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Les 200 ans de la SNSM au coeur d’une Causerie
L’AIA, Association d’information arsaise, a célébré les deux cents ans de la Société nationale de sauvetage en mer dans une Causerie organisée le 5 mars dans la salle des fêtes d’Ars-en-Ré.
Paulette Comes a débuté cette conférence en réalisant un historique de la SNSM. La première station de sauvetage française apparut en 1825 à Boulogne-sur-Mer, et en 1865 un décret impérial créa officiellement la SCSN, la Société centrale de sauvetage des naufragés. Cette dernière prit rapidement de l’ampleur et des stations se créèrent un peu partout. En 1873, une autre société vit le jour en Bretagne : la Société des hospitaliers sauveteurs bretons qui essaimèrent des postes de secours sur tout le littoral à l’heure où les bains de mer étaient à la mode. À la sortie de la seconde guerre mondiale, la SCSN et la Société des hospitaliers sauveteurs bretons fusionnèrent à la demande des pouvoirs publics pour donner naissance à la Société nationale de sauvetage en mer, dont la vocation était déjà de secourir bénévolement et gratuitement les vies humaines en danger en mer et sur les côtes. Elle fut reconnue d’utilité publique en 1970.
1869 sur l’île de Ré
Sur l’île de Ré, la SCSN fit construire en 1869 la station du Canot de sauvetage au niveau de la Pointe des Baleines, là où se produisaient de nombreux naufrages. « C’était un canot en bois conduit à la rame et insubmersible » a expliqué Paulette Comes. « Il fallait pas mal de manoeuvres pour le mettre à l’eau. L’alerte était donnée soit par tocsin ou coup de canon et signalée par un drapeau noir sur le sémaphore. » « À la fin de la seconde guerre mondiale, l’association prend le nom des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et crée la station de sauvetage de l’île de Ré. En 1967, cette station de sauvetage, basée à la Couarde, prend le nom de SNSM. »
Paulette Comes a également rendu hommage aux anciens de la SNSM, notamment à Edmond Giraudeau, membre du dernier équipage du Canot de sauvetage de Saint-Clément et à son fils Pierre, Jean Baudoin, qui fut le Président de la SNSM pendant trente ans jusqu’en 2007, ou encore Jean-Prosper Trocmé, qui fut le dernier pêcheur de sardines d’Ars mais aussi sauveteur de la SNSM.
« Sauver des vies »
Grégory Ziebacz a ensuite pris la parole. Cet ancien gendarme et nageur sauveteur en poste sur l’île de Ré a fait partie de la SNSM dans les années 1980. Il s’est appuyé sur des archives de la SNSM pour donner de nombreuses anecdotes sur le quotidien des sauveteurs rétais. Lui aussi a tenu à citer de nombreux noms de l’histoire du sauvetage sur l’île, tels Alphonse Penaud, Marcel Drugeon ou encore Tatave. « Ces gens-là ne cherchaient pas la reconnaissance. Ils faisaient cela pour sauver des vies, c’était dans leur ADN », a insisté Grégory Ziebacz. Il a également évoqué les grandes évolutions de la station sur l’île de Ré et a partagé certaines de ses expériences, comme les premiers exercices de sauvetage avec hélicoptère.
Jean-Luc Dupeux, membre de la SNSM depuis 25 ans et ancien président de 2005 à 2017, était là pour représenter l’équipe actuelle. Il a conclu la Causerie en diffusant un film réalisé sur le sauvetage d’un bateau de régate. Il a rappelé quelques chiffres. « On fait environ quatre-vingt interventions par an et l’année dernière on a ramené cent-vingtcinq personnes à terre. » « L’important c’est de réussir la mission. Quand on part, on ne sait pas sur quoi on part, ni ce qu’il va se passer. L’important c’est de réussir, et de rentrer. »
Bénévolat
Une question dans le public a soulevé le sujet des financements et du bénévolat des sauveteurs. « À l’origine ce sont des pêcheurs qui allaient sauver d’autres pêcheurs en mer », a expliqué Jean-Luc Dupeux. « C’étaient des amis, des copains. Nous on continue dans cette mentalité. On fait ça parce qu’on a l’envie et le désir de sauver des vies. Je ne sais pas si ce serait pareil si c’était une activité rémunérée. On a aujourd’hui vingt-huit personnes à la station, une quinzaine qui navigue et les autres sont très importants aussi pour gérer tout ce qu’il y a autour, et je pense que ça marche bien justement grâce au volontariat et l’envie de bien faire. »
Une participation était proposée au public à l’issue de la soirée, dont les bénéfices ont été reversés à la SNSM.
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