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L’environnement s’invite… dans la campagne maritaise
La liste « Ambition Sainte-Marie » menée par Philippe Laulanet a organisé en janvier trois ateliers participatifs autour de « la solidarité au coeur du village », « l’animation commerciale et le développement économique » et « la préservation de notre environnement ». Pour ce dernier, Dominique Chevillon a présenté un panorama du cadre exceptionnel existant sur l’île de Ré... et à Sainte-Marie.
Ambition Sainte-Marie fait de l’environnement l’un des trois piliers de son programme : aux côtés des grands travaux de lutte contre les submersions et l’érosion marine, la préservation et la valorisation des ressources lui paraît essentielle, comme l’a rappelé Philippe Laulanet.
Rappelant sa neutralité politique et donc dans cette campagne des municipales – il a rencontré et/ou est à la disposition des autres listes – Dominique Chevillon a évoqué son engagement associatif constant, par passion, depuis son adolescence : La Cepronas devenue Nature Environnement 17, la LPO, mais aussi le rugby, une autre passion pour lui. Président de Ré Nature Environnement et de l’Adépir (écluses à poisson), vice-président de la LPO auprès d’Allain Bougrain-Dubourg, tête de pont du collectif NEMO combattant les parcs industriels marins au large de nos côtes, Dominique Chevillon est « apolitique par essence ».
Ré, zone de frontières
Située à égale distance de l’équateur et du pôle nord, l’île de Ré est une zone d’échanges géographiques de l’hémisphère nord. Les oiseaux africains y viennent sept à huit mois, ils se reproduisent chez nous. L’île accueille aussi des oiseaux qui hibernent avant d’aller se reproduire dans le nord.
Frontière également entre le maritime et le terrestre, l’île est une zone de biodiversité très importante, avec une faune et une flore tout à la fois marines et terrestres, sans oublier l’estran. Notre petit territoire de 85 km2 se voit agrandi de 45 % de sa surface lors des marées de vives eaux, grâce au territoire que découvre l’estran. Zone d’intermédiation entre la terre et la mer, celui-ci présente une biodiversité d’une grande richesse.
Aure singularité de l’île de Ré, de la même taille que Belle île, mais à la géomorphologie totalement différente, elle est très plate au point qu’on l’appelle « la galette ». L’estran représente seulement 10 % du territoire de Belle Île. Ré est aussi située sur une zone de côtes basses (zone entre Loire et Gironde). Autre particularité, la zone de littoral de marais pour certains gagnés par poldérisation, les fameuses « prises » à la mer. Sur 85 km2, près de 22 % de nos terres sont au-dessous du niveau de la mer, zones qu’il a fallu protéger par endiguement.
Dominique Chevillon a rappelé l’occurrence des vimers : sur les quatre cent cinquante dernières années, un tel phénomène de submersion est arrivé en moyenne tous les quinze ans. Une moyenne, car entre 1941 et 2010 nous n’avons connu que deux vimers, alors qu’avant quatre vimers s’étaient produits sur douze ans. Certaines zones de Sainte-Marie sont sous le niveau de la mer, a-t-il rappelé, comme l’ancien étier de La Noue. La Noue, La Maladrerie, le Défend sont en dessous du niveau de la mer. S’il est coutumier de dire que l’île a 22 % de son territoire sous le niveau de la mer, « il est plus rigoureux de considérer que c’est plutôt 35 % et 42 % dans le canton nord, la partie de notre territoire la plus poldérisée. »
Diversité des terres et climat océanique
Autre particularité de l’île de Ré, elle a quatre types de terre : des terres de groie, des terres argile et calcaire, des terres de bri, et les terres sableuses, d’origine dunaire, représentant 70 % des terres rétaises. Arrivées par transport éolien, celles-ci ont été aplanies par la cuture. Les cultures ont occupé à certaines périodes près de 90 % du territoire, la forêt/le bois étant très récents sur l’île. En effet, il fallait nourrir une population rétaise très dense : en utilisant 100 % des terres, ainsi que les pêcheries et la cueillette.
