Enfants et jeunes

Petite enfance

Les « Poissons dans l’eau » font des remous…

Brigitte Lalanne, au centre, directrice du Jardin d’Enfants de La Flotte, entourée (à gauche) de Sandrine Boubekeur et de Myriam Fays
Publié le 10/02/2021

Les réseaux sociaux bruissaient depuis plusieurs semaines autour de la possible fermeture du jardin d’Enfants de La Flotte. Information confirmée dans notre précédente édition de Ré à la Hune*. Après une réunion organisée par Jean-Paul Héraudeau, le 23 janvier 2021, confirmant cette fermeture, un collectif de mamans a ainsi lancé une pétition sur mesopinions.com, adressée au maire de La Flotte**, notamment relayée sur le groupe Facebook « Réthais/Réthaises »…

« La grande inquiétude des familles est de savoir comment seront accueillis les enfants par la suite.Quelles seraient les dépenses que cela pourrait occasionner, sachant que nous vivons une crise sanitaire sans précédent… Remplacer un service qui fonctionne et dont toutes les familles sont satisfaites par un service pour lequel nous n’avons aucune information, nous inquiète » a écrit vendredi 5 février le Collectif des mamans au Maire, Jean-Paul Héraudeau, souhaitant instaurer un dialogue avec la municipalité, « afin que vous puissiez nous informer plus clairement sur le devenir de ce jardin d’enfants ».

Un espace d’épanouissement extraordinaire pour les 2-3 ans

Cette pétition, qui a recueilli 212 signatures électroniques « et une cinquantaine de signatures manuelles » au 6 février 2021, « a pour but de s’opposer à cette fermeture ». La Commune s’est, en effet, dotée depuis 2006 d’une structure ouverte aux enfants de toute l’Ile de Ré dès 2 ans : « Classe Passerelle » de 2006 à 2011, puis maintenue en tant que « Jardin d’Eveil » de 2011 à 2018, la Commune ayant pris le relais financier de l’Education Nationale à la disparition des classes Passerelle, avant de devenir en janvier 2019 « Jardin d’Enfants », baptisé « Les Poissons dans l’Eau ». Encadrés par trois professionnelles de la petite enfance, Brigitte Lalanne, directrice, Sandrine, aide éducatrice et Myriam, ATSEM, les enfants y sont particulièrement bien accompagnés, à un âge pivot entre l’assistante-maternelle ou la crèche et la petite section d’école maternelle. Le développement de l’enfant y est fortement favorisé, dans un espace de découvertes, d’éveil et d’apprentissage, avec des enfants du même âge, tous ainsi bien préparés à l’école maternelle. Les locaux sont implantés dans l’enceinte du groupe scolaire, avec certains espaces mutualisés (mais jamais fréquentés en même temps, une exigence de l’Education Nationale), la connaissance des lieux constitue un autre atout pour la scolarisation dès 3 ans.

« Par cette pétition nous vous demandons le maintien de notre jardin d’éveil qui est certes «atypique» mais qui offre tellement à nos enfants de toute l’Ile de Ré et qui devrait bien au contraire faire la fierté de notre village. Ne laissons pas notre jardin d’éveil disparaitre aidez-nous à le maintenir pour nos enfants » expliquent les mamans dans leur pétition.

© Nathalie Vauchez – Archives Ré à la Hune – Les enfants du Jardin d’Éveil, lors de la fête de fin d’année, en juin 2014. On y voit Brigitte Lalanne (robe noire), alors éducatrice, aujourd’hui directrice, aux côté de Fabienne Dimnet (haut bleu fleuri), qui en était la directrice et de Sandrine Boubekeur (bleu uni, au centre), toujours présente aujourd’hui

Une fermeture précipitée ?

Elles ont bien compris qu’un projet d’ouverture d’une « Très Petite Section » à l’école maternelle est en cours (lire ci-dessous les arguments de Jean-Paul Héraudeau), mais s’inquiètent sur sa réelle ouverture dès la prochaine rentrée scolaire, et on relève, par ailleurs, une certaine confusion dans les esprits avec le projet du Maire de création d’une Maison des Assistantes Maternelles.

