Les Jardins d’Arcadie, une résidence pleine de vie
Les résidences pour séniors ne sont ni des maisons de retraite, ni des EHPAD et contrairement à ceux-ci ne sont pas médicalisées. Le concept est relativement nouveau et il n’existe qu’une seule résidence dans l’île. Celle-ci, qui a fêté son 3e anniversaire le 2 mars dernier, a bien voulu nous ouvrir ses portes.
La résidence Les Jardins d’Arcadie accueille des personnes autonomes ou semi autonomes (comme indiqué dans sa plaquette de présentation) de plus de 60 ans depuis le 27 février 2023, date de son ouverture au Bois- Plage. Installé à quelques pas de la plage des Gollandières, l’ensemble résidentiel bénéficie d’un environnement exceptionnel. Chaque résident loue son appartement (du studio au T3), meublé ou non, et organise son quotidien comme il l’entend, sorties comprises.
Si le fonctionnement des différentes résidences est semblable, certaines adaptations s’imposent en fonction de la topographie des lieux. C’est le cas ici, où l’ensemble résidentiel est proche de la mer, mais assez éloigné du centre ville et des commerces. Problème compensé par la mise à disposition de transports gratuits et collectifs réguliers ainsi que de taxis à la demande permettant chaque semaine de se rendre dans les grandes surfaces de l’île et une fois par mois à Beaulieu et à la Rochelle. Cela n’a pas la souplesse d’une voiture individuelle, comme certains peuvent le regretter, mais désenclave la résidence et ceux, qui n’ont pas de voiture ou bien ne conduisent pas, apprécient.
Des animations nombreuses et variées
L’accueil de la résidence du Bois-Plage et les pièces l’entourant au rez-de-chaussée donnent le sentiment, lorsque l’on y pénètre, d’une maison accueillante et ouverte sur l’extérieur par ses grandes baies vitrées laissant entrer la lumière. Il y a du monde qui va et vient, se rendant ou revenant d’une séance chez la coiffeuse ou la pédicure, jouant aux cartes ou au scrabble dans le salon détente avec espace TV, les salles d’animation et de sport, ou le salon de l’accueil.
Les résidents retrouvent ici une autonomie qui favorise l’estime de soi et l’envie d’aller vers les autres, contrairement à une structure médicalisée comme l’explique Justine Desvilles, la directrice. C’est le gros avantage des résidences séniors, mais il est évident que beaucoup dépend de l’élément humain, c’est-à-dire du dynamisme de l’équipe assurant le fonctionnement de la résidence, de la motivation de ses intervenants, de sa capacité à créer des situations de rencontres.
Un programme varié d’animations propose régulièrement aux résidents des activités physiques et de bien être tel le Taï Chi adapté de Louise Lott et Jean- Philippe Roger le Pilates avec Laetitia, sur chaise ou sur tapis et, depuis le 5 février, une activité animée par la Fédération Française de Cardiologie. Le sport adapté, toujours avec Louise, la pétanque, quand le temps le permet, sinon le billard avec Séverine et des concours de fléchettes avec Sarah favorisent le mouvement en douceur. Une séance piscine a lieu tous les quinze jours, dans un établissement extérieur.
Des ateliers permettant de stimuler la créativité et la vie sociale des résidents ont lieu chaque semaine : ateliers créatifs avec Sophie, peinture avec Nicole, et sérigraphie avec Céline, conférences sur des sujets variés avec Claudie et Simone. Des événements ponctuels ouverts à tous complètent ces activités : concerts et guinguettes, expositions artistiques, chorales, célébration des fêtes traditionnelles accueillant des personnes de l’extérieur (Noël, Chandeleur, Pâques) renforcent les liens avec la communauté locale. Le week-end offre, une fois par mois, des conversations en anglais aux amateurs et une séance de cinéma le dimanche après-midi.
La journée est jalonnée de divertissements : jeux de cartes, bridge que l’on peut également pratiquer avec Marie- France, scrabble à 17h en semaine et Papo’Thé le dimanche à 16h30 où l’on peut converser entre résidents et personnes de l’extérieur en prenant le thé ! Une fois par mois, le jeudi on célèbre les anniversaires des résidents autour d’un gros gâteau.
Le management de Justine Desvilles
Justine Desvilles gère une maison accueillant une centaine de résidents avec une équipe d’une quinzaine de personnes. Les animations sont primordiales dans son management. Au-delà du divertissement immédiat, leur rôle est également de faire en sorte que les personnes se rencontrent, fassent connaissance, établissent des liens réguliers éventuellement des amitiés qui les aident à lutter contre l’isolement, car si le rez-de-chaussée de l’établissement est animé, les longs couloirs menant aux appartements le sont moins et peuvent conduire à la solitude. Ce qui est proposé semble marcher, la communication passe entre les résidents : ceux-ci se reçoivent entre eux et des petits noyaux d’amis se constituent. Les apéros rassemblent une soixantaine de personnes comme les célébrations d’anniversaires. Les loisirs, plus ciblés, réunissent de 15 à 40 résidents. La musique et le théâtre, attirent chacun une cinquantaine.