La déprise agricole qui a suivi et l’ensemble des caractéristiques de l’île décrites ci-dessus expliquent la présence d’une faune et d’une flore différentes, représentant une véritable originalité en France. Sur 0,15 % du territoire français, on trouve plus de 20 % de sa flore : l’île de Ré connaît près de mille plantes vasculaires sur les cinq mille que compte la France métropolitaine ! Et 66 % des espèces d’oiseaux avec trois cent cinq espèces classiquement vues sur l’île sur les quatre cent cinquante espèces d’oiseaux existant en métropole. Les bois ont aussi amené une biodiversité nouvelle qui n’existait pas sur l’île auparavant.
« On a un trésor et les pratiques culturales sur les six cents hectares de vignes ont aussi beaucoup évolué : pièges à phéromones, techniques de sarclage… même si on ne peut échapper aux fongicides pour traiter contre l’oïdium et le mildiou. »
L’île présente aussi un climat océanique spécifique grâce au Gulf Stream. Alors qu’elle se situe à la même latitude que Montréal refroidie par le Labrador, l’île est réchauffée par le Gulf Stream, avec un climat humide (de plus en plus d’évaporation) et un ensoleillement important : 2100 à 2200 heures par an (entre Royan et Les Sables d’Olonne) contre un peu plus de 2400 heures vers Perpignan.
La présence de nombreux insectes explique aussi celle des oiseaux et la biodiversité marine est aussi importante, grâce à la présence de près de deux cents algues et de petites algues unicellulaires sur les vasières, extrêmement nourricières, bénéfiques notamment aux huîtres et aux moules. Au plan économique, l’île est située dans la zone européenne de conchyliculture la plus importante et dans une zone de reproduction (captage de naissains). Quant aux poissons, ils sont présents en grande variété.
L’environnement à Sainte-Marie de Ré
« Il faut essayer de conserver ces lieux originaux, Sainte-Marie a vu son village s’améliorer, il est plus fleuri de plantes naturelles et du fait de l’absence de pesticides on y retrouve des plantes annuelles. »
« Sur l’île de Ré il y a eu une période où il a été de bon ton de pas mal minéraliser comme à La Flotte du temps de Léon Gendre, aujourd’hui on est confrontés à un vrai réchauffement climatique et il est nécessaire de végétaliser davantage le village pour y offrir une qualité de vie, ce n’est pas facile car c’est du vivant. Jean Paul Héraudeau est en train de végétaliser La Flotte, d’y créer des îlots de fraîcheur, c’est un exemple à suivre. »
« Quand on plante, il y a des conditions à respecter : planter des arbres d’une certaine taille, les arroser, choisir des essences pouvant traverser le temps et aussi en fonction des surfaces. » « Quand on met des plantes dans les venelles, il faut aussi les arroser ! Les roses trémières sont à accompagner, car elles ont tendance à disparaître du fait de leur prise au vent, avant on les accompagnait par des tuteurs. C’est une belle signature de l’île, qu’il faut préserver. »
Parmi les très beaux espaces naturels maritais cités par Dominique Chevillon figurent le parc Montamer, le bois des Tamaris, le bois de La Salée, le sentier des cinq paysages, sans oublier Les Grands Prés et leur petit marais d’eau douce sur leur partie supérieure (en cours de préemption par le Conservatoire du Littoral, avec 70 propriétaires cela prend beaucoup de temps).
En résumé, « Sainte-Marie bénéfice d’une biodiversité et d’espaces naturels extraordinaires, il convient déjà de s’attacher à conserver ce niveau de qualité environnementale. »
Parmi les questions posées par le public : les causes de dégradation de la biodiversité, la place d’Antioche qui aurait pu être plus végétalisée et davantage dans la concertation (« les plantations vont pousser, il faut leur laisser le temps et douze arbres ont été plantés », de plus « il y a eu deux réunions publiques », a précisé Philippe Laulanet), la présence cyclique de vélelles sur la côte et de physalies dangereuses, la dangerosité des euphorbes même s’il y a très peu d’accidents, la volonté de créer un collectif des roses trémières pour aider les néophytes à les accompagner… Le débat s’est poursuivi autour d’un verre de l’amitié.
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