Parmi les arguments avancés, la date de fermeture – certes inéluctable – est centrale. « Pourquoi précipiter cette fermeture dès la rentrée 2021/2022, sans avoir de solution de remplacement concrète, alors que le jardin d’enfants peut perdurer jusqu’en 2024 ? ». « Où sont les économies, si les trois personnes rejoignent l’école maternelle et l’ALHS « Les Petits Mômes » comme nous l’a expliqué Monsieur le Maire ? » « Nous sommes très inquiètes, il y avait déjà 10-12 enfants « pré-inscrits », pour une capacité maximale de 12 places, issus de familles de La Flotte mais aussi du Bois-Plage, la Mairie ne propose aucune solution à ce stade ». « On justifie cette fermeture par le non-agrément CAF-PMI, alors que Brigitte Lalanne a monté un dossier et qu’un Agent de la CAF a estimé qu’il manquait simplement une lingerie pour obtenir l’agrément PMI », explique le collectif à Ré à la Hune.

A lire les commentaires sur les réseaux sociaux, autour de cette pétition, on perçoit une certaine confusion, nécessitant probablement une nouvelle rencontre, les tentatives de messages pédagogiques sur Facebook du Directeur des Services Techniques, David Aubin, n’ayant apparemment pas suffi à rassurer le Collectif des Mamans…

Décidément cet atypique jardin d’éveil, qui s’est souvent invité dans les Conseils Communautaires durant le précédent mandat, opposant les précédentes municipalité et intercommunalité, ainsi que dans la campagne des dernières élections municipales de La Flotte, n’a pas (tout à fait) fini d’alimenter les débats. Certainement la rançon de son succès.

Nathalie Vauchez

NDLR : Le Maire nous a fait savoir ce 9 février 2021, qu’il va recevoir prochainement, une nouvelle fois, le Collectif des Mamans

* « La Flotte réfléchit global et agit local » paru dans Ré à la Hune N° 216 et à retrouver sur www.realahune.fr

** « Toutes les mamans concernées, et notamment les plus informées, n’ont pas pu participer à cette réunion, au cours de laquelle les bonnes questions n’ont pas toutes été posées », nous précise l’une des mamans à l’origine du Collectif

« L E S P O I S S O N S D A N S L ’ E A U »

Le Maire précise ses arguments

Dans un courrier adressé à Ré à la Hune, faisant suite à l’article paru dans notre édition N° 216 (voir cidessus), le Maire, Jean-Paul Héraudeau, a souhaité apporter le complément d’informations suivant

Premier sur la liste des projets de la commune que nous cite le Maire, la création d’une Maison des Assistantes Maternelles (MAM). « Trois d’entre elles se sont regroupées dans une association, nous souhaitons mettre à leur disposition un local, pour qu’elles puissent organiser des activités communes. Nous devons répondre à la demande des jeunes familles, avec des enfants en bas âge. Le jardin d’enfant sera supprimé à la prochaine rentrée scolaire 2021/2022. En effet, le jardin n’a pas d’agrément (ni CAF, ni PMI). De plus, la compétence petite enfance ayant été transférée à la Communauté de Communes, il est illégal que la Commune paye un service qui ne ressort plus de sa compétence, et la CdC de l’île de Ré n’a pas la possibilité de prendre en charge un service supplémentaire puisque sa capacité d’accueil pour ses structures petite enfance (crèches…) ne sont qu’à 70 % de remplissage.

D’autre part, du fait du lancement par l’Etat d’une nouvelle politique éducative, qui prévoit la remise en place des TPS (Très petite Section) pour les enfants de 2 à 3 ans, dans toutes les écoles, la Commune a sollicité l’Education Nationale pour pouvoir accueillir de jeunes enfants dans une section TPS de notre école maternelle. Le service « Jardin d’Enfants » n’ayant plus lieu d’exister pour toutes les raisons exposées, nous allons en profiter pour dynamiser le centre de loisirs Les Petits Mômes, repenser un peu son organisation, d’autant que le directeur adjoint va partir en congé parental et qu’il nous faudra renforcer l’équipe de direction ».

Le Maire, Jean-Paul Héraudeau

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