Le prix de la location de ces appartements est plus élevé que des loyers moyens classiques dans l’île de Ré, en raison des services qui les accompagne. Ce qui signifie que les locataires sont généralement issus de milieux disposant de revenus suffisants, même si ces locations ne sont pas réservées à une élite aisée, et s’attendent à un niveau de prestations et services auxquels ils sont habitués. Les services standards comme l’accueil, la conciergerie, l’entretien des espaces collectifs sont complétés par des services à la carte facilitant le quotidien des locataires : blanchisserie, entretien de l’appartement, petit bricolage, éventuellement aide administrative, etc. Dans l’ensemble les résidents paraissent satisfaits.
Un restaurant propose un menu le midi (avec trois choix par plat), dimanche inclus. Le soir, il est possible de se faire livrer un plateau repas à l’appartement. Le service à la personne, va au-delà de ce qui est habituellement proposé dans les résidences séniors et emploie trois auxiliaires de vies, dévouées et souriantes, qui comme Paula, avec qui nous nous sommes entretenues, sont heureuses de s’occuper d’une dizaine de résidents qu’elle n’hésite pas à qualifier « d’adorables ».
Justine Desvilles, que l’on rencontre beaucoup sur le terrain est facilement accessible. L’opinion des résidents est prise en compte : ils ont la possibilité de participer, trois ou quatre fois par an au Conseil de vie de la résidence qui n’est pas dans cette structure une obligation, mais bien un souhait de la direction. De même il existe une commission restauration.
Cette résidence n’est certainement pas parfaite, mais c’est une maison qui n’engendre pas la mélancolie avec un personnel souriant, un restaurant plein tous les midis et des animations suivies. Il reste des choses à améliorer ou à mettre en place et c’est le rôle de la directrice qui en est consciente. Dans l’immédiat, Les Jardins d’Arcadie fêtent leur troisième anniversaire. Un escape game ouvert aux personnes extérieures à la structure a eu lieu le 2 mars. Vendredi 13 mars, concert et quizz musical par MJ William et Jacko animeront l’après-midi à partir de 15h avec un gâteau d’anniversaire et un atelier de création florale avec Rosinette samedi après-midi.
TÉMOIGNAGES DE RÉSIDENTS
Françoise Basset – Françoise connaissait la région et l’île de Ré lorsqu’elle décida de se faciliter la vie au quotidien tout en optant pour une amélioration de sa vie sociale. Après avoir visité Les Jardins d’Arcadie en compagnie de sa fille, elle s’y est installée pour une semaine. Test concluant : elle avait l’impression d’être chez elle au milieu des paysages de sa jeunesse ! Première constatation, le personnel est aux petits soins pour les résidents « Ils sont tous plus adorables les uns que les autres » nous dit Françoise.
Assez isolée jusque-là, elle apprécie de se trouver dans une maison vivante où l’animation n’est pas un vain mot. Les intervenants sont nombreux, les activités variées : manuelles ou plus culturelles et créatives. La résidence accueille aussi des concerts de piano et des chorales. Les sorties sont nombreuses et régulières dans les commerces et grandes surfaces de l’île ainsi qu’à Beaulieu et à La Rochelle, mais également pour aller assister à une séance de cinéma à La Maline ou se baigner à la piscine. Françoise se réjouit de pouvoir profiter des services de la pédicure, de la coiffeuse et de la manucure sans avoir à se rendre à un rendez-vous extérieur. Physiquement en mesure d’entretenir son appartement, elle a cependant opté pour qu’un grand ménage soit effectué tous les quinze jours par les services de la résidence. Elle pratique assez régulièrement le restaurant surtout lorsqu’elle reçoit des invités, ce qui est le cas lorsque ses enfants, sa famille et ses amis lui rendent visite.
La formule de cette résidence des Jardins d’Arcadie semble bien lui convenir et si elle s’y sent bien c’est aussi parce qu’ici elle a trouvé le moyen d’échapper à la solitude en diversifiant ses activités et ses contacts.
