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Les aventures maritimes du Rétais Nicolas Baudin
Voici un Rétais qui a marqué l’histoire de la marine et dont Ré à la Hune vous a entretenu à plusieurs reprises! : Nicolas Baudin. Le musée Ernest Cognacq lui consacre, du 23 mai au 20 septembre, une exposition très complète et innovante.
Exposition historico-artistique, « Les aventures maritimes de Nicolas Baudin » raconte la vie de cet enfant du pays, né à Saint-Martin le 17 février 1754 dans une famille de négociants.
Une exposition historique
Historique parce qu’elle reprend chronologiquement tout le parcours de Nicolas Baudin et pas seulement l’expédition en terres australes qui est à l’origine de sa célébrité en Australie.
Dix séquences détaillent, dans la salle haute de l’Hôtel de Clerjotte, le chemin de vie du Rétais. Après une formation dans l’île de Ré auprès de sa famille composée de négociants, il s’engage à 21 ans dans la marine française royale où il effectua un certain nombre de voyages, jusqu’au jour où le comte d’Hector lui retire le commandement de sa frégate au profit d’un officier de la noblesse. Cette humiliation l’amènera à s’orienter vers la marine marchande où il commercera pour lui-même.
En 1788, Nicolas Baudin fait une rencontre qui marquera le reste de son existence. A l’occasion d’une remise en état de son bateau la Joséphine, au cap de Bonne Espérance, il rencontre Franz Boos, jardinier de l’Empereur d’Autriche et botaniste émérite. Au contact de celui-ci, Baudin qui éprouve déjà un intérêt pour les plantes, leur consacrera plus de temps et, devenu un véritable naturaliste, mettra au point des techniques de transport innovantes sauvegardant la vie des plantes collectées durant ses expéditions.
En 1796, le Museum national d’Histoire Naturelle soutient son voyage à la Trinité, qui fera date dans le monde scientifique. Deux ans plus tard, il est de retour avec une fabuleuse cargaison de plantes, d’animaux et de fossiles. C’est un triomphe. Il fait don au Museum de ses collections et c’est en quelque sorte sa porte d’entrée au Consulat. Baudin est réintégré en tant que capitaine de vaisseau dans la marine française. Il va alors proposer un projet de navigation autour du monde dans le but de faires des collectes de plantes et d’animaux. Si le projet séduit les scientifiques, il n’intéresse que moyennement Napoléon qui lui préfère la reconnaissance des côtes sud-ouest et nord-ouest de Nouvelle- Hollande, nom de l’actuelle Australie. Il quitte le Havre le 19 octobre 1800 avec deux vaisseaux : le Géographe qu’il dirige et le Naturaliste.
Toutes les étapes de cet ultime voyage sont expliquées à l’aide d’un grand planisphère. Les enjeux sont détaillés ainsi que les problèmes rencontrés, dont l’ambiance délétère à bord, due aux scientifiques qui lui ont été imposés par le pouvoir et qui estiment qu’il ne fait pas partie du sérail. Dix d’entre eux déserteront le navire à l’escale de l’île Maurice. L’Australie est atteinte le 24 mai 1801.Une année d’exploration de la côte suivra et le Naturaliste rentrera en France en 1802, mais sans Baudin qui poursuit sa route à bord du Géographe. Malade, il décède le 6 septembre 1803 à l’île Maurice. Le bilan de la mission était extraordinaire et la dernière section de l’exposition (Baudin à la postérité) montre bien l’intérêt exceptionnel qu’elle présente. Mais Nicolas Baudin a eu le tort de ne pas rentrer. Jalousé pour ses réelles compétences de marin et de botaniste, son tempérament ferme ne lui a pas attiré que de amis. Les déserteurs qui ont quitté son navire à l’escale de l’île Maurice dont Peron et l’officier cartographe Henri de Freyssinet s’attribuent ses mérites. L’amère constatation est que Nicolas Baudin n’intéresse plus que les scientifiques dans ce monde où le contexte géo-politique est différent de celui de 1800. L’écriture de l’histoire n’a pas été en sa faveur.
En plus des dix séquences consacrées à Nicolas Baudin et ses expéditions, on trouve également dans la salle d’exposition deux focus contextuels sur les difficultés de la navigation et sur le contexte géopolitique du monde à l’époque.
