évidemment, jusqu’à la finalisation des travaux, à la fin janvier ou au début de février, le Département l’espère.


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