Antoinette Merine – Après le décès de son époux, Antoinette Merine a mal supporté sa solitude. Possédant une maison dans l’île, elle avait pu suivre l’installation des Jardins d’Arcadie au Bois-Plage et décida, le moment venu, de tenter l’expérience tout en conservant sa maison dans laquelle ses enfants passent leurs vacances. Ici, elle apprécie l’environnement calme et harmonieux. Globalement, elle se sent bien aux Jardins d’Arcadie avec cependant quelques petits problèmes qu’elle aimerait voir se résoudre, comme la possibilité de trouver au restaurant au moins un plat un peu plus léger que les autres et sans sauce, tenant compte des problèmes de santé de certains résidents. Concernant le personnel, Antoinette est comme beaucoup de personnes qui prennent de l’âge, elle n’aime pas le changement. Il est vrai que l’équipe est encore en train de se constituer et qu’il y a des mouvements. Les transports vers La Rochelle lui paraissent un peu compliqués : si l’on sort des programmations habituelles, il faut réserver longtemps à l’avance et ce n’est pas toujours pratique.
En revanche, elle adore les animations, qui selon elle, se sont améliorées de façon remarquable ces trois derniers mois. Elle apprécie particulièrement la possibilité de pouvoir converser en anglais ainsi que les différents jeux proposés. Le fait que les salons et salles d’animation soient accessibles même tard le soir est un plus. Elle aime les sorties culturelles qui ont lieu en semaine, comme par exemple cette visite de la Sirène effectuée récemment, et qui lui a fait découvrir un lieu qu’elle ne connaissait pas. Au final, elle ne regrette pas d’avoir choisi de venir s’installer aux Jardins d’Arcadie où elle a trouvé son équilibre.
Lucette et Marcel Raimbault qui ne pouvaient être présents lors de notre enquête nous ont fait parvenir le témoignage ci-dessous.
« (…) Constatant que nous ne pouvions plus demeurer en zone de montagnes, nos enfants ont fait le choix de notre venue sur l’île de Ré où ils résident. Arrivés début juillet 2025, nous réalisons maintenant que le choix était judicieux. (…) Tout naturellement, nous nous sommes insérés au sein de cette résidence. L’accueil chaleureux et bienveillant de la part de la direction et des membres du personnel, , les activités variées, librement proposées aux résidents sont autant d’atouts qui ponctuent agréablement les journée. La propreté des lieux, les installations adaptées dan les locaux mis à disposition, la présence permanente de jour comme de nuit, permettent à chacun de poursuivre son existence quotidienne en sécurité.
Toutefois l’implantation de cette résidence distante d’un bon kilomètre du centre ville, de la pharmacie et des commerces de proximité, la suppression récente des services postaux habituels posent de réels problèmes d’accès et de services à notre population vieillissante. Pour pallier ces inconvénients, la direction a mis en place un service gratuit de transports collectifs. (…)
Il convient enfin de préciser, que la proximité de l’Océan offre la possibilité de sorties quotidiennes, à pied, pour rejoindre la plage. Pour conclure, mon épouse et moi, ne regrettons pas ce choix de nos enfants. Ainsi nous envisageons notre proche avenir avec beaucoup de sérénité. ».
Témoignages recueillis par Catherine Bréjat
TÉMOIGNAGES DU PERSONNEL
Bruno, veilleur de nuit – L’un des pôles importants du fonctionnement des Jardins d’Arcadie repose sur le veilleur de nuit. Ils sont deux, travaillent en alternance une semaine sur deux et disposent chacun d’un appartement dans la résidence. Bruno prend son service à 19h en livrant les plateaux repas aux personnes qui en ont commandé. Il les ramassera vers 22h avant de fermer la résidence, cela lui donne l’occasion de papoter avec les résidents et de voir si tout va bien. Bruno est un homme qui aime le contact et il apprécie ces moments conviviaux avec les résidents qui sont nombreux à être seuls puisqu’ils comprennent 90% de femmes. Il est joignable toute la nuit au 501 et c’est chez lui qu’aboutissent les appels des montres connectées qui ont subi une mauvaise manipulation ou bien ceux consécutifs à une chute. Dans tous les cas Bruno se déplace pour apprécier la situation au mieux et appelle les pompiers lorsque nécessaire. La nuit les problèmes prennent une autre dimension et il suffit parfois de quelques mots pour tranquilliser les personnes qui l’ont appelé. Il aime ce travail qui lui permet de se rendre utile tout en étant au contact de personnes avec lesquelles il peut échanger.
Isabelle et Rochelle, serveuses au restaurant – Elles servent de 55 à 60 personnes le midi au restaurant. Le déjeuner a lieu en musique. Le menu proposé est défini deux semaines à l’avance et soumis aux résidents qui ont la possibilité de changer les plats qui ne leur conviennent pas. Toutes deux sont heureuses d’avoir trouvé cette occupation dans laquelle elles se sentent bien, qu’elles trouvent « enrichissante » car elles ont l’occasion de parler avec des résidents différents et aimables. Et elles apprécient d’être invitées à participer, avec la directrice et les cuisiniers, à la commission restauration traitant de tout ce qui peut être amélioré.
Témoignages recueillis par Catherine Bréjat
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