Une exposition particulièrement bien documentée
Sur le plan artistique, l’exposition sera l’occasion de découvrir le livre de François Bernard : Une Odyssée naturaliste qui retrace la vie de Nicolas Baudin. L’ouvrage comprend 75 aquarelles réalisées par Rachel Loeffler une aquarelliste de renom. Ces illustrations inédites seront complétées par la reproduction de dessins (paysages, aborigènes, animaux) de Nicolas Martin Petit et Charles Alexandre Lesueur qui accompagnèrent Nicolas Baudin en Australie. Des spécimens des animaux ramenés par Baudin sont prêtés par le Muséum d’Histoire Naturelle de La Rochelle. Le Musée Ernest Cognacq possédait déjà la maquette du Géographe. Celle de l’autre bateau, le Naturaliste, est prêtée par M. Plat. L’exposition réserve des petites surprises scénographiques comme ces caisses réalisées par le menuisier d’exposition du musée à l’identique de celles que l’équipe de Nicolas Baudin utilisait pour le transport des animaux, des marchandises et des plantes.
Réhabilité par l’explorateur Dumont d’Urville, Nicolas Baudin sombre néanmoins dans l’oubli et il est aujourd’hui plus connu des Australiens que des Français. Comme l’explique Christelle Rivalland, directrice du musée Ernest Cognacq, « Cette exposition a pour but de célébrer Nicolas Baudin sur son territoire natal, de rappeler son rôle et de resituer sa place dans les grandes expéditions du XIXe siècle. Ces hommes ont pris la mer non seulement pour conquérir le monde mais aussi la connaissance. Elle a pour prétention de redonner à Nicolas Baudin la place qu’il mérite dans l’histoire maritime. »
Musée Ernest Cognacq
Av Victor Bouthillier
Saint-Martin de Ré
05 46 09 21 22
www.musee-ernest-cognacq.fr
OUVRAGE - Une Odyssée Naturaliste
L’exposition Nicolas Baudin, en cours actuellement au musée Ernest Cognacq, est d’abord née de l’intérêt que lui porte depuis toujours : Christelle Rivalland, directrice du musée Ernest Cognacq. De sa rencontre avec François Bernard, auteur et éditeur d’Une Odyssée Naturaliste, également passionné par Nicolas Baudin, naîtra l’idée de faire paraître le livre en même temps que l’exposition.
Le premier élément qui ait attiré l’attention de François Bernard au musée est la maquette du Géographe, l’une des deux corvettes ayant accompagné Nicolas Baudin en Australie. L’intérêt de François Bernard est immédiat et se transforme en passion. Il se met à lire ce qui est publié, à s’informer sur Nicolas Baudin et ses activités tout en se demandant comment ce génie avait pu à ce point être oublié par son époque et la nôtre. Désireux de faire redécouvrir le personnage, François Bernard a finalement décidé de reprendre le parcours de Nicolas Baudin dans un ouvrage ludique qui se veut « carnet de voyage ». C’est d’ailleurs cette conception qui l’amènera à opter pour un travail avec l’aquarelliste Rachel Loeffler dont 75 aquarelles originales illustrent les aventures du navigateur/botaniste. L’ouvrage a d’ailleurs été conçu pour être accessible au plus grand nombre avec un corps de caractères facilement lisible et de séduisantes et nombreuses illustrations qui ne mangent cependant pas le texte. Ce livre, très riche quant aux résultats des différentes expéditions, est aussi et surtout, comme le souligne Christelle Rivalland dans la préface, « une invitation à suivre la trajectoire de ce marin rétais singulier. »
CB
Une Odyssée Naturaliste
Auteur François Bernard, aquarelliste, Rachel Loeffler.
Edité par Polemarca et diffusé par Geste Editions. (104 pages, 75 aquarelles)
En vente au musée Ernest Cognacq, FNAC et Amazon.
François Bernard sera présent du 28 au 30 août à L’île aux livres, salon du livre de l’île de Ré, salle polyvalente du Bois-Plage

Le Géographe, l’une des 75 aquarelles du livre. Illustration Rachel Loeffler © Polemarca
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